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Charolais : “ouvrir nos portes pour promouvoir la race”

En 2007, Nicolas Braudeau s'est installé hors-cadre familial à la Lacelle. L'agriculteur évoquera son parcours et sa passion le 31 janvier. Il participe à l'opération porte ouvertes organisée par le Syndicat charolais de l'Orne. Objectif : la promotion de la race.

© SB

Le parcours de Nicolas Braudeau n'est pas des plus communs. Certes, il a côtoyé dès son plus jeune âge le monde agricole en venant en vacances chez sa grand-mère, installée à quelques pas de son habitation actuelle, à La Lacelle. Pour autant, il est davantage un citadin, ayant grandi dans la région d'Alençon.
Passionné d'agriculture, il décide de passer un diplôme agricole pour ensuite intégrer le monde de l'entreprise. “Ne pouvant pas évoluer comme je le souhaitais, j'ai décidé de m'installer” explique le quadragénaire. A la troisième tentative, Nicolas Braudeau obtient le droit de s'installer. “Je me suis battu” assure-t-il. Et il continue de le faire. A la tête d'un cheptel de 78 vaches allaitantes, il a choisi la race charolaise pour son gabarit, ses caractéristiques. “C'est une race rustique” affirme-t-il.

Féru de génétique

Sur la surface de 80 ha qu'il exploite, il cultive 8 à 10 hectares de maïs et une dizaine d'hectares de blé dans l'objectif de “m'autofinancer”. La moitié de ses terres se situe dans l'Orne et quelques parcelles en Mayenne, département limitrophe. Féru de génétique, il n'hésite pas à faire quelques centaines de
kilomètres pour acquérir des
animaux et investir. “Je suis descendu dans le Centre pour reprendre un élevage d'une vingtaine de vaches, un élevage qui compte 35 ans de génétique. Aujourd'hui, les index évoluent dans le bon sens”. Ce qui fait la satisfaction de l'homme qui se définit comme un éleveur dans l'âme.

Fier de mon métier

Une satisfaction qu'il souhaite faire partager lors des portes ouvertes organisées par le Syndicat charolais de l'Orne le 31 janvier prochain dans l'ensemble du département. “C'est l'occasion de promouvoir la race et de montrer que je suis fier de mon métier, indique-t-il, je n'ai rien à cacher”. 
Ce n'est pas simple tous les jours. Il en convient, mais se veut déterminé. “La somme des charges nous assassine alors que le cours de la viande est en baisse, ainsi que les céréales sans oublier les normes qui nous sont imposées. Nous sommes obligés de serrer les budgets sans cesse”. L'équation financière n'est donc pas simple à résoudre sachant que la réforme de la Pac n'est pas encore finalisée (lire encadré). Et les aides deviennent compromises. “Pour le moment, personne ne sait où l'on va” déplore-t-il. Or, depuis huit ans, il ne cesse d'évoluer, d'investir pour avoir un outil de travail de qualité, et si possible le transmettre à ses enfants.

Alexis, la relève

Alexis, du haut de ses 13 ans, est mordu par le même virus. Il a grandi dans cet environnement. Même s'il n'est qu'en 4e, il envisage de poursuivre ses études dans un établissement agricole à Sées ou La Ferté Macé. D'ores et déjà, il donne un coup de main à son père. Très jeune, il s'est occupé d'un veau, Hercule, mort il y a quelques mois. “Le cœur a lâché” confie-t-il d'un ton attristé. Depuis, son père lui a confié Jafar. Ce qui redonne le sourire du jeune homme, impatient de la porte ouverte pour le montrer.

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