L'Agriculteur Normand 21 mai 2014 à 09h18 | Par E. Charon

Antoine Maquerel - Concilier travail et détente, c’est vital

C’est décidé, Antoine Maquerel va de nouveau shooter dans un ballon le dimanche. Au-delà du sport, ce producteur de porcs estime plus que jamais nécessaire de décompresser.

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- © EC

La gestion du temps libre en agriculture ? Pas évident pour le monde agricole, notamment en élevage, surtout lorsqu’on est encore installé de fraîche date. Pourtant, toutes les études médicales le prouvent, le sport ou avoir un hobby c’est bon pour la santé ; en clair sortir la tête du guidon est indispensable pour bien maîtriser son travail, tant au niveau physique que psychologique. Antoine Maquerel, 29 ans, producteur de porcs à La Chapelle Enjuger (près de Saint-Lô), installé en EARL depuis 2008 avec son père, l’avoue sans détour. “Il est parfois vraiment nécessaire d’évacuer le stress”.

Jouer collectif
Le foot ? Antoine est tombé dans la marmite tout petit. Il est vrai que son père, Christian, a longtemps pratiqué ce sport. “J’appartiens au club d’Hébécrevon, village voisin de La Chapelle Enjuger, depuis 11 ans. J’ai d’ailleurs commencé à taper dans la balle ma commune ; malheureusement il n’y a plus de club”. Poussins, pupilles, minimes, Antoine a suivi le cheminement classique du joueur amateur tout en se préparant à son métier et son engagement syndical aux JA de la Manche. “Le foot a un sacré avantage, il se joue le dimanche après-midi. Donc, pas de problème pour me rendre aux matchs, d’autant plus mon équipe (B, 3e division) se déplace dans un rayon ne dépassant pas les 20 kilomètres”.
Là où cela bute si on peut dire, c’est les entraînements. “Il y en a deux dans la semaine ; à 19 h le mardi et le vendredi. Il faut donc que mon travail à la porcherie soit fini. Mais j’ai aussi d’autres réunions en tant que vice-président des JA. De plus, en période de semis c’est parfois juste. Cela clochait donc un peu sur les horaires depuis deux ou trois ans”. Du coup, Antoine Maquerel avait quelque peu déserté les vertes pelouses et les vestiaires depuis quelque temps. “J’ai pourtant décidé de reprendre une licence en septembre. Le foot, outre le fait de jouer collectif me permet de sortir de mon univers agricole en toute convivialité. Nous sommes avant tout une équipe de copains qui tapent dans une balle pour se défouler et évacuer le stress. Ce qui serait bien d’ailleurs c’est d’avoir un peu plus de spectateurs. Voici 30 ou 40 ans, le match du dimanche dans un village, c’était important”.
Bien sûr, lors de la troisième mi-temps, le travail de chacun est abordé. “On me demande souvent mon avis sur l’état du terrain, partant du principe que je connais bien les différents types de terres. Mais, nous ne parlons pas que de ça, même si j’ai vendu quelques caissettes de porcs à des joueurs de mon club. Concrètement, je ne suis pas vu comme quelqu’un avec un travail atypique”. Antoine met d’ailleurs un point d’honneur à prendre une douche avant chaque entraînement. “La production porcine dégage une odeur naturelle particulière ; je ne tiens pas à la traîner jusqu’au terrain”.

“Faites du sport”
Pour occuper ses loisirs, Antoine mise évidemment sur sa petite famille (son épouse travaille à l’extérieur) et sur un autre sport, très physique : le Squash. “Là aussi je tiens la distance ; sur une exploitation le travail constitue, physiquement, un bon entraînement. Quant à mes responsabilités aux JA, là aussi elles me prennent pas mal de temps”. Parfois, avec son beau-père et des amis, Antoine prend les commandes d’un quad et fait un parcours là aussi assez physique. “Vous voyez, en dehors de mon travail, je ne reste pas souvent dans un canapé”. Un conseil à donner aux jeunes ou moins jeunes agriculteurs ? “Pratiquer une activité physique, qu’elle soit collective ou individuelle, me semble indispensable pour sortir de notre environnement quotidien”.
A un mois de la Coupe du Monde de foot, notre jeune agriculteur a déjà prévu de regarder plusieurs matchs ; ceux de l’équipe de France bien sûr. “En juin, cela tombe bien, on aura fini les cultures et traitements. Reste que je ferais obligatoirement un tri”.

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