L'Agriculteur Normand 29 juin 2010 à 11h06 | Par V.Motin

Bio - En conversion, le Gaec Guilbert croit au bio

Tous les mardis de l’été, le Groupement d’Agriculteurs Biologiques du Calvados organisent des portes ouvertes dans des fermes déjà bio ou en conversion. Parmi elles : l’exploitation du Gaec Guilbert est à découvrir le 6 juillet, à Tracy-Bocage.

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« On se rassure entre nous. On crée des liens avec tous ceux qui passent en bio. On échange », expliquent les éleveurs.  Pour le premier rendez-vous des fermes ouvertes Bio de l’été : rendez-vous le mardi 6 juillet après-midi, à Tracy-Bocage. Désherbage mécanique et binage sur maïs sont au programme.
« On se rassure entre nous. On crée des liens avec tous ceux qui passent en bio. On échange », expliquent les éleveurs. Pour le premier rendez-vous des fermes ouvertes Bio de l’été : rendez-vous le mardi 6 juillet après-midi, à Tracy-Bocage. Désherbage mécanique et binage sur maïs sont au programme. - © V.M.

Le 15 mai 2011, les 700 000 litres de lait du Gaec Guilbert seront officiellement certifiés Bio. Trois lettres qui signifient une meilleure valorisation de leur lait, sans bouleverser leur système. La conversion, entamée depuis un an, s’est déclenchée rapidement. “Danone nous a poussés en ce sens. Ils sont venus nous voir régulièrement”, expliquent Nicole, Carl et Arnaud Guilbert. De la surface, un séchage en grange, 170 tonnes de stockage de céréales avec aplatisseur, concasseur et trieur : tous les ingrédients étaient réunis. “Le Gab travaille avec Danone. Nous ciblons avec eux les exploitations proches du Bio”, rappelle Guillaume Fernagu, animateur du Gab 14.

Des aides à la conversion
Pendant l’année de conversion, le lait intègre toujours le circuit conventionnel. En revanche, toutes les pratiques respectent le cahier des charges de l’agriculture biologique. Pour compenser le mode bio avec une valorisation conventionnelle, le Gaec Guilbert bénéficie d’aides à la conversion. Sur cette exploitation, elles représentent 80 hectares d’herbe à 100 €/ha et 150 hectares à 200 €/ha. La laiterie s’engage également avec un supplément de 50 €/1000 litres sur le prix de base.
Avec l’agriculture biologique, les éleveurs ont misé sur l’autonomie totale. “On ne préparait pas tous les aliments. Là, on n’achète rien, zéro concentré. Finies les charges, mais nous avons un peu plus de boulot. Le soja bio à 900 €, on l’oublie”, détaille Arnaud Guilbert. Dans cette même logique, les céréales de vente ont disparu de l’exploitation. Tout est désormais auto-consommé. Foin, luzerne, betteraves et maïs constituent ainsi la ration des vaches laitières. “La luzerne est pauvre en sucre. On compense avec les betteraves”, précise l’éleveur. Les vaches normandes et prim’holstein maintiennent ainsi une production entre 6500 et 7000 kg. “En bio, la production de lait n’est pas un souci. Nos difficultés concernent davantage la gestion et le soin des mammites”, avertissent cependant Carl et Arnaud Guilbert.

Repenser les cultures
Plus que l’élevage laitier, la conversion remet surtout en cause la partie culture. “Nous avons repensé la rotation des cultures sur 8 ans. Il faut savoir anticiper et penser à long terme. Le travail préparatoire du sol, avec la herse étrille et le déchaumage, demande aussi plus de temps”, expliquent les agriculteurs. Et désormais, ces derniers cultivent une grande partie de légumineuses, car “le problème du bio, c’est l’azote. Et l’on a besoin d’azote”. Hormis ces quelques évolutions, le Gaec Guilbert envisage sereinement l’avenir. La première paie du lait bio en 2011 récompensera ces efforts.

Le programme
Le programme - © DR
Sur cette exploitation, le séchoir représente un investissement de 50 €/1000 litres.
Sur cette exploitation, le séchoir représente un investissement de 50 €/1000 litres. - © V.M.

L’agriculture biologique poursuit sa conversion
dans le Calvados

Depuis deux ans, une cinquantaine d’exploitations se convertissent dans le département. Ce chiffre devrait même progresser en 2010, pour atteindre les 60 conversions. “Elles sont réparties de manière assez homogène : 10 exploitations laitières, 10 maraîchères, 10 céréalières, 10 arboricoles et enfin 10 vaches allaitantes. Aujourd’hui, nous travaillons également sur nos filières. Objectif : maintenir des prix rémunérateurs. À nous de gérer les volumes. Mais aujourd’hui, il est clair que les industriels cherchent des produits bio. Il y a de la place”, insiste Guillaume Fernagu, du Gab 14.
Les après-midi bio débuteront le 29 juin, à l’Earl de la Barberie, à Leffard. L’opération s’achèvera le 7 septembre. “Tout l’été, nous montrerons plusieurs systèmes. Tout le monde a sa place”.

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