L'Agriculteur Normand 06 août 2015 à 08h00 | Par T.Guillemot

Catherine Guérault (Présidente de la section des Agricultrices de la Manche) : “il suffirait de quelques centimes sur le litre de lait ou le kg de viande”

Des prix pour sortir les exploitations de la crise économique et la famille d’une crise sociale larvée! Tel est un des messages portés par la vice-présidente de la commission Agricultrice de la FNSEA auprès du représentant départemental de l’Etat.

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© TG

Quel est le sens de l’action que vous menez aujourd’hui ?
Il s’agit d’une action nationale qui est menée sur 12 départements. Le thème en est “Familles en détresse” donc famille en danger.

Pourquoi cet angle ?
Une exploitation agricole, c’est souvent une entité familiale. Alors, quand il y a des diffcilutés économiques et elles sont énormes aujourd’hui, ce n’est pas simplement un outil qui est impacté, mais également des enfants, une femme. Femme qui est souvent en première ligne face aux fournisseurs et aux dettes qui s’accumulent.
Nous sommes donc confrontés à une crise économique et, par ricochet, à une crise sociale.

En temps que femme, que revendiquez-vous ?
Un revenu tout simplement et le revenu passe par des prix rémunérateurs. A ce jour, nos coûts de production sont supérieurs aux prix de vente sortie ferme. Ce n’est pas tenable.

Mais une augmentation des prix en magasin, certains consommateurs prétendent aussi que ce n’est pas tenable ?
Il faut savoir que sur un panier de produits alimentaires de 100 e, 8 e seulement reviennent au producteur. Alors, les quelques centimes supplémentaires qu’il nous faudrait sur un litre de lait ou un kg de viande, ne changeront rien pour le consommateur. A contrario, ces quelques centimes nous aideraient à faire vivre nos exploitations donc nos familles.

Vous avez été reçus par le secrétaire général de la préfecture. Un bilan ?
Le secrétaire général de la préfecture entend bien nos revendications et elle nous a promis de les faire remonter auprès des plus hautes instances de l’Etat. Depuis plusieurs semaines, nous nous sommes fortement mobilisés et je pense que nous commençons à être entendus. Ça doit encore progresser mais il faut pour cela maintenir la pression.

Maintenir la pression sur l’Etat ?
Pas que. Quand on constate qu’hier, un transformateur laitier s’est désengagé de l’accord qui vient juste d’être signé (ndrl : le 24 juillet), cela montre que des actions de terrain ciblées doivent se poursuivre.

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