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Brexit, arrêté BVD, OVS: des réponses mais toujours des questions aux GDS

Le congrès national des GDS s’est tenu jeudi et vendredi derniers à Cherbourg-en-Contentin. Les débats ont été nourris au Brexit, avec son volet économique et sanitaire, mais également au devenir des missions des GDS. Sans ministre de l’Agriculture mais avec son représentant, Hervé Marie (président du GDS 50) et Michel Combes (président de GDS France) affichaient une certaine satisfaction à l’issue des travaux. Interview croisée.

>> Quel bilan tirez-vous de ce congrès national en terre manchoise ?
Hervé Marie. Un bilan extrêmement positif puisque, après plus de deux ans d’attente, le représentant du ministre de l’Agriculture est venu annoncer ici à Cherbourg-en-Cotentin la signature de l’arrêté BVD. C’était une demande forte de l’ensemble des GDS de France. Nous avions obtenu la signature de l’arrêté IBR mais celui sur le BVD trainait depuis longtemps.  C’est donc un congrès qui restera dans les annales.

>> Vous avez, lors de ces travaux, fait part de votre inquiétude quant à la répartition de certaines missions avec les Chambres d’agriculture. Les réponses du représentant de l’Etat vous satisfont-elles ?
Michel Combes. Le représentant du ministre de l’Agriculture nous a rassurés sur une partie de sa réponse. Quand il dit notamment que les OVS (Organisme à Vocation Sanitaire) ne seront pas touchés mais cela n’englobe pas l’ensemble des missions des GDS. J’ai besoin d’avoir encore plus de précisions.

>> Une partie de vos travaux a été con-sacrée au Brexit. Que faut-il en retenir ?
Michel Combes. Le Brexit, c’est une inquiétude. Aujourd’hui, les Anglais doivent clairement dire ce qu’ils veulent. Rester ? Sortir ? Ils ne peuvent pas être à la fois dedans et dehors. Il y a trop d’enjeux économiques pour l’agriculture française. On a besoin de savoir.
Hervé Marie. Deux choses. La première, c’est que l’on peut se demander ce que veulent réellement les Britanniques : sortir ou pas ? La seconde, c’est le manque de fermeté de l’Union Européenne. On a l’impression que l’UE cède aux caprices des Britanniques avec ce report de six mois.
J’estime qu’il est temps de siffler la fin de la partie. Parallèlement, Bruxelles doit mettre en place un plan massif de soutien à l’élevage. Si le Brexit était entré en vigueur la semaine dernière comme cela aurait du se passer, rien n’avait été prévu alors que, exemple dans la Manche, deux vaches sur dix produisent du lait pour le Royaume-Uni.

>> On ne peut cependant pas totalement écarter l’hypothèse que les Anglais reviennent sur leur décision, qu’ils debrexitent ?
Hervé Marie. Dans cette hypothèse, c’est à l’UE de dire « oui » ou « non » vous avez le droit d’organiser un nouveau référendum et de le conditionnner à l’adhésion à l’euro. On ne peut pas être à la fois dedans et dehors. L’Europe doit être ferme sur cette question.

llll Jean Bizet  Sénateur de la Manche
« Nous n’avons jamais eu autant besoin d’Europe »
« Je prends acte de la décision prise en conseil européen d’accorder un nouveau report de la date de sortie du Royaume-Uni. J’avoue que ce n’est pas ce que j’aurai souhaité... J’aurai souhaité véritablement plus de fermeté de l’Union Européenne. Je crains qu’il y ait un autre 31 octobre. Rien n’empêche nos amis britanniques de continuer à demander d’autres délais. Je crains que nous n’entrions dans des reports perpétuels ce qui serait extrêmement malsain pour le monde économique parce que c’est empreint d’incertitudes. C’est malsain pour l’ensemble de l’UE avec 73 parlementaires britanniques au sein du parlement européen à un moment où l’on n’a jamais eu autant besoin d’Europe. Une Europe qui doit prendre des décisions cruciales vis-à-vis de dossiers très préoccupants : le rapport économique entre l’UE et la Chine, les rapports entre l’UE et les Etats-Unis avec la crise du multilatéralisme, la crise au niveau de l’OTAN et combien d’autres encore. L’UE risque de se trouver fragilisée par cette paralysie qui s’annonce. On ne pourra pas prendre de bonnes décisions avec un partenaire qui ne croit plus à l’Europe».

llll Benoit Arrivé
maire de Cherbourg-en-Cotentin
« Saisir les opportunités et minimiser les inconvénients »
« Cette question du Brexit est un sujet qui à la fois nous passionne et nous inquiète puisque, en fonction de ses modalités, Cherbourg-en-Cotentin pourrait redevenir une frontière. Une frontière avec un certain nombre de contrôles qui pourraient faire perdre du temps aux rotations d’animaux, d’hommes ou bien encore de marchandises. C’est donc source d’inquiétude sur une partie du transmanche mais c’est aussi peut-être, probablement, une opportunité. On le voit d’ailleurs ici à Cherbourg-en-Cotentin avec un redéveloppement des liaisons notamment avec l’Irlande. De l’inquiétude donc, et on y travaille beaucoup avec les différents acteurs concernés dont le GDS que nous avons eu plaisir à accueillir en congrès national pendant deux jours,  mais aussi un travail d’opportunités de développement de notre port. On essaye de mettre les choses à l’équilibre : saisir les opportunités en minimisant les inconvénients possibles du Brexit».

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