L'Agriculteur Normand 07 février 2013 à 18h06 | Par V.Motin

Blonde d’Aquitaine - Bien roulée, la Blonde a trouvé son Valentin !

Longtemps double actif, l’ex-moulinex s’est reconverti à 100 % dans l’élevage. Parti de deux vaches normandes, Philippe Valentin se constitue peu à peu un cheptel Blonde d’Aquitaine. François, son fils, l’a rejoint avec la reprise d’un troupeau de limousines. Mais, cette dernière est vouée à disparaître de l’exploitation.

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Bien roulée, la Blonde a trouvé son Valentin ! © VM

Certains disent que les élevages allaitants n’ont plus la côte. Les marchés locaux le prouveraient. D’autres se découragent au profit des cultures et abandonnent la production de viande. La morosité ambiante ne semble pas affecter la ferme des Valentin, à Aubigny. L’EARL de l’Espérance porte bien son nom. Plus qu’un métier, père et fils partagent un même optimisme.

Fait pour être éleveur

J’ai été salarié Moulinex. Je suis resté longtemps double actif. Je songeais  à m’installer. Mon licenciement a permis d’accélérer ce projet et je ne le regrette pas”, explique Philippe Valentin.  Après 10 ans d’installation, son fils l’a rejoint sur la ferme.
Le même objectif est partagé par les deux associés : travailler génétiquement et composer un troupeau blond dans un système naisseur. Pourtant, leur exploitation dispose aujourd’hui de 120 hectares de SAU. A la vue du parcellaire, la volonté de labourer plus de terres est tentante. 90 des 120 hectares demeurent en herbe. Les 30 hectares restant fournissent l’alimentation du bétail. François Valentin a travaillé chez un céréalier. Sa conclusion s’avère sans appel : “conduire un tracteur toute la journée, à chacun ses passions. Je suis fait pour être éleveur”.

La blonde garde la côte
Outre leur métier, Philippe et François Valentin partagent leur ferveur pour la Blonde d’Aquitaine. “J’aime la beauté de sa robe. Sa valorisation financière est également supérieure. En cas de crise, les cours de la blonde se maintiennent toujours mieux. On les valorise mieux. C’est logique quand on observe son rendement carcasse”, résume le père. Si pour s’installer, François a repris 30 vaches allaitantes de race Limousine, cette dernière laisse donc progressivement sa place aux Blondes d’Aquitaine. Deux ans après, il ne reste que 10 limousines. Et dans deux ans, elles auront totalement disparu de la ferme. “Nous ne voulions pas acheter de vache pour limiter les risques sanitaires. Mais, nous sommes peut-être allés un peu vite dans la migration vers les Blondes d’Aquitaine”, estime François.

Que des blondes
dans deux ans
Pour ce changement de race, ces éleveurs n’ont pas de recette miracle. Leurs ingrédients sont connus. Ils utilisent un zeste d’inséminations artificielles. “Soit 15 % d’IA sur les génisses d’automne”. Tous les animaux sont également échographiés. Cependant, des marges de progrès existent. L’investissement dans une bascule est programmé. “Actuellement, nous pesons les veaux et les broutards que nous vendons. A terme, nous pèserons tous les animaux. Et quand nous n’aurons plus qu’une race,  nous adhérerons sans doute à Bovins Croissance en VA4”, se projettent les éleveurs. Autre piste : trouver un bon taureau d’ici deux ans.
Côté financier, les résultats dépassent de 40 % l’étude prévisionnelle de François. Tous les broutards sont vendus à un voisin. La valorisation confirme le choix des Valentin. Facture à l’appui, les broutards de 350 kg de novembre ont été vendus 1000 €.

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