Aller au contenu principal

Cessibilité des contrats laitiers : une perte de compétitivité

Philippe MARIE (président de la section lait FDSEA du Calvados) nus livre sa réflexion sur la cessibilité des contrats laitiers.

© TG

“On entend par cessibilité des contrats la vente ou l'acquisition de volumes contractuels moyennant finance.

A cessibilité abandonnée par les autres pays européens.
Cette pratique était largement répandue dans les pays d'Europe du Nord sous le régime des quotas laitiers avec des prix parfois très élevés. Jusqu'à présent, la France avait fait le choix pour des mouvements de références non marchands. Ceci a permis, entre autres, de maintenir une activité économique sur l'ensemble des territoires et de faciliter l'installation des jeunes. Présents aux journées laitières européennes des 19 et 20 octobre derniers, les éleveurs représentants des Pays-Bas, Allemagne, Italie ont clairement exprimé que l'échange de volumes monnayables est désormais révolue. Curieusement, on assiste aujourd'hui en France au phénomène inverse, avec un marché des volumes contractuels  marchand.

Une perte de compétitivité pour les éleveurs français.
Alors que l'on déplore régulièrement une distorsion de concurrence en France au vu des charges plus élevées que chez nos voisins, il paraît paradoxal de s'en créer de nouvelles au travers des droits à produire, alors que celle-ci disparaît chez nos concurrents . C'est la principale raison pour laquelle le FNPL s'est prononcée CONTRE la cessibilité des contrats lors de son Assemblée générale en Mars dernier.

Un handicap supplémentaire pour l'installation et la reprise d'outils laitiers.
Bien qu'elle facilite la gestion des volumes par les laiteries et offre une possibilité de développement à des éleveurs livrant à des industriels offrant peu de perspectives d'augmentation de production, la cessibilité des contrats va compliquer davantage encore l'installation des jeunes pour qui on voit déjà bien aujourd'hui leurs difficultés pour faire face à leurs investissements. Elle rend également plus difficile l'accès à quelques volumes supplémentaires à des éleveurs en situation financière difficile, n'ayant pas les moyens de racheter de volumes,  pour qui un complément modeste suffirait à leur garantir un avenir plus sûr .

Un problème pour la transmission des exploitations à l'avenir.
A plus long terme, se pose également la question de la transmission des exploitations. L'acquisition de volumes moyennant finances risque d'accélérer le grossissement des exploitations au prix des seules qui auront les moyens de la faire, et accentue le risque de devoir recourir à des capitaux extérieurs (opérateurs financiers, industriels, distributeurs) pour financer les reprises et affaiblir l'indépendance des éleveurs.

Une garantie qui n'est pas totale.
Le fait d'acquérir financièrement des volumes de production ne donne pas une garantie absolue que les industriels accepteront de les collecter (il reste soumis à l'acceptation de ces derniers) et ne donne pas droit à rémunération du capital investi si on livre à un privé, contrairement aux parts sociales de coopératives. De plus, si comme nous le prédisent de nombreux experts, la demande en lait augmente, l'accès à des volumes supplémentaires pourrait se faire par une proposition des laiteries de manière gratuite. Si on n'en est pas là aujourd'hui, l'élargissement des marchés pourrait nous y amener. Pour toutes ces raisons, la section lait de la FRSEA de Basse-Normandie fait le choix de se prononcer  contre la cessibilité des contrats et de promouvoir une gestion collective des volumes au travers des organisations de producteurs. “

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Contrairement à la FCO, il n'existe pas encore de vaccin contre le Shamonda Europe.
Le nouveau virus détecté sur des bovins dans la Manche et le Calvados
Un premier foyer de Shamonda Europe a été constaté dans un élevage du centre de la Manche, sur trois vaches. Cette nouvelle…
Dans le maïs, Jean-François Osmond explique au préfet de la Manche Marc Chappuis les dégâts subis par la culture en raison de la sécheresse et de la canicule.
Sécheresse : l'alerte rouge s'étend dans la Manche
Jour après jour, la ressource en eau devient un peu plus précieuse. Le préfet de la Manche, Marc Chappuis a pris de nouvelles…
Six sites et 121 communes sont concernés par l'officialisation de l'inscription des plages du Débarquement au Patrimoine mondial de l'Unesco.
Le classement des plages du Débarquement à l'Unesco "ne doit pas être une entrave au monde agricole"
Les plages du Débarquement en Normandie figurent depuis le 26 juillet 2026 au panthéon du Patrimoine mondial de l'Unesco.…
Après une année 2025 exceptionnelle pour la pomme à cidre, l'année de retour de production est pénalisée.
Le ramassage des pommes envisagé dès le 15 août en Normandie
Fruits qui tombent, fruits brûlés, fruits secs... les fortes chaleurs bousculent aussi les pommiers pourtant pourvus de profondes…
Alban Brehon (à droite) a fait part de l'appel à la solidarité au préfet du Calvados, (à gauche)
Sécheresse : la FRSEA lance une enquête sur les besoins en fourrages
Avec la sécheresse, plusieurs éleveurs craignent de manquer de fourrages l'hiver prochain.
Emmanuel Grossin, président de la section viande bovine de la FDSEA de la Manche.
À Socopa Coutances, les frigos sont pleins, l'abattoir est saturé
Suite à l'appel à mobilisation de la FNB (Fédération nationale bovine), les responsables syndicaux de la Manche, FDSEA et JA, se…
Publicité