L'Agriculteur Normand 21 mars 2014 à 08h00 | Par Sylvain LEBAIN Chargé de mission en aménagement du territoire Pour le réseau Territoire des Chambres d’agriculture de Normandie

AMENAGEMENT DU TERRITOIRE - ECHANGES PARCELLAIRES - Echanger ses parcelles : on a tous à y gagner

S’entendre à plusieurs pour regrouper les parcelles et les rapprocher des bâtiments d’exploitation, des démarches parfois longues mais avec des résultats toujours très efficaces… pour les agriculteurs, les propriétaires et les collectivités. Volet 2 : améliorations des conditions de travail, préservation de l’environnement

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- © CA Normandie

A Tanis, un échange pour tout changer

Consacrer 120 heures/an pour emmener le troupeau de vaches laitières aux pâturages au lieu de 720 heures, c’est ce qu’a permis un échange parcellaire pour un éleveur.

Pour Claude Gilles : “le déclic a eu lieu en 2010, lorsque j’ai pu acheter une petite surface que j’exploitais déjà, et située à l’intérieur d’un îlot dont je suis propriétaire”. Avec cette acquisition, une réflexion s’est engagée avec son voisin Pascal Guérin pour échanger leurs îlots respectifs d’environ 8,5 ha chacun.Comme les deux agriculteurs sont propriétaires, la négociation a été assez rapide, d’autant que tous les deux sortent gagnants de leur collaboration.Claude Gilles a pu créer un îlot de cultures de 15 ha et bénéficier d’une diminution de ses charges de mécanisation. La forme géométrique du nouvel îlot permet des interventions précises sur les cultures.Pascal Guérin a récupéré des surfaces proches de ses bâtiments d’élevage et potentiellement pâturables par ses vaches laitières.

Claude Gilles et Pascal Guérin devant la nouvelle haie plantée.
Claude Gilles et Pascal Guérin devant la nouvelle haie plantée. - © Pôle PETT - CA 50

Un gain de 600 heures de travail par an

Mieux, cet échange a complètement transformé le travail quotidien de l’exploitation. Auparavant, 2 personnes étaient nécessaires pour conduire les vaches laitières aux pâtures pendant 45 mn, 2 fois par jour, de mi-mars à mi-novembre. Aujourd’hui, chaque conduite du troupeau ne mobilise plus qu’une personne pendant 15 mn. “Au total, nous avons gagné 2 h 30 par jour ; ce qui représente 600 heures par an et une diminution de plus de 80 % du temps de travail consacré à cette tâche quotidienne souligne Pascal Guérin, de plus, la sécurité s’est également nettement améliorée car les vaches n’empruntent plus aucune route”. Afin de séparer l’îlot d’herbe de Pascal Guérin de l’îlot de cultures de Claude Gilles, et pour protéger les vaches laitières contre les intempéries, 400 mètres de haies à plat ont été plantés au cours de l’hiver 2011-2012. En regroupant leurs parcelles, ces deux agriculteurs du sud Manche se félicitent d’avoir donné “un véritable projet d’avenir à leurs exploitations”.

Chiffres-clé

- 15 ha échangés en propriété.

- Un gain de 600 heures de travail pour l’un des agriculteurs.

- 400 m de haies plantés.


Echanger des parcelles pour préserver les captages

Les collectivités territoriales mettent en œuvre des périmètres de protection autour des captages de production d’eau potable dont elles ont la responsabilité. Dans le périmètre le plus proche du captage, les mesures de protection applicables visent généralement à une occupation du sol en prairie. Des parcelles aujourd’hui cultivées sont ainsi à reconvertir en herbe.Pour maintenir le potentiel de cultures, un échange parcellaire peut permettre à l’agriculteur concerné d’obtenir une surface labourable hors périmètre.A l’inverse, l’obtention d’une surface en herbage supplémentaire à l’intérieur d’un périmètre peut faciliter la gestion du pâturage. Les prescriptions sur la période et la maîtrise du taux de chargement demandent en effet fréquemment un changement de pratiques difficile à envisager sans surfaces de prairie supplémentaires.La Safer peut également intervenir en constituant une réserve foncière destinée à initier les premiers échanges parcellaires.

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