L'Agriculteur Normand 25 mars 2020 à 10h00 | Par Charlène Javon Chambre régionale d’agriculture de Normandie

Bien-être en élevage : des enjeux d’évaluation et de communication

Depuis toujours, le bien-être animal fait partie du métier d’éleveur. Dans ses pratiques au quotidien, l’éleveur veille au confort et à la santé de son troupeau, éléments clés de la productivité et de l’organisation du travail.

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- © TG

Dans un contexte d’agribashing, il semblerait pourtant, aujourd’hui, qu’il ne suffise plus de veiller au confort de ses animaux, mais qu’il faille le démontrer et rassurer le citoyen-consommateur.

Valoriser les savoir-faire des éleveurs, dans une démarche de progrès
Conscients de ce besoin, le Centre national interprofessionnel de l’économique laitière (Cniel) et l’Interprofession Bétail et Viande (Interbev) travaillent depuis 2 ans sur la définition d’indicateurs d’évaluation du bien-être animal en élevage bovin, de manière objective et à grande échelle.
Ce travail s’inscrit dans leur plan de filière et démarche de responsabilité sociétale. Cette approche collective se veut positive, pour mieux valoriser les pratiques des éleveurs auprès de la société.

Bien-être animal : comment l’évaluer facilement?
Basés sur les 5 libertés fondamentales - faim/soif, douleur, inconfort, peur et comportements naturels -,
16 indicateurs, centrés sur l’animal et son environnement, permettent désormais d’évaluer son bien-être.
Ces critères ont notamment été choisis pour leur facilité d’observations et de mesures, mais aussi pour leur intérêt technico-économique. Ils seront évalués à l’aide d’un outil informatique dont le nom est BoviWell, initialement développé par MoyPark et adapté aux spécificités de l’élevage français.
Avec 5 années d’utilisation, cet outil a déjà été testé dans plus de 1 500 élevages, où plus de 100 000 bovins ont été observés. Basé sur le référentiel européen Welfare Quality, l’outil a été adapté pour correspondre aux critères retenus par les filières.
Concernant les élevages laitiers, la filière a décidé de l’adosser à la Charte des Bonnes Pratiques d’Elevage (CBPE), démarche d’amélioration existant depuis 1999. Ce dispositif possède une organisation bien définie avec un réseau de techniciens d’élevage qui réalisent des visites, en moyenne, tous les 2 ans, et un système de crédibilisation. Il permettra de déployer facilement le diagnostic BoviWell.

Charte des Bonnes Pratiques d’Elevage : focus renforcé sur le bien-être animal
La grille d’évaluation de la Charte des Bonnes Pratiques d’Elevage actuelle comportait déjà un certain nombre de pratiques en lien avec le bien-être animal (santé, alimentation, abreuvement, état des animaux…). Afin de faciliter la mise en place du diagnostic Boviwell, la CBPE fait évoluer sa grille d’évaluation pour consacrer un chapitre spécifique au bien-être animal, basé sur le diagnostic complet.
Lors du diagnostic, à partir d’observations sur les animaux et leur environnement, et d’échanges avec l’éleveur, le technicien définira un score pour chacun des indicateurs. Une fois les scores agrégés, une note finale sera obtenue et pourra être comparée à la moyenne nationale des autres élevages audités. A partir du résultat, le technicien pourra proposer un plan de progrès à l’éleveur.

A partir de quand les diagnostics seront réalisés ?
A l’échelle de la Normandie, les formations des techniciens au diagnostic BoviWell vont démarrer durant le printemps et les premiers audits en élevage devraient débuter dans le courant de l’année. Dans un premier temps, en attendant que l’ensemble de la nouvelle grille CBPE soit finalisée, les techniciens pourront démarrer la réalisation des diagnostics bien-être en élevage, indépendamment des autres chapitres de la CBPE. n

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