L'Agriculteur Normand 26 novembre 2013 à 08h00 | Par T.Guillemot

A cagny (14) - Le contrôle de réception en sucrerie: factuel et pragmatique

Le contrôle de réception des betteraves a pour finalité d’assurer aux planteurs la bonne détermination du poids marchand et de la richesse en sucre des livraisons. Il veille à apporter sérénité, équité et transparence à la filière.

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- © TG

D’un camion arrivant à l’usine, on va prélever un échantillon de betteraves de 160 kg environ. De ces 160 kg, 40 g de râpure serviront à déterminer la richesse en sucre A ceux qui doutent de l’efficience de la méthodologie, Benoît Carton répond clairement : “pas besoin de passionner le débat. Le contrôle de réception, c’est quelque chose de factuel et pragmatique. Il n’y a pas de place au subjectif. Il constitue la base saine de relations durables entre producteurs et transformateurs, privés ou coopératifs”. Dans l’espace planteur de la sucrerie de Cagny, aux portes de Caen-14 (Saint-Louis-Sucre/Groupe Südzucker), le directeur du CSOB (Syndicat Betteravier Calvados/Orne/Sarthe) s’entretient avec Quentin Longuet, contrôleur de réception depuis 2011.

De la formation pour de la normalisation
Le contrôle de réception est un travail saisonnier qui démarre fin septembre pour s’achever début janvier. Soit 100 à 110 jours de campagne du lundi 5 h au samedi 17 h, 24 h sur 24. A Cagny, ils sont 3 au profil similaire : 3 BTS agricole dont 2 fils d’agriculteurs. Comme ses collègues, Quentin Longuet suit tous les ans une formation assurée par le service technique de la CGB (Confédération Générale des Planteurs de Betteraves).“On y traite règlementation avec en complément une partie pratique d’observation de la betterave, d’appréciation du décolletage et du lavage (...)”, explique-t-il.
“L’objectif est d’arriver à normaliser le contrôle de réception. Que l’œil, quel que soit l’agent, soit le même dans chacune des 25 usines françaises”, rebondit Benoît Carton. On va même plus loin en Normandie. Les 10 contrôleurs de la zone reçoivent une formation complémentaire au sein du laboratoire des syndicats betteraviers de Normandie, véritable mini-centre de réception, basée près de Rouen (76). On se familiarise au bon fonctionnement de tous les outils : de la bascule à la râpeuse en passant par le couteau pneumatique.

Veiller à l’application de la règlementation
Le contrôle consiste à veiller à la bonne application de la règlementation définie par un arrêté de 2006. Il s’appuie sur un référentiel (un document d’une centaine de pages) qui détaille toutes les procédures à respecter, de l’entrée à la sortie usine. 53 points de contrôle, avec pour chacun une fiche méthode, s’enchaînent et font l’objet d’un reporting sur la feuille de route du contrôleur. “On contrôle les différentes opérations mais également le bon fonctionnement des appareils”, précise Quentin qui, à aucun moment, ne touche aux betteraves. Rien n’est improvisé. “Il y a beaucoup d’opérations manuelles dans un centre de réception et on sait que la main peut dériver, fait remarquer Benoît Carton, mais la confiance n’empêche pas le contrôle”. Et effectivement, les relations sont bonnes entre représentants des planteurs (les contrôleurs) et agents de la sucrerie. En cas d’incident, l’information remonte d’un cran dans la hiérarchie. Les problèmes éventuels sont réglés à l’échelon supérieur.

Un échantillonnage de 50 %
Si un silo fait moins de 7 camions, ils seront tous échantillonnés via 3 sondes prélevant chacune 50 à 60 kg de matière. Au-delà, on applique la PER (procédure d’échantillonnage réduit). In fine, cela représente un taux d’échantillonnage moyen de 50 %. Les camions non échantillonnés sont ramenés à la moyenne de ceux prélevés.
Les 150 à 180 kg de matière prélevées sont alors lavés, séchés et triés pour être repesés. C’est ainsi que l’on détermine la tare-terre. 20 kg vont ensuite être décolletés puis repesés pour calculer la tare-collet. 10 kg de betterave sont alors râpés. On en prélèvera 150 g au moins pour en analyser 40 g en richesse sucre. “On peut avoir jusqu’à 2 points d’écart en richesse sucre sur un même silo d’où l’importance de la bonne représentativité de l’échantillon”, rappelle Benoît Carton.
Et pour sécuriser l’ensemble, la teneur en sucre est vérifiée selon un second circuit. Le Syndicat Betteravier (CSOB) dispose d’un agent itinérant qui va prélever, sur un nombre de silos et le jour même de l’enlèvement, un échantillon de 15 kg de betteraves par camion chargé. Il sera analysé dans la laboratoire du syndicat et comparé aux résultats obtenus à la sucrerie.Une manière de valider le contrôle de réception en usine.

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