L'Agriculteur Normand 05 décembre 2014 à 08h00 | Par Denis LECLER Jean-François GAULE Conseillers traite Chambre d’agriculture Manche

Attention à l’allongement des écarts entre deux contrôles

OPTI’traite® en Basse-Normandie.

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- © CA 50

L’installation de traite est l’équipement le plus sollicité de l’atelier laitier. Un contrôle réalisé chaque année constitue une bonne prévention contre les dérives liées aux disfonctionnements éventuels de la machine. Cela permet de détecter précocement tout défaut et d’en limiter les conséquences sur le déroulement de la traite et la qualité du lait.La méthode OPTI’traite® est adaptée à tous les types d'installations, de la machine la plus simple à la salle de traite la plus sophistiquée. Les robots de traite, comme toutes les installations de traite, doivent être contrôlés avec un intervalle maximum de 12 mois selon le protocole OPTI’traite®. Les résultats des contrôles effectués sur les robots montrent qu’ils ne sont pas exempts d’anomalies, les vérifications périodiques de maintenance réalisées par les installateurs de robots ne donnent pas toutes les garanties d’un contrôle OPTI’traite®.


OPTI’traite® : le délai entre deux contrôles dépasse 18 mois dans 25 % des élevages contrôlés en 2013 !

En Basse-Normandie, 65.3 % du parc des installations de traite a été contrôlé en 2013. En moyenne le délai séparant deux contrôles OPTI’traite® est de 528 jours, soit 17 mois.56 % des contrôles OPTI’traite® réalisés en 2013 ont été demandés dans un délai de moins de 15 mois après le dernier contrôle, correspondant à la limite fixée pour le respect du cahier des charges de la Charte des Bonnes Pratiques d’Elevage. En revanche, 25 % des contrôles OPTI’traite® ont concerné des installations n’ayant pas été contrôlées depuis plus de 18mois, dont la moitié depuis plus de 2 ans ! Les contrôles “sans antériorité” ont été réalisés dans des élevages récemment créés (nouvelle société par exemple) ou sur des installations pour lesquels le contrôle était très ancien (graphique 1).

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Privilégier la prévention à l’intervention d’urgence

