L'Agriculteur Normand 25 mars 2010 à 10h23 | Par T.Guillemot

Cheval - AFSSA-LERPE : un laboratoire de référence dédié aux maladies infectieuses et parasitaires

De sa vocation initiale axée sur l’autopsie du cheval, l’AFSSA-LERPE est devenu un pôle de référence sanitaire au service des pouvoirs publics, collectivités territoriales, vétérinaires, éleveurs...

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Toutes les données accumuléesgrâce aux autopsies permettent de mieux cerner l’état sanitaire de l’écurie bas-normande et de prioriser les principaux programmes de recherche. “C’est ainsi que nous avons pu mesurer qu’environ 40 % des juments bas-normandes étaient infestées par des anoplocéphales (ndrl : le ténia),” illustre à titre d’exemple Claire Laugier. (© TG)

L’AFSSA-LERPE. Traduisez : Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments - Laboratoire d’Etudes et de Recherche en Pathologie Equine .Un établissement de recherche et d’appui scientifique et technique, basé à Goustranville-14(1), axé sur les maladies infectieuses et parasitaires des équidés. Sur sa feuille de route figurent l’épidémio-surveillance, le diagnostic, la recherche et les activités de références. Le LERPE comporte 3 unités scientifiques dédiées à l’anatomie pathologique, l’épidémiologie, la microbiologie et la parasitologie. Il emploie 24 personnes dont 9 scientifiques.

300 autopsies par an
“Entérite aigüe avec une congestion sérieuse intense. Distension des deux tiers distaux de l’intestin grêle. Congestion muqueuse marquée. Typhlo-colite aigüe. Congestion muqueuse intense sur le caecum et les portion I, II et III du côlon replié et un œdème muqueux plus marqué sur la portion IV du côlon replié...” Un rapport d’autopsie, c’est forcément un peu barbare à lire et comprendre. “Mais quand on est dans l’écrit, il faut impérativement être précis”, insiste le Docteur Claire Laugier, directrice de l’AFSSA-LERPE. Ici, aux portes de Dozulé, on autopsie quelques 300 équidés (chevaux, ânes, poneys...) de tous âges par an. C’était d’ailleurs la vocation première de cet institut. Créer en Basse-Normandie un observatoire régional des causes de mortalité du cheval et consorts. Un vétérinaire, un technicien, deux palefreniers, une secrétaire et un camion-treuil pour démarrer.
Ces autopsies sont effectuées à la demande des vétérinaires traitants, des entraîneurs, des centres équestres (voire même des compagnies d’assurance en cas de mort suspecte) ou plus simplement par le propriétaire qui désire connaître les causes de la mort de son compagnon. “Nous réalisons systématiquement des analyses bactériologiques sur tous les poulains de moins de 5 jours ”, insiste Claire Laugier. L’enjeu peut être de taille. De la détermination de l’antibiotique à utiliser pour soigner le reste du cheptel à la mise en place d’un véritable plan de vigilance en cas de découverte d’une maladie extrêmement contagieuse. Un rapport d’autopsie est systématiquement rédigé et remis au donneur d’ordre. Le vétérinaire traitant est sans doute le mieux placé pour interpréter les résultats mais, à défaut et même si cela ne s’inscrit pas dans leurs missions, les experts de l’AFSSA-LERPE peuvent apporter un conseil éclairé.
L’autopsie, qui peut représenter une journée de travail, vous sera facturée de 20,89 e (TTC) pour un équin mort né à 156,66 e pour un cheval adulte de trait. “C’est en dessous de son prix de revient”, fait remarquer Claire Laugier. La différence entre le coût de revient d’une autopsie et le prix tarifé est prise en charge  par la Région Basse-Normandie qui subventionne ainsi ce service à la filière. Pour l’éleveur, il faudra également ajouter le coût de l’équarrissage. Il était auparavant pris en charge par l’AFSSA-LERPE, à raison de 10 000 e/an, il a fallu resserrer les boulons. Néanmoins et grâce à l’appui des différents partenaires(2), ces autopsies à visée diagnostic, d’expertise ou de recherche vont se trouver confirmées avec l’émergence d’un nouveau bâtiment.

La recherche aussi
Toutes les données accumulées grâce aux autopsies permettent de mieux cerner l’état sanitaire de l’écurie bas-normande et de prioriser les principaux programmes de recherche. “C’est ainsi que nous avons pu mesurer qu’environ 40 % des juments bas-normandes étaient infestées par des anoplocéphales (ndrl : le ténia),” illustre à titre d’exemple Claire Laugier. Par ailleurs, l’AFSSA LERPE a observé que la rhodococcose (infection due à la bactérie Rhodococcus equi) était la première cause de mortalité des poulains entre 1 et 6 mois d’âge.C’est pourquoi l’institut développe et optimise des outils de prophylaxie et d’épidémiosurveillance moléculaire ciblés sur l’étude de la biodiversité des plasmides de virulence, l’étude des mécanismes moléculaires impliqués dans les étapes précoces de l’infection et la surveillance de l’antibiorésistance.
La métrite contagieuse, l’artérite virale, la rhinopneumonie (herpèsvirus de type 1), la parasitologie (dont l’helminthose digestive), l’avortement (...) figurent également au carnet de recherche. Des recherches couronnées parfois de succès significatifs. L’AFSSA-LERPE a travaillé à la mise au point d’un vaccin contre la rhodococcose, première cause de maladie chez les poulains de 1 à 6 mois et dont les symptômes cliniques sont peu visibles. Un brevet a même été déposé en 2004 mais il a fallu passer la main à un industriel, législation oblige. On ne peut pas être juge et parti. En attendant, les éleveurs l’attendent toujours, dommage !

(1) : 14430 Dozulé
Tél. 02 31 79 22 76
www.afssa.fr
(1) : Principaux partenaires
- Conseil régional de Basse-Normandie,
- Conseil général du Calvados,
- Union Européenne,
- Pôle de compétitivité Filière Equine,
- Haras Nationaux;
- Université et CHU de Caen,
- Groupe régional d’études sur le cancer (GRECAN),
- INRA de Jouy-en-Josas,
- Laboratoire départemental Franck Duncombe,
- Ecoles nationales vétérinaires françaises,
- Association vétérinaires équine française,
- Ecole nationale professionnelle des Haras,
- Universités de Floride et du Kentucky (USA), Kiel (Allemagne), Kitasato (Japon), Irish Equine Centre (Irlande), Institut
de médecine tropicale d’Anvers (Belgique),
- Réseaux des laboratoires départementaux d’analyses agréés et des laboratoires nationaux de référence européens...

Des activités contribuant  à améliorer la santé du cheval

- Acteur du réseau national d’épidémiosurveillance et gestionnaire de l’observatoire des maladies équines, le LERPE surveille l’apparition et/ou la diffusion des affections majeures et émergentes. Il analyse leurs causes notamment grâce aux autopsies.
- Il étudie les agents infectieux et les parasites gastro-intestinaux.
- Il développe des outils de diagnostic et des moyens de prévention contre les maladies infectieuses et parasitaires.
- Laboratoire national de référence pour la métrite contagieuse équine, la dourine, l’artérite virale équine et l’anémie infectieuse des équidés, il fournit un appui scientifique et technique pour le contrôle vétérinaire exercé par les autorités (analyse de prélèvements, formation des laboratoires de terrain et suivi de la qualité de leurs analyses...)
- Les deux laboratoires de l’AFSSA, le LERPAZ à Maisons-Alfort et le LERPE à Goustranville partagent depuis janvier 2008 le statut de laboratoire européen de référence pour les maladies équines.

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