L'Agriculteur Normand 28 décembre 2009 à 09h27 | Par Eddy Cleran CA 50

Bois - Débiter du bois ne s’improvise surtout pas

Un maximum de précautions doit être pris pour éviter l’accident. La meilleure protection est la prévention.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Selon la MSA, les conséquences liées à l’utilisation d’une tronçonneuse sont des coupures profondes qui peuvent être fatales et des projections.
Selon la MSA, les conséquences liées à l’utilisation d’une tronçonneuse sont des coupures profondes qui peuvent être fatales et des projections. - © DR

Les statistiques sur les accidents de travail en agriculture montrent que le travail du bois est une activité à risque. L’utilisation d’une tronçonneuse et le travail du bois doivent s’effectuer avec un maximum de sécurité. Selon la MSA, les conséquences liées à l’utilisation de la machine sont des coupures profondes qui peuvent être fatales et des projections. Pour les professionnels du bois, il y a en plus des risques liés au bruit et aux vibrations (ma-ladie de Raynaud). Le bois lui-même, peut être source d’accident. Il y a les chutes de branches et surtout les bois sous “tension” qui surprennent ou éclatent. Il faut aussi prendre conscience que l’opérateur sans expérience, peut prendre des initiatives à risques… Attention, les jeunes de moins de 18 ans ne sont pas autorisés à manier la tronçonneuse.

.
. - © DR

La préparation, le bon opérateur avec de bons outils
L’utilisation de toute tronçonneuse est dangereuse. Pour travailler le bois, il convient de suivre toutes les règles de sécurité. Il faut veiller à ce que des personnes ne se trouvent pas sur l’aire d’utilisation de la tronçonneuse. Pour les chantiers éloignés, il est conseillé de travailler en binôme. L’opérateur doit être en bonne condition physique et mentale et ne pas avoir absorbé de substances (médicaments, alcool…) risquant d’entraver sa dextérité ou son jugement. Il faut être prudent et être concentré jusqu’à la fin des opérations. Il faut aussi savoir faire des pauses.
L’équipement doit être en bon état. Commencer par vérifier le bon état de fonctionnement de la tronçonneuse. Une chaîne non affûtée augmente les risques de rebond : première chose, vérifier le frein de chaîne et vérifier sa tension.
Il faut également porter les équipements de protection individuelle : mettre des gants, le pantalon et les chaussures de sécurité. Noter que le casque de couleur vive avec soit des lunettes, soit la grille de protection sont aussi fortement préconisés.

Pour l’abattage la meilleure protection est sa maîtrise technique et pratiquer l’abattage directionnel
Il faut observer les arbres, leur équilibre. Il faut aussi prendre en compte l’environnement qui risque d’affecter les directions de chute : l’inclinaison naturelle de l’arbre, la structure des branches, les arbres ou les obstacles voisins, la direction et vitesse du vent…
Avant de commencer le tronçonnage, il faut, bien entendu, choisir la direction de la chute en fonction de sa maîtrise technique. Il vaut mieux éviter de travailler lorsqu’il pleut ou s’il vente. Il faut aussi dégager la zone et toujours envisager deux solutions de repli en cas de problème (figure 1). Ensuite, il faut pratiquer l’abattage directionnel : une notice explicative est délivrée avec la tronçonneuse.

.
. - © DR

Un abattage directionnel se fait en deux temps et 3 traits de coupe (figure 2) : commencer par l’entaille d’abattage “directionnel” perpendiculaire à la ligne de chute et le plus près du sol, l’entaille n’entame pas plus d’un quart du diamètre du tronc (en 2 traits : un de haut en bas à 45 et l’autre horizontal). Le deuxième temps correspond à la coupe “définitive” à l’horizontale. Pour maîtriser la direction de chute de l’arbre, ce trait de coupe se fait plus haut que le trait horizontal de l’entaille. Il faut conserver une charnière qui permet de mieux maîtriser la vitesse de chute. Pour les très gros arbres cette technique peut être complétée par 2 entailles d’aubier et un mortaisage.
Si l’arbre possède de grosses racines avec un empattement, il faut tout d’abord couper verticalement puis horizontalement la plus grosse pour ensuite faire la coupe d’abattage.

Une fois à terre, le travail  se poursuit souvent par le débit de l’arbre ou la coupe
des branches

La meilleure protection est encore d’avoir une attitude de prévention.
Dans le cas d’une transformation en plaquettes, il faut au minimum réaliser un “défournage”. Des précautions élémentaires sont à prendre, car il y a à chaque fois des branches sous “tension”. Pour éviter de se prendre une branche, une chute, un retournement ou un coincement, il faut, la plupart du temps, couper en 2 fois. Cette façon de procéder permet de libérer progressivement la tension du bois et de “sentir” les mouvements potentiels de “rééquilibrage” du bois.
Ensuite, il faut apprécier la manière la plus sûre de procéder à l’ébranchage. Il faut identifier les branches coincées et celles qui empêchent le roulage du tronc. Il faut également prévenir les “rebonds”, qui fond bondir la tronçonneuse vers la tête de l’opérateur.
La meilleure protection est la prévention : il faut toujours prendre la tronçonneuse à deux mains et la tenir fermement avec un poignet en face du frein de chaîne. Il faut observer la tête du guide de chaîne, faire attention à ce que la tête du guide ne touche aucun objet. Ne pas couper de branches avec la tête du guide. Couper prudemment les petites branches sèches et attaquer le bois à plein gaz. Il faut éviter de trop se pencher vers l’avant. Il faut toujours couper un seul tronc à la fois. Il ne faut pas faire de “mortaise” sans être un familier de cette technique. Il faut également se tenir de côté par rapport au plan de coupe.

Le transport comporte  aussi des risques d’accident, petits rappels
Au débardage, il faut éviter les obstacles sur le trajet, arrimer le câble au point le plus bas du tracteur. Il y a des risques de cabrage, de renversement, Vérifier les tonnages limites de la remorque et du tracteur.
Au transport, il faut adapter la puissance du tracteur au chargement de la remorque et en particulier vérifier le bon fonctionnement du système de freinage ainsi que la signalisation du véhicule.
Ces précautions souvent de bon sens, sont indispensables. L’exploitation du bois est le secteur le plus accidentogène enregistré par la MSA. N’hésitez pas à prendre contact avec des professionnels du bois, le service “prévention” de la MSA et les assurances agricoles.
Eddy Cleran
Chambre d’Agriculture de la Manche

Documents
Documents prévention “Les risque liés au travail du bois” MSA.
Notice d’emploi des tronçonneuses (toutes marques).

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. l'Agriculteur Normand se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui