L'Agriculteur Normand 24 novembre 2016 à 08h00 | Par Amandine Guimas-Chambre d’agriculture de l’Orne - Pour le Réseau AB des Chambres d’agriculture de Normandie

Associations céréales-protéagineux : résultats des essais en AB

En 2016, les Chambres d’agriculture de Normandie ont suivi une trentaine d’associations céréales-protéagineux en agriculture biologique (AB), dans le Calvados. Les associations à base de vesce présentent, cette année, les meilleurs compromis rendement-protéines.

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Juin 2016 : le dispositif d’essai, sous forme de damier. (© CA Normandie) Juin 2016 : la féverole est très touchée par le botrytis et l’anthracnose. © CA Normandie L’association avoine-féverole : 39 q/ha (20 q/ha d’avoine et 19 q/ha de féverole). © CA Normandie Le pois fourrager afila Ascension : un pois fourrager à fleur blanche, sans tanin. © CA Normandie L’association avoine + vesce : meilleure biomasse des essais, 34 q/ha (19 q/ha d’avoine et 15 q/ha de vesce). © CA Normandie La vesce Rubis se dresse au milieu du seigle : 39 q/ha (22 q/ha de seigle et 17 q/ha de vesce). © CA Normandie

Concentrés pour les éleveurs : une année favorable à la vesce !
La ferme vitrine Reine Mathilde, située près de Villers-Bocage (14), accueille depuis 6 ans de multiples essais en AB.
Les associations céréales-protéagineux ont été implantées sur des limons argileux, derrière une association lupin d’hiver-céréale, le 30 octobre 2015. Le dispositif formait un damier croisant des bandes de protéagineux (féverole, pois fourrager, pois protéagineux, pois fourrager Afila, vesce) semées au semoir classique à 60 % de leur dose en pur, avec des bandes de céréales (triticale, seigle, épeautre, blé, avoine) semées à la herse étrille équipée d’un semoir, à 180 g/m². La récolte a eu lieu le 17 août 2016.

Ce que l’on peut retenir pour cette année
Malgré la douceur et l’humidité de l’hiver et du printemps, les céréales ont été relativement saines tout au long de leur cycle. Les protéagineux (sauf la vesce) ont subi de plein fouet les attaques fongiques liées au climat, à tel point que le pois protéagineux a totalement disparu dès juin. L’avoine Gérald a été particulièrement productive (74 q/ha en pur !).
Cette année, ce sont les associations avec l’avoine et le seigle qui réalisent les meilleurs rendements du damier (50 q/ha en moyenne).

A retenir sur les céréales
Le triticale Tulus (51 q/ha en pur) : son association avec le pois fourrager réalise 20 q/ha, et 30 q/ha avec la vesce. C’est avec la féverole que le triticale réalise le meilleur rendement : 38 q/ha, et qu’il est le plus présent dans l’association (27 q/ha de triticale + 11 q/ha de féverole).

Le seigle Elego (52 q/ha en pur), c’est son association avec la vesce qui réalise cette année le rendement le plus équilibré entre céréale et protéagineux (17 q/ha de vesce + 22 q/ha de seigle).

L’avoine Gerald a été très productive cette année (74 q/ha en pur). C’est son association avec la féverole (39 q/ha) et la vesce (34 q/ha) qui réalise les rendements les plus équilibrés entre céréale et protéagineux.

A retenir sur les protéagineux
La féverole Iréna, en association avec la plupart des céréales (semée à 24 grains/m²), fait autant de rendement que la féverole semée pure (à 40 gr/m²) : il est préférable de l’associer pour sécuriser son rendement. C’est avec l’épeautre, l’avoine et le blé que la féverole réalise les meilleurs rendements (environ 20 q/ha de féverole pour un rendement total de 32 q/ha).

Le pois fourrager Arkta (en moyenne 5 q/ha) a été plus productif avec le triticale (où le pois réalise 14 q/ha) qu’avec les autres céréales, avec lesquelles il était quasiment absent.

Le pois fourrager afila Ascension n’était présent qu’avec l’épeautre : l’association (19 q/ha) a permis de récolter 11 q/ha de pois. Il a quasiment disparu dans les associations avec les autres céréales.

Seule la vesce a bien résisté aux maladies cette année (17 q/ha en moyenne). C’est avec le seigle et l’épeautre qu’elle réalise le meilleur rendement et l’association la plus équilibrée (20 q/ha de céréales + 18 q/ha de vesce en moyenne).

- © CA Normandie

Le lupin d’hiver en Normandie : c’est possible !
Sursemer 140 grains/m² de blé (fin octobre, à la herse étrille équipée d’un semoir), dans du lupin blanc d’hiver (semé début octobre) permet de produire du lupin et du blé, tout en limitant le salissement de l’association : graphique ci-dessus.

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