L'Agriculteur Normand 12 juillet 2012 à 12h52 | Par V.Motin

Chambre d’agriculture - Environnement : les contraintes s’accumulent, la ras-le-bol aussi

Réunis en session Chambre d’agriculture, les élus ont longuement abordé les problématiques environnementales. Au programme : réforme des zones vulnérables ou périmètres de captages d’eau.

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L’Orne est également concerné concerné par les périmètres de protection des points de captages, notamment autour d’Argentan et d’Alençon.
L’Orne est également concerné concerné par les périmètres de protection des points de captages, notamment autour d’Argentan et d’Alençon. - © VM
Nous faisons une indigestion quand on observe toutes les formes de contrainte imposées. C’est l’expression d’un ras-le-bol. En environnement, certains ne font rien et parlent beaucoup. Dans le monde agricole, c’est l’inverse. Peu de catégories socio-professionnelles en ont fait autant. Nous devrions être félicités. C’est lourd, c’est pesant”, clame Olivier Borel, président de la FDSEA 61. En session, la Chambre d’agriculture a ouvert le houleux dossier eau avec les représentants des pouvoirs publics. L’Orne est à cheval sur deux bassin versants : Seine-Normandie d’un côté et Loire-Bretagne de l’autre. Le Perche Ornais devrait ainsi être prochainement classé en zone vulnérable.

Des périmètres
qui inquiètent
Dans le département, se dessinent également de futurs périmètres de protection de captages d’eau. L’agence régionale de santé tente de rassurer le monde agricole : “les périmètres immédiats représentent 1 000 à 2 000 m2 en moyenne acquis par les collectivités”. Jean-Luc Delaunay se méfie. Si le responsable environnement de la Chambre environnement accepte l’expertise des hydrogéologues dans le domaine de l’eau, il dénonce leurs compétences agronomiques. “On ne peut pas donner une compétence à une personne qui ne l’a pas. Sur l’eau, je n’ai rien à redire. Cependant, l’Agence Régionale de Santé et les hydrogéologues ne disposent pas de compétences agronomiques. C’est une faille, d’où la surenchère de prescriptions. L’indemnisation ne tient plus la route”.

“Nous ferons
du syndicalisme”
La FDSEA 61 risque de durcir le ton.  Olivier Borel l’a annoncé : “nous ferons du syndicalisme. Nous serons présents aux enquêtes publiques. Nous irons sur le terrain juridique. Nous ne contesterons pas les décisions cohérentes, mais nous ne laisserons pas les pouvoirs publics se cacher derrière le principe de précaution”. Régis Chevalier, ex-président de la Chambre d’agriculture s’interroge également sur cette surenchère-environnementale. “Dans les pratiques quotidiennes, que préconise-t-on ? L’agence de l’eau dit “oui” au compost, mais pour les gaz à effet de serre, c’est une catastrophe. On nous dit de garder les haies, mais ne brûlez pas le bois. Et on nous dit de garder les prairies mais de réduire le nombre de bovins !”.

Safer : Le droit de préemption est renouvelé

La Safer réalise une centaine de préemptions sur les trois départements bas-normands. “Nos outils de régulation nous permettent de limiter les prix du foncier. La valeur de nos terres est parmi les plus faibles d’Europe. Continuons à assurer cette transparence du marché foncier”, note Jean-Louis Belloche, président de la Chambre d’agriculture de l’Orne. Si la Confédération Paysanne semble favorable au droit de préemption, ses représentants ont choisi de ne pas répondre à la question. Le syndicat s’est abstenu. “Nous demanderions plutôt davantage de préemption. Mais, nous dénonçons le manque de pluralisme de la Safer”. La Coordination Rurale a, elle, voté contre le renouvellement du droit de préemption et dénoncé “les grandes exploitations qui créent des sociétés pour passer outre la Safer”. Sur ce dernier point, tous les syndicats se montrent unanimes.
Jean-Pierre Fontaine, président de la Safer, a profité du vote pour rappeler le principe du droit de péremption. “Quand A vend à B, C, D ou E peuvent bénéficier du droit de préemption”. Le pouvoir de décision revient à l’administration via les commissaires du gouvernement.

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