L'Agriculteur Normand 02 septembre 2015 à 08h00 | Par Sandrine Bossière

AIM sort la tête de l’eau

Les abattoirs de Sainte-Cécile relèvent la tête. Les salariés, emmenés par Sébastien Lafon, parient sur l’avenir en s’investissant dans leur entreprise. Aujourd’hui, 4 500 à 5 000 porcs sont abattus par semaine. Le point d’équilibre serait atteint vers 7 à 8 000 porcs.

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- © SB

Si aujourd’hui, l’abattoir est remis sur les rails, le président des salariés, Sébastien Lafon, se veut positif tout en restant prudent. Il compte atteindre le point d’équilibre d’ici quelques semaines. “Aujourd’hui, on abat 4 500 à 5 000 porcs sur quatre jours. Il faudrait certainement arriver à 7 000 pour atteindre l’équilibre. Le prévisionnel prévoyait 10 000. C’est donc une bonne nouvelle. On devrait y voir plus clair à l’automne, explique-t-il. Mais on abat ce qu’on peut vendre”, assure-t-il. Pas question de faire le tampon avec les frigos. Pour le moment, “nous avons sorti la tête hors de l’eau mais pas le corps”, indique humblement le patron des salariés.

Le directeur renvoyé
Si la filière a été mise à mal par les mouvements de grève en février, les salariés ont à cœur de lui redonner confiance. Et cela passe par des décisions comme le renvoi du directeur. “Nous avons mis fin à la période d’essai du directeur, précise Sébastien Lafon. Nous n’avions pas la même philosophie de la filière”. Fin mars, le président des salariés l’avait annoncé clairement. “Si on s’aperçoit que le directeur ne fait pas l’affaire, on aura la jouissance de prendre les décisions qui iront bien à ce moment-là.” Ce fut le cas cet été. François-Xavier Calvar a été renvoyé. Pour le moment, l’équipe ne cherche pas un directeur à tout prix. Elle s’appuie sur un consultant qui connaît bien l’entreprise.

Se différencier du modèle breton
L’objectif principal pour l’abattoir manchois est de recentrer sur le marché de proximité. C’était la marque de fabrique de l’entreprise de Sainte-Cécile. “C’est ce qui a fait le succès de AIM”, souligne Sébastien Lafon. Dans le schéma actuel, il veut avant tout “se différencier du modèle breton. Si on veut s’en sortir, on ne peut pas lutter sur le même marché”. Depuis la reprise de l’activité, les clients reviennent.

Valoriser le porc nourri à la farine d’orge
Le porc standard reste le produit principalement commercialisé par AIM. Pour autant, Sébastien Lafon veut tenter de retrouver des marchés pour le porc nourri à la farine d’orge. “D’un point de vue gustatif, il y a une différence”, assure-t-il. Mais il faut derrière que les clients répondent présents. Et si c’est le cas, ce produit pourrait connaître un développement. “C’est l’ensemble de la filière qui en bénéficierait”.

Jouer la carte du patriotisme
L’avenir n’est pas écrit mais Sébastien Lafon veut y croire. “L’outil fonctionne. Il faut désormais s’attacher à développer la filière normande et le porc nourri à la farine d’orge. Mais tout ne se fait pas en un jour”. Bien entendu, il garde un œil sur la crise actuelle. “Elle a un impact chez AIM comme chez les autres. Cela nous fait du mal”, reconnaît-il mais il souhaite tant que cela sera possible de payer les fournisseurs au prix du cadran pour ne pas pénaliser les éleveurs. “Ce n’est pas en coupant l’herbe sous le pied qu’on assure son avenir”. Et en cette période difficile, il demande aux consommateurs de “ jouer la carte du patriotisme” pour sauver la filière.

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