L'Agriculteur Normand 24 février 2015 à 08h00 | Par e.charon

AIM, toujours dans l’attente d’une solution

Les salariés de l'abattoir du site de Sainte-Cécile ont manifesté leur colère, mardi dernier, evant le siège de leur principal actionnaire CAP 50. Suite à cette action, les dirigeants de la structure indiquent "nous faisons face à des accusations sans fondement. Cap 50 tient à disposition de la justice tous les éléments permettant de démontrer sa bonne foi".

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CAP 50 indique être l'objet d'accusations sans fondement. © ec

Mardi dernier, personne ou presque ne pouvait entrer dans l’usine manchoise. « Nous la bloquerons jusqu’au bout » lance Aurélie Balleroy, déléguée syndicale. Oui, mais jusqu’au bout de quoi ? « A Ste-Cécile, on espère que les salaisonniers Briens et Lost Tradi vont revenir dans la course ». « Vous vous rendez compte » lance un désosseur réduit à l’inactivité forcée. « C’est une casse sociale énorme pour le département et la région et par répercussion pour les producteurs. Pourtant, nous avons un savoir-faire, des clients ». Autour des feux allumés pour se protéger quelque peu du froid, les langues se délient. « Nous avons du nous occuper des cochons en attente d’abattage ce week-end ». Dès lundi, les porcs reprenaient la route en camions vers un autre site.

Sur les solutions de reprise, les salariés estiment avoir été roulés dans la farine. « On nous a annoncé deux salaisonniers, puis ils se sont retirés. Ce que nous voulons avant tout, c’est le rachat, même pour l’euro symbolique, de l’ensemble de l’outil et le maintien de tous les emplois ». La solution du calvadosien Declomesnil ? Proposée vendredi dernier, Le groupe l’a retirée en indiquant qu’elle n’était plus viable «  en raison d’une absence de dialogue et l’arrêt total de l’activité de l’abattoir ». Mardi dernier, en fin de matinée, une centaine de salariés ont pris d'assaut le site CAP 50, situé à St Ébremond de Bonfossé « pour demander des explications sur le blocage des dossiers de reprise » indiquent les délégués syndicaux.  Il est clair que la tension est montée d’un cran. Jets d’œufs sur la façade de la coopérative, banderoles, croix blanches sur la pelouse, avant d’aller demander des explications aux dirigeants. « Nous sommes prêts à discuter, mais pas sous la menace » indiquait Olivier Rémigeraud, directeur de la coopérative. Du côté des producteurs, cette crise concernant l’aval de la filière a déjà un effet négatif. Certaines banques envisagent de réduire les OC (ouvertures de crédits), alors que les trésoreries sont déjà déficitaires.

Position de CAP 50

Suite à cette action, la coopérative CAP 50 a indiqué dans un communiqué, " nous comprenons le désarroi et la colère des salariés d’AIM. L’ensemble de la filière porcine Française est sinistrée que ce soit sur l’abattage ou chez les producteurs. Depuis le début de la procédure de redressement judiciaire d’AIM, CAP50 et ses éleveurs font face à des accusations sans aucun fondement. CAP50 tiendra bien entendu à la disposition de la justice tous les éléments permettant de démontrer sa pleine bonne foi. Depuis 2003, les éleveurs regroupés au sein de la coopérative CAP50 se sont toujours employés à soutenir l’activité de l’abattoir y compris pendant la procédure en continuant à l’approvisionner. Les investissements importants réalisés par les éleveurs ont permis de produire un porc de qualité permettant une différenciation des produits par rapport au porc basique européen. Il pouvait constituer l’argument commercial le plus efficace de l’abattoir. Les prix perçus par les éleveurs de CAP50 correspondent à ce qui est proposé par les autres acteurs concurrents et ne sont pas en décalage. CAP50 a également participé activement à la recherche et à l’étude de solutions de reprise. Si elle a rencontré à cette fin plusieurs interlocuteurs, discuté avec plusieurs intervenants et cherché des solutions d’adossement, les offres ont été abandonnées avant même que CAP50 ne participe à une négociation sur l’approvisionnement . Ces dernières années, le soutien par les éleveurs de CAP50 a été encore important puisque ils ont financé une augmentation de leur capitalisation sur leurs deniers pour l’outil d’abattage dans un contexte conjoncturel également difficile pour les éleveurs".

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