L'Agriculteur Normand 25 janvier 2017 à 08h00 | Par Sandrine Bossière

Bernard Cazeneuve : un langage de vérité aux agriculteurs

Pour son deuxième déplacement dans la Manche depuis sa nomination au poste de Premier ministre, Bernard Cazeneuve a voulu apporter des réponses tangibles aux préoccupations des agriculteurs et démontrer son soutien à ce secteur économique. Prochain rendez-vous au Salon de l’agriculture.

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Bernard Cazeneuve a écouté attentivement Dominique Simon, éleveur avec son épouse et ses filles à Moyon avant de rejoindre la préfecture pour délivrer un message au monde agricole, un message de vérité comme il précise. « Le monde agricole connaît une situation particulièrement difficile.  Elle n’appelle pas en retour des promesses. Elle exige que l’Etat prenne des décisions lucides, qu’il apporte des réponses tangibles pour relever les grands défis ».

Chaque jour utile
Parmi les difficultés, la Chambre d’agriculture, la FDSEA de la Manche et les JA ont fait part de leurs préoccupations. Installations des jeunes, incidence du Brexit, les zones naturelles défavorisées, les mesures environnementales , les prairies naturelles, la PAC,… Pour le Premier ministre, pas question de ne pas « regarder les problèmes en face ». Il veut faire en sorte que les problèmes soient abordés « avec une exigence, une lucidité et une rigueur. Je ne veux dire que des choses que je vais pouvoir tenir dans les mois qui séparent de la fin du quinquennat. Et je veux faire de chaque jour un jour utile ». Pour les zones défavorisées, « elles doivent aboutir sans délai. L’enjeu est considérable. Dans la Manche, le travail a avancé. Et il peut être encore être amélioré avant la transmission du nouveau zonage à la commission européenne » indique-t-il.

Pac : trop grands retards de paiement
Concernant le paiement des aides de la Pac, « ils ont connu des retards trop importants dont les causes ont été identifiées » assure-t-il. A défaut de pouvoir respecter le calendrier, le gouvernement a mis en place des avances sur fonds nationaux qui couvrent à peu près 90 % des aides agricoles. Les aides au développement rural ont elles aussi connu des délais imputables à plusieurs facteurs.
Le gouvernement a fait en sorte que les paiements soient effectués dès 2015 lorsqu’ils concernaient les mesures les plus sensibles telles que les aides à l’installation ou l’investissement. Les retards accumulés en 2016 seront rattrapés en 2017. « J’y veillerai personnellement. Je suis parfaitement conscient que de grandes difficultés naissent de ces retards. Je ferai preuve d’une extrême vigilance et je m’engage à ce que le solde des aides au titre des années précédentes soit engagé le plus rapidement possible pour ceux qui ont engagé des mesures agro environnementales, d’agriculture biologique et ce dans les délais les plus brefs ».

Une PAC plus forte
Le sujet de l’Europe n’a pas été épargné. Pour Bernard Cazeneuve, « l’Europe a besoin d’une PAC forte qui devra évoluer pour apporter une réponse utile à plusieurs défis majeurs ». Et dans la future réforme de la PAC, de nouveaux enjeux se dessinent. La France s’y prépare avec des objectifs clairs. « La PAC doit mieux protéger contre les risques et les aléas économiques, sanitaires, climatiques auxquels les agriculteurs sont exposés. L’agroécologie constitue un second enjeu majeur. Ce sujet a fait des débats. Mais ma conviction est que l’agriculture française est capable de prendre le virage de la performance environnementale sans menacer sa compétitivité ni la diversité de ses productions ». 

Rendez-vous au SIA
Cette visite n’est pas le seul rendez-vous que le Premier ministre a donné au monde agricole. Il sera au Salon de l’agriculture. « J’ai prévu d’y aller le lundi, jour où la Manche a prévu d’être présente. J’ai fait concorder nos agendas pour avoir des échanges authentiques ». Et il fera état de sa rencontre avec Phil Hogan, commissaire à l'Agriculture et au Développement rural à la Commission européenne avant le Salon qu’il aura quelques jours auparavant. « L’agriculture et l’agroalimentaire constituent un secteur clé pour l’économie, l’emploi et la vitalité de nos territoires ruraux. J’ai une immense estime pour les agriculteurs qui sont passionnés, bien formés ». Alors, il est invité à revenir. Les responsables agricoles formant le vœu que « La France conserve l’ambition d’avoir une agriculture prospère » comme le souligne Pascal Férey.

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