Les défauts de fonctionnement de la machine à traire font partie des facteurs de risque de la dégradation de la qualité du lait en élevage. De plus, la réalisation d’un contrôle OPTI’traite® tous les 12 mois permet de limiter les frais de réparation liés à un manque d’entretien de la machine.Le régulateur de vide est un des éléments les plus importants sur une installation de traite. Il assure la stabilité du vide en réduisant les fluctuations consécutives aux entrées d’air. Le filtre du régulateur doit être nettoyé régulièrement, sinon le niveau de vide de traite risque d’augmenter significativement.Le système de pulsation permet l’alternance des phases de succion et de massage dans les gobelets trayeurs. Son mauvais fonctionnement peut entraîner une congestion excessive des trayons. Il faut donc être attentif aux bruits anormaux et inhabituels des pulsateurs ainsi qu’à l’état des trayons (éversions de sphincters, congestion du trayon, …). Les tuyaux reliant le pulsateur à la griffe ainsi que les tuyaux courts à pulsation au niveau des gobelets trayeurs sont à surveiller, s’ils sont fissurés ou percés, ils doivent être remplacés immédiatement. Aucun ne doit être coudé, écrasé ou obstrué. Les orifices d’entrée d’air des pulsateurs sont à nettoyer une fois par mois si le bâtiment est poussiéreux. Si ces entrées d’air s’obstruent, cela entraine un défaut de massage. Des dispositifs permettent de filtrer l’air entrant dans les pulsateurs, ils peuvent souvent être installés sur des installations existantes et doivent être prévus sur une nouvelle machine.Sur les faisceaux trayeurs, l’orifice d’entrée d’air de la griffe destiné à favoriser l’évacuation du lait nécessite une attention particulière, il doit être débouché en permanence. Il faut veiller également au bon fonctionnement et à l’état des clapets de fermeture si la griffe en est équipée.Directement en contact avec la mamelle, l’état des manchons trayeurs est un élément clef pour préserver la santé de la mamelle et la qualité du lait. Le changement des manchons trayeurs est à entreprendre au moins une fois par an, voire plus fréquemment selon le nombre de postes, d’animaux à traire, la nature de matériau qui constitue les manchons (caoutchouc vs silicone) et la dégradation plus ou moins prématurée de leur embouchure. On doit par ailleurs toujours les remplacer aussitôt qu'ils sont endommagés.En vieillissant, le caoutchouc du manchon trayeur se durcit et se fissure, ce qui conduit à une diminution de son élasticité et à une modification de sa forme (il en résulte une efficacité moindre de l’effet de massage sur le trayon) ; un allongement du manchon en “fin de vie” peut avoir un effet négatif sur le débit du lait pendant la traite.On considère que cette détérioration peut être est obtenue au bout d’un an d’usage, même sans une utilisation intensive du manchon : sa surface évolue continuellement en réponse aux composants du lait et des eaux et produits de lavage ; ils peuvent devenir de réels nids à bactéries, c’est pour cela qu’il est recommandé de changer ses manchons en caoutchouc au maximum tous les ans (tous les 2 ans pour ceux en silicone).Les recommandations générales (à moduler selon les préconisations des constructeurs, se référer à leurs emballages) sont de 2 500 traites pour les manchons en caoutchouc et 5 000 à 7 000 traites pour ceux en silicone ; en terme de durée de vie de manchons, le nombre de traites exprimé correspond au nombre d’animaux traits par le manchon.Calcul de la fréquence de changement des manchons en caoutchouc dans votre installation : par exemple si les recommandations impliquent de les changer au bout de 2 500 animaux traits : (2 500 X Nombre de postes de l’installation) / (Nombre d’animaux à traire à chaque traite X nombre de traites par jour), soit pour un troupeau de 50 vaches trait dans une installation de 10 postes : (2 500 X 10) / (50 X 2) = 250 jours (tableau 1).Un manchon inadapté à la taille des trayons peut entraîner la formation d’un anneau de compression autour du trayon, ou au contraire des glissements fréquents des faisceaux trayeurs et une traite incomplète ou traumatisante pour l'animal.Votre concessionnaire agréé (voir liste ci-jointe) doit être votre interlocuteur privilégié pour vous fournir des manchons trayeurs d'origine et vous conseiller sur les réglages adaptés à votre troupeau et à votre installation.

Les conseillers traite en Normandie

- Chambre d'agriculture du CalvadosAgnès LEBEHOT - 02 31 70 25 26  a.lebehot@calvados.chambagri.fr

- Chambre d'agriculture de la MancheJ.-François GAULE - 02 33 95 46 01  jfgaule@manche.chambagri.frDenis LECLER - 02 33 79 41 73 dlecler@manche.chambagri.fr

- Orne Conseil ElevageYoann  DURAND - 0 214 220 094 yoann.durand@orne-conseil-elevage.frPatrice GUILLET - 0 214 220 094 jeremie.piel@orne-conseil-elevage.frCédric DELALANDE - 0 214 220 094 patrice.guillet@orne-conseil-elevage.fr


Engagements

- Le respect de la Charte des Bonnes pratiques d’Elevage engage l’éleveur à la réalisation d’un contrôle OPTI’traite® tous les 12 mois (avec une tolérance à +/-3 mois) et à la mise en oeuvre des réparations.
- Le contrôle OPTI’traite® fait partie des bonnes pratiques d’hygiène du “Paquet hygiène”. Une absence d’attestation de contrôle machine à traire effectué dans les 18 derniers mois au moment d’un contrôle entraîne une réduction de 3 % des aides PAC.

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