L'Agriculteur Normand 14 février 2018 à 10h00 | Par Sandrine Bossière

Avranchin : les haies ne seront pas classées

Les agriculteurs de l’Avranchin ont envie de prendre part au PLUi entrepris sur l’ancien territoire de la Communauté de communes d’Avranches. Ils n’ont pas envie de laisser les agents de la collectivité entrer sur leur terrain sans en donner l’autorisation. Ils ne souhaitent pas figer le bocage par un classement des haies. Voilà le message qu’ils ont porté auprès de David Nicolas, qui jusqu’alors était resté sourd à leur demande de rendez-vous.

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- © SB

Le 8 février, alors que David Nicolas, président de la communauté d’agglomération Mont-Saint-Michel Normandie organisait une réunion bilan à destination des élus locaux du canton d’Avranches, les agriculteurs ont fait irruption dans la salle, en fin de réunion. Et très rapidement, David Nicolas a tendu le micro à Annie Lebasnier, secrétaire générale adjointe de la FDSEA de l’arrondissement d’Avranches. Comme elle l’a déjà exprimé dans nos colonnes (édition du 1er février), la méthode employée pour l’inventaire des haies est loin de convenir aux exploitants. Les décisions semblent prises sans concertation et les agents font irruption sur le terrain sans prévenir. Et elle s’en explique. « Les conditions des travaux sur la trame verte et bleue ne sont pas satisfaisantes. Une réunion a eu lieu le 9 octobre en période d’ensilage. Et les comptes rendus sont tronqués », débute-t-elle.

Des agents militants
Mais pour les agriculteurs, « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est l’attitude de vos agents sur les inventaires bocagers. Ils viennent sur les parcelles malgré le refus des propriétaires », explique Annie Lebasnier. Et certains agents sont plutôt « militants dans leur attitude », déplore Philippe Faucon, membre du bureau de la FDSEA de la Manche. 

De vrais acteurs économiques
Pour les responsables syndicaux, les éleveurs ont en marre des contraintes sans cesse ajoutées, marre qu’on fige leur activité. Annie Lebasnier pointe du doigt la volonté de classer les haies. « Il est clair que nous n’accepterons aucun classement généralisé des haies sur notre territoire. La nature, l’entretien des paysages, on sait faire! Considérez-nous comme des acteurs économiques à part entière », ajoute la secrétaire générale adjointe face à la centaine d’élus communaux et la centaine d’agriculteurs présents.

Etre considérés et respectés
Ce que les agriculteurs demandent, c’est « du respect et de la considération ». Ainsi, ils seront prêts à « discuter et travailler ensemble sur la fonctionnalité des haies. Encore faut-il un rendez-vous », lance-t-elle en direction de l’élu.

Un deal équilibré
Pour Philippe Faucon également, le classement des haies ne peut avoir lieu. « Il y a deux cents ans, le bocage n’était pas ce qu’il est. Il a besoin de vivre. Or, quand on classe les haies, on le fige et on ne peut plus évoluer. Il faut gérer et maintenir les fonctionnalités du bocage (paysager, anti érosif, biodiversité…). » Ce sont ces éléments que les syndicats, FDSEA et JA, demandent de faire passer « des troupes de la collectivité », insiste Ludovic Blin, vice-président de la FDSEA. « C’est vous le patron de l’agglo », conclut-il.

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