L'Agriculteur Normand 04 novembre 2014 à 08h00 | Par V . Motin

A Saint-Contest (14) : une terre pas vraiment d’asile

Saint-Contest s’oppose à l’implantation d’un centre d’hébergement de demandeurs d’asile. Les motivations des habitants sont diverses. Pour le monde agricole, il s’agit de nouvelles terres cultivables qui disparaissent.

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- © VM

Mercredi 29 octobre 19 h 30. À la salle municipale, les échanges sont particulièrement houleux. Les habitants dénoncent l’installation d’un centre de demandeurs d’asile, rue d’Epron à Saint-Contest. La maire de la commune s’y oppose également. La décision est donc préfectorale. Le permis de construire est prévu pour une occupation de 23 mois. L’État prévoit d’y installer des bungalows. L’objectif est d’y loger 24 familles. Les habitants ont appris l’existence de ce projet par la presse.

Des riverains inquiets : un nouveau Sangatte ?
“Nous ne pouvons accepter que l’implantation de centre d’hébergement de demandeurs d’asile s’opère au détriment de la population locale. Le permis de construire est prévu pour une occupation de 23 mois reconductibles. Or, à l’image de Sangatte ou Calais, nous savons que le provisoire peut parfois durer de très longues années. Nous dénonçons la volonté du Préfet de passer en force dans cette affaire. Pour preuve, Madame Yon-Courtin, maire de Saint-Contest, qui soutient notre action depuis le début a été dessaisie du dossier au profit des services de l’état”, indique un communiqué de presse des représentants des riverains.

Une terre propriété depuis 40 ans de l’État
Le terrain concerné est actuellement exploité par Jean-Claude Laurent. Il s’étend sur 3 ha 58. “Cette terre a été achetée il y a plus de 40 ans par l’État. À l’époque, le gouvernement souhaitait installer des cantonnements de CRS à proximité des villes universitaires. C’est resté en terrain agricole. Je payais mon fermage au service des impôts. Depuis quelques années, l’État a récupéré la parcelle. Pour ne pas la laisser en friches, je l’exploite à mes risques et périls”, explique l’agriculteur. Au-delà de la perte de cette parcelle, l’homme redoute la future cohabitation. Le centre sera en effet entouré de grillages. Pas de quoi rassurer les riverains présents à la réunion de jeudi.

Artificialisation des terres
Le monde agricole dénonce régulièrement l’artificialisation des terres. Avec ce centre d’hébergement, certains urbains semblent découvrir ce problème. C’est peut-être le seul point positif de cette affaire…

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