Aller au contenu principal

Conflit de voisinage : la justice prend la mouche

La justice a tranché. Alors que l'hiver pointe, Damien Autin a évacué ses bovins de son bâtiment à Loucelles (14). L'éleveur de vaches allaitantes a été condamné pour troubles anormaux du voisinage. En cause : le bruit, l'odeur et les mouches... L'agriculteur a décidé de faire appel.

© VM

Le jugement du tribunal de grande instance de Caen est tombé le 12 novembre dernier. Damien Autain est condamné à 10 000 € de dommages et intérêts. Il lui est également interdit d'utiliser son hangar “comme local de stabulation ou pour le parcage des animaux”. Damien Autin est installé à Port-en-Bessin. Il loue un îlot de 7 hectares à Loucelles. Le site comprend un bâtiment agricole construit juste après la guerre. Par le passé, l’ensemble constituait un corps de ferme. Les bâtis ont été divisés lors de plusieurs ventes. Le bâtiment jouxte, ainsi, deux maisons d'habitation, situées à une trentaine de mètres. Dans l'une d'elles, ses habitants dénoncent “la présence de mouches, d'odeurs et de bruits”.


L’antériorité à prouver
Les plaignants affirment que les animaux n'étaient pas présents en permanence avant la reprise du site en 2007 par Damien Autin. Ses beaux-parents, Monsieur et Madame Butel,  y élevaient une vingtaine de vaches laitières. Les bêtes étaient traites au pot dans une étable en pierre, dans l'ancien corps de ferme. C'est là que deux visions s'affrontent. Le bâtiment, construit juste après la guerre, a-t-il toujours abrité des animaux ?  Où logeaient les bêtes de Monsieur et Madame Butel ? D'après l'attestation de l'AICC, la ferme comptait pourtant 56,6 bovins enregistrés de 2000 à 2006. Mais selon le jugement : “l'abri des bêtes apparaît occasionnel. Et il n'est nulle part attesté qu'un troupeau de cinquante vaches était installé là une grande partie de l'année (…) Les troubles engendrés par une présence si fournie de bovins ne préexistaient pas à l'achat de l'immeuble”.

420 m2 sur aire paillée avec 25 bêtes
Le bâtiment respecte les normes  imposées par l’administration. Selon l’agriculteur, “la DDPP indique que je suis les règles. Je ne suis pas en installation classée. Je dépends du règlement sanitaire départemental”.   Seule modification de l’existant, Damien Autain a obtenu un permis de construire pour un auvent. Cette extension lui permet de stocker des fourrages. “Dans cette partie, je suis d’accord pour ne pas y loger d’animaux”.  Sous l’ancienne construction, les animaux bénéficient toujours d’un râtelier et d’un point d’eau. “Il y a 420 m2 où l’on ne peut m’interdire de mettre des animaux. Contrairement à ce qu’affirme la plainte, je respecte le règlement sanitaire du Calvados”. Le maire de la commune, Jean Duval, ne se mouille pas. “Il y a eu des animaux sous le hangar du temps des Butel. Reste à savoir combien d’animaux y ont séjourné, et si le principe d’antériorité s’applique”. Une chose est sûre, les problèmes relationnels ne sont pas nouveaux dans ce corps de ferme divisé. Jean Duval est déjà intervenu pour trouver une solution amiable. À l’époque, le conflit opposait les Butel au précédent propriétaire de la maison. L’acte notarial précise d’ailleurs l’existence d’une activité agricole à proximité.

Un travail juridique
La FDSEA du Calvados, par l’intermédiaire des services juridiques de la FNSEA, travaille sur le dossier.   Les juristes s’interrogent : “comment prouver qu’il y a plus de mouches et de bruit qu’auparavant ? Les requérants doivent démontrer l’existence du préjudice et fournir des éléments probants sur l’existence de leur préjudice”. L’affaire n’apparaît donc pas terminée. Elle illustre une fois de plus une cohabitation de plus en plus difficile dans les campagnes.


Le plaignant a été rencontré  le 3 décembre. Mais il ne voulait pas être cité dans un article de presse.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Le méteil implanté cet automne pourra être récolté en ensilage en mai.
Sécheresse : miser sur les prairies sous couvert
Alors que les fourrages manquent, le semis de prairie sous couvert de méteil est encore possible. Mais il la remise des bêtes au…
Saganne de l'EARL Allix (Carantilly), s'est imposée dans le final du concours départemental à Lessay, le 12 septembre.
[EN IMAGES] Concours Normandes : Saganna dans les pas d'Hamada
Une nouvelle fois, l'EARL Allix de Carantilly inscrit son nom dans le palmarès du concours départemental de Lessay, le 12…
Les places à gagner au stade d'Ornano sont pour le match Caen-Bastia, jeudi 27 août à 20h45.
Gagnez vos places pour le prochain match du SM Caen à domicile
Avec l'Agriculteur Normand et Nii imprimerie, partenaire du stade Malherbe Caen, participez au tirage au sort pour assister à un…
"Il faut s'adapter aux aléas climatiques", clame Samuel Courvallet, exploitant et maire de la commune de Pierrefitte-en-Cinglais. Il a engagé un projet de retenue collinaire, mais le stockage des eaux hivernales divise en local.
"Je trouvais utile de récupérer cette eau, plutôt qu'elle aille à la mer" : dans le Calvados, il crée une retenue collinaire
En Suisse Normande, à Pierrefitte-en-Cinglais, Samuel Courvallet aménage une retenue d'eau collinaire. L'arboriculteur voit dans…
La série 7 du robot Agbot (marque AgXeed) peut être équipée d'un outil allant jusqu'à 18 m avec ses 230 ch. L'autonomie court jusqu'à 24 heures.
La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome…
Dix éleveurs de Limousines ont concouru à Lessay le 12 septembre. Et c'est Vedette de chez Romain Lalouelle qui s'impose. Un nom qui lui va bien.
Limousine : le juge mise sur une jeune femelle
Le samedi matin à la foire de Lessay, les Limousines s'installent sur le ring. Ce fut encore le cas le 12 septembre. Le juge…
Publicité