L'Agriculteur Normand 11 septembre 2013 à 15h26 | Par Alexis Dufumier

A Amblie (14) - Daniel Fiquet : “je dresse en douceur les femelles de renouvellement”

Investir du temps au dressage, pour pouvoir ensuite travailler seul et sereinement avec ses animaux.Daniel Fiquet, éleveur à Amblie, en plaine de Caen, applique la méthode Souvignet depuis un an. Il compte en récolter les fruits sur le ring de la foire de Caen, où il présentera 3 bêtes, le 21 septembre.

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- © AD

Baisse du risque d’accident, mais aussi plus grande facilité d’application des soins vétérinaires et de l’accompagnement des vaches au vêlage. “La méthode de dressage Souvignet me permet d’avoir des bêtes plus calmes auxquelles je peux apporter des soins tout seul”, assure Daniel Fiquet, éleveur à Amblie, un an de recul avec la méthode. A la tête d’un petit atelier naisseur-engraisseur de 25 mères charolaises, à la frontière du Bessin, il doit en effet pouvoir être autonome pour s’occuper de ses animaux. Un impératif qui l’a déjà amené à porter depuis plusieurs années, une attention particulière de sélection sur le caractère de ses animaux.
Mise en confiance
“La méthode s’applique idéalement au sevrage. Un moment clé où les animaux perdent certains de leurs repères et où ils sont très réceptifs au dressage”, explique Daniel Fiquet. Les laitones d’un côté et  les mâles prometteurs pour la reproduction de l’autre, sont attrapés un à un au lasso, duquel l’éleveur confectionne un licol. Les animaux sont ainsi mis à
l’attache 8 h par jour, durant deux jours, pour leur apprendre le respect de la corde. Le troisième jour, les animaux sont de nouveau attachés au licol. L’éleveur prend alors contact avec chaque animal. Le toucher en différents points permet de tranquilliser l’animal et de le mettre en confiance vis-à-vis de l’homme. Les animaux sont ensuite promenés au licol dans un couloir, afin d’apprendre à marcher en main. A ce moment crucial du dressage, il vaut mieux être deux, avec une personne derrière l’animal.

Eviter les accidents
“C’est une méthode douce de dressage, en comparaison avec l’apprentissage de la marche derrière le tracteur, constate Perrine Géhin, conseillère viande bovine à la Chambre d’agriculture du Calvados.La méthode Souvignet fonctionne avec une très grande majorité d’animaux. Il est préférable de se séparer des bêtes qui ne seraient toujours pas dressées à l’issue de cette période de formation. C’est d’ailleurs l’un des avantages de cette méthode, de pouvoir détecter assez tôt des animaux nerveux et dangereux, qu’il vaut mieux écarter de l’élevage. Des animaux qui risqueraient également de transmettre leur caractère à leur descendance”.
“Il faut investir un peu de temps pour procéder au dressage des animaux. Mais on s’y retrouve ensuite, car le travail devient plus simple, plus rapide et moins risqué, assure Daniel Fiquet. Une année, je n’ai pas pu participer à la foire de Caen ; j’ai eu un accident avec un animal que je devais présenter sur le ring. J’avais voulu aller trop vite”. Dommage, pour l’éleveur, qui est un inconditionnel de la foire. Lui qui n’a eu de cesse que de blanchir son troupeau de normande dans les années 90, a en effet commencé à participer aux concours de la foire de Caen en 2003, en présentant des animaux “non inscrits”. Adhérent de Bovins-Croissance, ses résultats l’avaient alors incité à faire concourir quelques bons animaux. “C’était une chance aussi pour moi, que le syndicat charolais du département, ait maintenu un concours ouvert aux animaux non-inscrits au Herd-book. Sans quoi je ne pouvais pas participer”, se rappelle l’éleveur.

Progrès génétique
Daniel Fiquet dit aller à Caen pour “la convivialité entre éleveurs”. Des moments d’échange également constructifs, desquels il en retire quelques bonnes idées, à l’image du Vel’phone, qu’il a adopté pour le suivi des vêlages. L’éleveur est ouvert sur les nouvelles technologies. Pour progresser encore dans la génétique de son élevage, il songe aussi à recourir au transfert d’embryon.
Pour Daniel, l’amélioration génétique du troupeau, c’est presque une obligation liée à son système d’élevage. “J’ai un petit effectif, alors j’essaye de le mener au mieux”. L’éleveur pratique ainsi depuis 1998 l’insémination artificielle à 100 %, avec depuis peu un taureau de monte naturelle en rattrapage. Résultat, les poids des vaches de réforme progressent. “Cela fait plaisir. Travailler la génétique est valorisant, car cela se traduit concrètement par une hausse des performances”, assure Daniel. Aujourd’hui, l’élevage est d’un très bon niveau  et il a obtenu son inscription au Herd-book. Les progrès payent également lors des concours. L’an dernier, l’éleveur a remporté un premier et un deuxième prix pour la même section, avec deux génisses. La deuxième, Grenadine n’a pas à rougir de son surnom. Grosse Nadine a en effet enregistré le meilleur poids de femelle à 210 jours, dans le département. La vache pesait alors près de 400 kg. A un peu moins de deux ans, la génisse issue d’une insémination de testage affiche désormais 765 kg sur la bascule. Daniel Fiquet a donc décidé de l’emmener de nouveau chauffer les onglons sur  le ring de la foire de Caen. La méthode de dressage Souvignet, Géraldine y a eu droit au sevrage. Sûr qu’elle saura se montrer exemplaire, et décrocher un podium ? Réponse à Caen, le 21 septembre.

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