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Récolte

Des rendements très hétérogènes

Les premiers blés sont tombés. Les résultats aussi avec, il faut le dire, des rendements en recul sensible. La faute aux conditions météo. Pas une surprise mais...

22 juillet 2010 f. Carbonell Vu 521 fois
Les premiers résultats en colza sont aussi très hétérogènes...

Les premiers résultats en colza sont aussi très hétérogènes... - © FC / L'Eure Agricole

Si l’essentiel des orges ont été battues dans l’Eure, la récolte des blés débute à peine. Juste de quoi avancer quelques indicateurs relatifs aux rendements et aux qualités. Le premier “tour de plaine” qui s’impose aujourd’hui confirme malheureusement que les  rendements attendus sont en très sensible recul par rapport à l’an passé.

 

Seulement des indicateurs...

“Pour le moment, c’est dans le sud est du département de l’Eure que la moisson est la plus avancée concernant les orges” explique Patrick Aps de la coopérative Cap Seine. “Par contre, dans l’ouest et le nord de l’Eure, il n’y a pas beaucoup d’hectares de récoltés. Sur ce qui est fait aujourd’hui, le premier constat tient aux amplitudes très importantes  en terme de rendements puisque nous allons du simple au double, voire même au triple !” Ainsi, en orge la fourchette des rendements va de 50 q à près de 100 q. La moyenne sera très probablement en recul d’au moins quinze quintaux par rapport à celle de2009.” Côté qualité, les poids spécifiques sont plutôt bons alors que les calibrages sont significativement inférieurs à l’an dernier... “C’est assez paradoxal car les deux se tiennent généralement” souligne Patrick Aps. Quant aux taux de protéines, ils sont faibles.

Concernant les colzas, difficile d’avoir des informations très précises sur cette récolte dans la mesure où elle est peu avancée... “Il semble que l’amplitude des résultats est toute aussi importante qu’avec les orges puisqu’à l’heure où je vous réponds, nous avions des rendements allant de 12 à 46 q/ha. Là encore, il faut s’attendre à un recul d’au moins dix quintaux en moyenne par rapport à 2009.”

Avec le blé, pas de pronostic possible. “Ce qui est récolté n’est pas encore révélateur. Mais, dans certaines variétés précoces comme le Trémie, ce qui a pu déjà être rentré est catastrophique en rendement.” Une chose est sûre, là encore, la moyenne de l’année sera bien inférieure à celle enregistrée l’an passé qui fut, il faut malgré tout s’en souvenir, assez exceptionnelle.

 

Un marché qui s’emballe

Ces derniers jours ont été très “chauds” sur les cours de la céréale avec cependant quelques corrections apportées ces dernières 48 heures. “La grande différence avec des hausses constatées par le passé, les hausses d’aujourd’hui sont liées aux fondamentaux du marché” commente Patrick Aps. “Ainsi, les annonces sur le recul des rendements qui se succèdent actuellement  - et notamment en Europe de l’Est - influent directement sur les cours. Si l’on prend l’exemple de la Russie qui avait produit l’an passé 62 M de tonnes, on parle de moins de 50 M de tonnes pour cette récolte. Si vous rapprochez ces deux chiffres à celui des 17 MT d’exportation réalisées par la Russie en 2009, cela veut dire que le potentiel d’exportation sur cet exercice est quasiment nul. Reste que ces indicateurs très concrets générent aussi une certaine volatilité des marchés. Et l’on voit actuellement certains opérateurs aller vers des marchés à option. Un mouvement spéculatif qui joue directement sur l’amplification des hausses.”

Sur la seule semaine passée, en blé,  la volatilité des cours constatée est allée de 23 à 28€. Une volatilité qui se situe à plus de 30 % ! “On se situe dans le schéma vécu en 2007 même s’il ne faut pas en conclure qu’on trouvera des cours du blé à 304 €. Difficile de dire, là encore, si tout cela va durer mais la tendance de fond est haussière et va le demeurer encore...”

Et sur le terrain,comment les agriculteurs abordent ce phénomène ?

“A Cap Seine, nous avions engagé de très gros volumes avant la moisson en Cap Duo. Nous voulons croire que ces volumes engagés seront livrés. Il faut aussi espérer que ces engagements soient aussi satisfaits en termes de volumes de récolte car ce n’est pas forcément acquis au regard des rendements actuels. Mais nous n’en sommes pas là !”

 

 

 
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