L'Agriculteur Normand 05 septembre 2012 à 09h39 | Par Alexis Dufumier

Astrid Granger - "J'ai créé un élevage de charolaises"

Astrid Granger, éleveuse à Vaubadon, présentera quatre animaux au concours départemental charolais de la foire de Caen. Elle nous détaille son parcours.

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- © AD

"Gentille, robuste, valorisant bien l'herbe et de croissance rapide", ...  La charolaise est une vache "facile", à en croire Astrid Granger.
Les éloges de la jeune éleveuse vis-à-vis de la vache blanche ont d'autant plus de poids, qu'elle a découvert l'élevage allaitant en compagnie de cette race et c'est avec un oeil neuf qu'elle a pu se forger une opinion.
Côté études, Astrid s'orientait plutôt vers le monde du cheval. Lorsqu'elle s'installe sur la ferme de ses parents en 2009, après six mois d'aide familiale, et quatre années de salariat dans différents Haras, les vaches occupent une partie mineure de l'activité orientée vers les céréales et les chevaux. Les parents se contentent d'acheter chaque année sept ou huit vaches maigres à engraisser. "En vue de mon installation, mes parents avaient acheté quelques génisses et mis quelques vaches maigres à la reproduction plutôt que de les finir, se rappelle Astrid. Je ne me suis alors pas préoccupée de génétique. Je voulais simplement créer une nouvelle activité cohérente pour l'exploitation et les 50 ha de prairies attenantes. Et puis le secteur du cheval de sport devenait une activité difficile".

Acquérir l'oeil de l'éleveur
Les vêlages, la détection des chaleurs, l'évaluation de l'état d'engraissement d'un animal... Astrid a dû tout apprendre. Encore aujourd'hui, elle admet ne pas toujours avoir l'oeil. Mais si son sens de l'observation a peut-être encore besoin de s'aiguiser, Astrid a déjà réussi le pari de créer une activité vertueuse sur l'exploitation en terme de ressources et d'organisation du travail. Les vêlages d'hiver arrivent à un moment creux pour l'exploitation céréalière. Les animaux étant dans les bâtiments, il est aussi plus facile d'observer les mises-bas et de surveiller les veaux. L'herbe est valorisée au maximum comme plat unique. "Cela me fait moins de travail, moins de charges de mécanisation, et je valorise les 50 ha de prairies de l'exploitation. L'herbe profite très bien aux charolaises. C'est aussi pour ça que j'ai choisi cette race," détaille la jeune éleveuse. Seuls les veaux ont le droit à un peu d'orge et de luzerne déshydratée au sevrage. Ce régime "vert" lui permet aussi de vendre ses animaux sous label Agrial "Boeuf de nos régions". Pour la finition - le secret d'Astrid - un bon enrubannage de trèfle et de ray-grass. Et ça marche. A 520 kg en moyenne, les carcasses sont quasiment toujours en dépassement de poids par rapport au cahier des charges (480 kg). Abattre les animaux plus jeunes ? Cela voudrait souvent dire les sortir en dessous de 24 mois, l'âge minimal fixé par "Boeuf de nos régions". Et vendre des animaux plus légers n'est pas forcément plus rentable. La prime BNR monte jusqu'à 18 centimes du kilo au maximum. Astrid en bénéficie à hauteur de 10 centimes en moyenne.

Cinq ans l
La génétique, Astrid y est venue en 2009 en adhérant à Bovins Croissance, un organisme qui permet de connaître, d'expliquer et de comparer ses performances. C'est la rencontre avec Pascal Sauger du réseau, qui lui a mis le pied à l'étrier pour entrer dans le syndicat charolais la même année. Elle se constitue alors un patrimoine génétique en achetant des animaux inscrits au Heard book, dans la Meuse. "Capitaliser un troupeau m'a pris du temps. J'estime que c'est seulement l'année prochaine que mon activité sera en rythme de croisière. Jusqu'ici, je gardais un maximum de génisses pour renforcer mon cheptel", note Adtrid Granger. Pour la reproduction, l'éleveuse utilise l'insémination artificielle, qui lui permet de réaliser des couples judicieux. Les vaches qui n'ont pas pris, sont rattrapées avec un taureau primé, Ciceron, venant de l'élevage de Guy Flambard. "Même si on travaille en insémination artificielle, c'est toujours important d'avoir un bon taureau sur l'exploitation, on obtient des qualités de croissance équivalente à l'IA. Par contre c'est moins ciblé pour améliorer la génétique des génisses de renouvellement ou des taureaux reproducteurs", observe Perrine Géhin, conseillère viande bovine à la Chambre d'Agriculture du Calvados. Astrid a commencé à inscrire ses animaux au Heard book. Objectif à long terme : vendre une partie de ses animaux comme reproducteurs.

15 et 16 septembre
Concours charolais à la foire de Caen
Les animaux sont à l'attache et commencent à être éduqués pour marcher au licol. Fin août, Astrid Granger commençait déjà à préparer ses animaux en vue du concours du 15 et 16 septembre à la foire de Caen. L'éleveuse y emmènera quatre animaux. Trois jeunes de neuf mois dont un taureau
et une génisse prometteuse de 18 mois. Tous inscrits
au Herd-book. Depuis deux ans qu'elle adhère au syndicat,
elle présente des animaux au concours. "Nous sommes contents que le concours départemental puisse se faire à l'occasion
de la foire de Caen. Cela permet une vraie rencontre avec le grand public", explique Guy Flambard, ancien président du syndicat départemental de la race, et dont on ne compte
plus les vocations créées dans la race grâce à lui. "C'est
un concours qui marche bien, avec une quinzaine d'éleveurs
qui viennent présenter entre 80 et 100 bêtes", poursuit-il. "
On apprend beaucoup sur les concours, cela permet de comparer la qualité de ses animaux. Et puis il y a une bonne ambiance", s'enthousiasme Astrid Granger.

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