L'Agriculteur Normand 25 mars 2012 à 14h55 | Par Matthieu BENOIT Chambre d'Agriculture de Normandie

Arboriculture - Culture du poirier à Poiré basse-tige

Synthèse des premiers résultats après sept années d'études.

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Variété “Champagne” laissée en port naturel greffée sur Farold® 87 Daytor (2011).
Variété “Champagne” laissée en port naturel greffée sur Farold® 87 Daytor (2011). - © CA Normandie
Suite à la disparition de nombreux poiriers lors de la tempête de décembre 1999 un certain nombre de producteurs du Domfrontais ont décidé d'implanter des vergers basse-tige pour garantir leurs besoins en fruits. Cette vague de plantation s'est avérée d'autant plus importante que dès 2001 les poirés et Calvados élaborés dans cette région ont accédé à la reconnaissance en Appellation d'Origine Protégée.L’un des ancrages forts de ces AOP consiste en l’utilisation de variétés locales historiquement présentes dans le verger traditionnel haute-tige.La transposition à un mode de culture différent supposait d'acquérir un certain nombre de références techniques.Porté par l'IDAC(1) sur une demande initiale du Syndicat Poiré Domfront, un programme d'étude est ainsi mené depuis 2003 sur un verger expérimental spécialement dédié, et localisé à Saint-Cyr du Bailleul (Sud Manche). Le suivi des essais est assuré par le Service Vergers et Produits Cidricoles de la Chambre Régionale d'Agriculture de Normandie et l'IFPC grâce aux soutiens financiers de la région Basse-Normandie et de FranceAgriMer.Les thèmes travaillés portent sur :- les techniques de conduite/taille de l'arbre, dès la plantation, pour Plant de Blanc, la variété phare du cahier des charges AOP poiré Domfront (plantation 2003) ;- la recherche de nouvelles associations porte-greffe/variétés. Étude réalisée sur cinq variétés (plantation 2005).
- © CA NORMANDIE

Travailler” l'arbre, un moyen d'optimiser la production

La variété Plant de Blanc est connue pour avoir une ramification étagée et peu abondante, couplée à une mise à fruit lente lorsque l'arbre est laissé à l'état naturel.Cinq modalités (voir encadré), dont un témoin “port naturel”, ont été mises en place afin de comparer l'impact de différentes interventions sur le comportement de l'arbre (importance de la ramification, rapidité de mise à fruit).

Ce qu'il faut retenir...

Toutes les modalités sont entrées en production en 2007, soit cinq années après plantation.Au terme de sept années d'étude (fin 2009), la prosduction cumulée (2007/2009) des arbres de la modalité 2 est celle qui se démarquait le plus du témoin “port naturel”, avec 32,5 kg/arbre contre 19,3 kg/arbre (graphique 1).Depuis 2010, l'étude se poursuit en prenant en compte le vieillissement progressif des arbres avec comparaison de trois intensités de taille. Le but est de mesurer l'impact de ces différentes niveaux d'interventions sur la pérennité du potentiel de production, d'ici fin 2013. A l'heure actuelle, il encore trop tôt pour conclure sur ce point.

- © CA Normandie

Farold® 87 Daytor, un porte-greffe prometteur

L'étude initiale consistait à évaluer les intérêts agronomique du récent porte-greffe Farold® 87 Daytor, en comparaison à la technique dite du “double greffage” (encadré) sur cinq variétés parmi les plus représentées : De Cloche, Plant de Blanc, Champagne, Fausset et De Branche.L'évaluation de la technique de la double greffe a dû être abandonnée fin 2009. Les arbres présentaient en effet une croissance trop faible rendant la fiabilité des conclusions aléatoire.L'objectif a donc été recentré sur l'acquisition de références sur le seul porte-greffe Farold® 87 Daytor. Sept années après plantation, il montre un potentiel véritablement intéressant (graphique 2). Suite à la production de 2011 sur toutes les variétés, les branches se sont ouvertes naturellement avec le poids des fruits.A mesure que les arbres donnent leurs premiers fruits, l'étude agronomique est complétée d'un volet technologique : maturité et brassage, valeur et caractéristiques de transformation, potentiel qualité.La globalité de ce programme dont l'échéance est fixée à 2013 devrait permettre d'apporter un certain nombre de réponses fiables aptes à guider les producteurs tant dans les choix déterminants dès la plantation, que dans la conduite ultérieure du verger, tout cela dans le respect des exigences de qualité du produit fini.

Les 5 modalités

1 - Témoin laissé en port naturel.

2 - Idem 1 + arcure des têtes et branche à partir de la 4e année (2006).

3 - Rabattage des axes à la plantation + arcure branches et tête dès la 2e ou 3e année quand le développement de la branche ou de l'axe le justifiait.

4 - Rabattage des axes à la plantation et l'année suivante + arcure idem 3.

5 - Inclinaison des arbres à 10 ° l'année de plantation et redressement l'année suivante + arcure idem 3.


Le choix du porte-greffe

Un certain nombre de variétés de poirier à poiré sont incompatibles avec le porte-greffe de type cognassier. Cette incompatibilité se traduit par une mauvaise cicatrisation au niveau du point de greffe, pouvant amener à la mort de l'arbre.Afin de palier au problème, deux solutions sont envisageables :

- greffer directement la variété sur un porte-greffe compatible ;

- selon la technique du “double greffage”, intercaler un “intermédiaire” du genre “pyrus” compatible avec le cognassier, sur lequel sera greffé la variété de poirier à poiré.


L’arcure des branches : pour une maîtrise de l’équilibre de l’arbre et de son volume

La technique consiste à arquer les branches les plus fermées, soit par “vrillage”, soit en s'aidant du fil de palissage. L'objectif, accélérer la mise à fruit et maîtriser la vigueur des arbres. Dans le cadre de l'essai, cette technique a également été employée sur les axes, afin de limiter la croissance en hauteur excessive, typique de cette variété à croissance acrotone.L'arcure des branches de poirier doit respecter un angle maximum de 60°. Il est proscrit de les arquer sous l'horizontale.

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