L'Agriculteur Normand 21 septembre 2016 à 08h00 | Par Jean-Marc CARBONIERE - GDS Manche (Pour l’Union Normande des GDS)

Antibiotiques : la prévention permet de réduire leur consommation dans les troupeaux laitiers

Dans le prolongement du plan Ecoantibio 2017 et dans le cadre du pôle ruminant de Basse-Normandie les GDS ont souhaité mesurer la consommation d’antibiotiques dans les troupeaux laitiers.

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Une première étude sur la mesure de la consommation menée dans l’Orne

Le GDS de l’Orne a enquêté dans 44 troupeaux laitiers tirés au sort. Il s’agissait d’évaluer leur consommation d’antibiotiques et d’identifier les facteurs, qui peuvent être mis en relation avec cette consommation.
Des consommations très variables d’un troupeau à l’autreLa consommation totale moyenne du groupe est de près de 55 grammes d’antibiotiques par vache laitière et par an. Cette consommation est très variable. Le plus fort consommateur de l’échantillon utilise 35 fois plus d’antibiotiques que le plus faible consommateur du groupe !La part des antibiotiques critiques dans l’ensemble des antibiotiques consommés est faible (inférieur à 2 %). On retrouve à nouveau de grandes variations entre troupeaux. Le plus fort consommateur utilise 50 fois plus d’antibiotiques critiques que le plus faible consommateur.Des facteurs expliquent ces différences de consommationA l’origine de ces différences de consommation, nous pouvons évoquer par exemple :- pour les troupeaux forts consommateurs d’antibiotiques critiques : des réformes importantes à cause des boiteries, des achats nombreux … ;- pour les troupeaux faibles consommateurs d’antibiotiques : un vide sanitaire annuel du bâtiment des vaches laitières, un décapage des bâtiments des veaux entre chaque lot …

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Une seconde étude de suivi de faibles consommateurs menée dans le Calvados et la Manche

Les GDS du Calvados et de la Manche  ont suivi 42 troupeaux laitiers sélectionnés pour leurs faibles consommations d’antibiotiques. Ces élevages avaient par ailleurs des résultats techniques corrects. Le premier objectif de cette seconde étude était de caractériser les pratiques à l’origine de cette faible consommation. Le second objectif était d’identifier les mesures mises en place lors d’apparition de maladies dans l’élevage.La consommation totale moyenne de ce second groupe est de 30 grammes d’antibiotiques par vache laitière et par an. Cette consommation est d’environ la moitié de celle du groupe de la 1re étude. La consommation d’antibiotiques critiques est cependant équivalente entre les deux études.


La prévention des maladies réduit la consommation d’antibiotiques : c’est prouvé !

Parmi les pratiques régulières des éleveurs faiblement consommateurs d’antibiotiques, on peut notamment indiquer :

- la bonne distribution du colostrum ;

- le respect des normes de surface par vache laitière ;

- la séparation des bovins en pâture vis-à-vis des troupeaux voisins …

Les mesures couramment mises en place dans ces élevages suite à l’arrivée de maladies sont :

- l’installation de niches individuelles extérieures et/ou d’igloos suite à des diarrhées et/ou des troubles respiratoires chez les jeunes bovins ;

- l’augmentation des surfaces disponibles par vache laitière ; l’augmentation de la fréquence des raclages et des curages du bâtiment, lors de mammites et/ou de boiteries ;

- la vaccination des jeunes bovins ou des femelles lors de troubles respiratoires ou d’avortements.Les pratiques et les mesures mises en place lors de maladies confirment l’importance de la prévention dans la maîtrise des problèmes sanitaires et de la consommation d’antibiotiques. Pour plus d’informations ou si vous avez des questions, contactez votre GDS.

S’informer…

Le plan Ecoantibio 2017

Ce plan national de réduction des risques d’antibiorésistances en médecine vétérinaire a été conçu par le ministère de l’Agriculture. Il vise à diminuer de 25 % la consommation totale d’antibiotiques dans les filières animales sur 5 ans.Pour atteindre cet objectif, il s’appuie notamment sur la promotion des bonnes pratiques d’utilisation des antibiotiques, la sensibilisation aux risques d’antibiorésistances et le développement des alternatives à l’usage d’antibiotiques.

L’antibiorésistance : qu’est-ce que c’est ?

Chaque antibiotique est efficace contre un nombre défini de bactéries. Au cours de l’utilisation croissante d’un antibiotique, certaines populations de bactéries peuvent acquérir des moyens de défense contre ce dernier (ou une famille complète d’antibiotiques). Cet antibiotique (ou cette famille d’antibiotiques) deviendra donc inefficace dans le traitement de certaines maladies. Dans les élevages où la bactérie résistante est présente, il faudra alors changer d’antibiotiques.De mauvaises utilisations des antibiotiques sont souvent à l’origine des antibiorésistances : usage excessif, sous-évaluation du poids vif des animaux traités, sous-dosage, traitement écourté …

Les antibiotiques critiques

Certains antibiotiques sont à la fois utilisés chez l’homme et les animaux. Parmi ceux-ci certains sont dits d’importance critique. Ils sont employés en dernier recours dans le traitement de certaines maladies humaines, en raison de la résistance des bactéries aux autres antibiotiques.L’Etat a donc souhaité que ces antibiotiques critiques soient moins utilisés. Depuis le 1er avril 2016 l’usage des médicaments vétérinaires contenant l’un des antibiotiques suivants est restreint : cefoperazone, ceftiofur, cefquinome, danofloxacine, enrofloxacine, marbofloxacine (l’ajout de la colistine à cette liste d’antibiotiques critiques est en cours de discussion). On peut continuer à les employer sous réserve d’avoir apporté la preuve par des analyses, que les antibiotiques non classés critiques ne sont pas suffisamment efficaces dans le traitement de l’animal malade.

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