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Future PAC
Anne-Marie Denis : imPACtons : un débat sur l’avenir de la PAC

Les pouvoirs publics ont lancé au salon de l’agriculture un grand débat sur l’avenir de la PAC. La commission nationale du débat public rendra son rapport au ministre de l’Agriculture cet automne. L’avis d’Anne-Marie Denis, vice-présidente de la FRSEA de Normandie.

© TG

>> Comment va se dérouler ce débat public sur l’avenir de la Politique Agricole commune ?
Il va prendre quatre formes. D’abord le recueil de contributions sur les priorités de la PAC sur le site internet qui lui est dédié. Et ce jusqu’à la fin mars, à moins que les évènements actuels poussent à le prolonger. Ensuite à travers des réunions publiques organisées par la commission nationale du débat public à raison de deux par région. Il sera aussi possible d’organiser des débats chez soi et d’en faire remonter les conclusions par internet. Enfin, une conférence citoyenne sera convoquée pour délibérer sur le sujet. Le tout est prévu entre le 24 février et le 7 juin.

>> Qui organise ce débat ?
C’est la commission nationale du débat public. C’est un organisme indépendant. Assez indépendant pour avoir refusé en son temps d’organiser le débat suite à la « crise des gilets jaunes ». Cette commission a jugé que la PAC ayant des incidences environnementales, elle devait faire l’objet d’un débat public.

>> C’est le cas, non ?
Evidemment, ce n’est pas mon avis. On ne me demande pas mon avis sur des sujets qui ne sont pas de ma compétence : santé, éducation, transports… Je ne vois donc pas pourquoi on demande l’avis à tout ce monde, à qui aucune découverte du sujet n’a été apportée, sur ce que doivent faire, ou non, les agriculteurs. On va entendre beaucoup de « diseux », et moins les « faiseux ». Quant à la portée environnementale, cela s’entend quand il s’agit d’un ouvrage d’intérêt public (autoroute, ligne à très haute tension…), mais pas quand il s’agit d’une politique générale. Donc non, je ne suis pas d’accord.

>> Vous allez donc boycotter ce débat.
Non, pas pour autant. Les dés sont jetés et le débat est lancé. Il est donc essentiel que les agriculteurs y participent, massivement. Je comprends que la période des travaux est enfin arrivée et que nous avons mille autres préoccupations que d’écrire sur internet pour un résultat incertain. Mais nous ne pouvons pas laisser la voie libre aux sachants habituels qui ne manqueront pas d’idées sur des priorités sans conséquence pour eux. J’appelle donc les agriculteurs à trouver les dix minutes nécessaires d’ici au 29 mars pour se connecter au site et faire connaître leurs priorités.

>> Et les débats en région, qu’en est-il en Normandie ?
Deux réunions sont programmées les 15 et 16 avril à Saint-Lô (50) et Yerville (76), à moins que le confinement repousse le calendrier. Il nous faudra, là aussi être présents pour faire entendre nos voix. Et il peut y avoir d’autres initiatives, publiques ou privées sur la région. La commission du débat public propose un « kit d’animation » qui fait que chacun peut organiser son propre débat, ouvert ou fermé, en famille ou entre amis, à dix personnes ou à cinquante, de sept à soixante-dix-sept ans.

>> On sent que cela vous agace…
Oui, cela m’agace, mais surtout cela m’inquiète parce que de ce débat pourrait ressortir les pires propositions pour les agriculteurs. Et on ne sait pas ce que le gouvernement fera du rapport de la commission du débat public. C’est pour cela que j’appelle à la vigilance et à la participation de tous ceux qui pratiquent ce métier. Si l’on ne veut pas se faire dicter la PAC par ceux qui ne l’appliqueront pas, il faut s’exprimer avant le 29 mars sur le site.

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