L'Agriculteur Normand 17 septembre 2014 à 08h00 | Par T.Guillemot

Bernard Cazeneuve (Ministre de l'Intérieur) : donner au territoire rural les moyens d'investir et d'agir

La convention "Vigi Agri Manche" vient d'être signée par Bernard Cazeneuve (ministre de l'Intérieur) dans le cadre de la foire de Lessay. Interview.

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(© TG)

Qu'avez-vous à dire aux agriculteurs sur le dossier "vol dans les exploitations" ?
Concernant les propriétés agricoles, nous sommes face à un phénomène nouveau : vol de bétail, vol de poussins comme j'ai pu le constater lors d'une visite avec Stéphane Le Foll dans l'Ain. Il existe des filières européennes de vols organisés, notamment sur la partie ouest. Nous avons démantelé un réseau qui avait commis 140 cambriolages. Il y a des vols de matériels agricoles qui, dès lors qu'ils sont perpétrés, quittent immédiatement le territoire national pour être vendus en l'état ou en pièces détachées dans d'autres pays de l'UE. Ces filières organisées du crime disposent même parfois de plates formes portuaires pour l'acheminement de ces matériels.

Quelle première mesure avez-vous prise ?
Nous avons d'abord décidé, dans les départements où la convention a été signée avec les chambres d'Agriculture et les organisations représentatives des agriculteurs, la nomination d'un référent "gendarmerie". Auprès des entreprises agricoles, il définira les bonnes pratiques, les mesures de sécurité à mettre en oeuvre pour éviter que les cambriolages ne puissent se reproduire.

D'autres actions ?
Ils donneront des conseils de sécurisation des bâtiments, mèneront des actions de sensibilisation comme l'importance d'être vigilant au moment des foires agricoles. Les statistiques prouvent que c'est à cette occasion que se produisent les cambriolages. Il faut également organiser l'identification par gravage des engins agricoles afin que, par des moyens très sophistiques de lecture, la police ou la gendarmerie puissent les identifier en cas de vol. Il faut enfin que nous soyons en situation de relier les agriculteurs à la gendarmerie par des dispositifs numériques (SMS, plainte en ligne. Cela afin, quand une exploitation est cambriolée, que tous les agriculteurs du réseau soient informés et face preuve de vigilance.

La réforme territoriale est en discussion. Quels en sont les principaux enjeux ?
C'est une réforme très importante pour la ruralité parce qu'il y a une inquiétude du monde rural qui a peur d'être relégué. La réforme territoriale doit être l'occasion, en créant des intercommunalités et en réorganisant l'administration déconcentrée de l'Etat, de donner au territoire rural les moyens d'investir et d'agir.

L'agriculture et l'agroalimentaire français sont inquiets sur les conséquences de l'embargo russe. Pouvez-vous les rassurer ?
C'est un sujet sur lequel les relations entre les OPA (Organisation Professionnelle Agricole), le ministère de l'Agriculture et le ministère des Affaires étrangères se poursuivent. Cela dans un contexte international d'une extrême gravité.

Cette venue en terre manchoise, c'est une bouffée d'oxygène ?
Oui, c'est un grand plaisir de revenir dans la Manche. La mission de ministre de l'Intérieur est une mission difficile. De nombreuses menaces pèsent sur notre pays. Je suis préoccupé par la montée de l'antisémitisme, de l'homophobie, de toutes les formes de racisme et de haine.

Danger qui peut venir de l'étranger aussi ?
Je suis très préoccupé par la puissance de la menace terroriste qui résulte de l'évolution du contexte international. Un certain nombre de nos ressortissants sont engagés dans des groupes djihadistes. Cela représente des risques à leur retour. Je suis aussi garant du bon fonctionnement de l'administration déconcentrée. Par conséquent, la tache est dure.

Un commentaire sur le climat politique ambiant ?
C'est un climat d'abaissement de la République et de la politique. Ici dans la Manche, entouré d'élus de toutes sensibilités, je me sens aux sources de ce qu'est la vie publique lorsqu'elle est noble. C'est-à-dire l'authenticité d'une relation, d'un respect mutuel, d'une capacité d'amitié malgré les divergences de point de vue entre les uns et les autres.  La République, ce n'est pas la guerre. C'est une communauté humaine rassemblée autour de valeurs. Dans le respect des opinions de chacun, le débat doit confronter les idées pour faire en sorte que la démocratie soit plus forte et plus belle.

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