L'Agriculteur Normand 05 mars 2019 à 17h00 | Par J. Pertriaux

A Hesloup (61), la culture de la betterave du semis au camion

L’entreprise de travaux agricoles Richard, à Hesloup (61), arrache des betteraves depuis 1967. Elle a depuis développé son activité autour de la culture. L’annonce de la fermeture de Cagny chamboule l’organisation de travail de l’ETAqui risque de perdre 20 % de son chiffre d’affaires.

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Claudine et Philippe Richard sont à la tête de l’ETA basée à Héloup. Sans la sucrerie de Cagny, l’entreprise devra penser à se diversifier.
Claudine et Philippe Richard sont à la tête de l’ETA basée à Héloup. Sans la sucrerie de Cagny, l’entreprise devra penser à se diversifier. - © JP

« Mon beau-père et mon oncle ont commencé la betterave avec la sucrerie de Mamers », retrace Claudine Richard, salariée de l’ETA Richard. C’était en 1967. Ils démarrent avec du matériel décomposé. En 1973, l’entreprise investit dans une arracheuse automotrice. « Les bonnes années, nous avons arraché jusqu’à 800 ha pour Mamers. » La sucrerie de la Sarthe ferme ses portes à la fin des années 1970. Les planteurs, et donc l’entreprise de travaux agricoles, se tournent alors vers l’usine de Cagny dans le Calvados et celle d’Artenay dans le Loiret. La première appartient au groupe Saint-Louis Sucre, la seconde à la coopérative Téréos.

350 000 euros d’occasion
L’ETA gère 400 ha pour les deux sucreries, dont les deux tiers pour celle d’Artenay. « En 2005, Saint-Louis Sucre est venu nous chercher pour que nous investissions dans un avaleur de silos. Nous étions les premiers à en avoir un. » L’ETA opère sur les secteurs d’Alençon, Sées, Falaise, Saint-Pierre-sur-Dives, Trun et Caen. Elle change son avaleur en 2013 et en achète un d’occasion de 10 m, à 350 000 euros. Trois ans plus tard, elle investit dans une bâcheuse, toujours pour les surfaces de Saint-Louis Sucre.  Semis, arrachage, bâchage, débâchage et enlèvement, « nous gérons tout jusqu’au chargement dans le camion ».

Pas de temps mort
Deux chauffeurs sont employés à temps plein pendant la campagne de betteraves, de septembre à janvier. « L’avaleur est simple poste, ils se relaient entre 5 h et 17h avec un changement à midi. » En 2017, l’Union européenne lève les quotas betteraviers, les emblavements augmentent, les usines tournent plus longtemps.
« Cette année, une troisième personne relaie les deux chauffeurs, car la sucrerie de Cagny a allongé sa campagne. » Les chauffeurs passent la moitié de l’année aux betteraves et l’autre moitié à la moisson, la paille et l’ensilage. « Il n’y a pas de temps mort, nous employons uniquement des salariés permanents », se réjouit Claudine Richard.

Un gîte pendant quatre mois
Alors, quand le groupe allemand Südzucker, propriétaire de la sucrerie normande, annonce la fermeture de l’usine pour 2020, c’est un nouveau coup de massue pour l’entreprise.
« Nous réalisons 20 % de notre chiffre d’affaires avec Cagny. Notre banquier nous a appelés dès le lendemain », sourient, un peu jaune, Claudine et Philippe Richard. « On n’imagine pas la plaine de Caen sans betterave, lâche Philippe Richard. On loue un gîte tous les ans pour les chauffeurs, pendant quatre mois. La culture de la betterave occupe beaucoup de monde. »

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