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Congrès de la FNSEA : 35 délégués normands

Trente-cinq délégués normands ont participé au congrès de la FNSEA à Laval la semaine dernière. Nous avons recueilli les impressions de cinq d’entre eux.

.Outre l’examen et l’approbation des comptes de la FNSEA, la séance à huis clos a donné lieu à une prise de parole de chacune des régions, des associations spécialisées et des sections sociales. La séance a aussi approuvé une modification statutaire qui fait des FRSEA une structure syndicale à part entière représentée en tant que telle au conseil d’administration de la FNSEA à partir du prochain renouvellement en 2017.
La séance publique s’est ouverte par les traditionnels messages d’accueil de la FDSEA de la Mayenne, du président du Conseil Départemental et du président du Conseil Régional. Ce dernier, Bruno Retailleau, au cours d’une intervention remarquée, a rendu un vibrant hommage au travail de la FNSEA qui fêtait ses 70 ans et exhorté les responsables à, plus que jamais, cultiver l’unité syndicale pour faire valoir le point de vue des paysans.
Le congrès a donné lieu à une restitution des travaux menés en région dans le courant de l’hiver sur la structuration des filières, l’organisation économique et le lien à renforcer au niveau local entre les représentants territoriaux et les responsables de productions agricoles. Ce sujet a été débattu lors d’une table-ronde.
Pour la séance de clôture, il n’était pas question de dresser un bilan de 70 années de syndicalisme agricole. Le débat a été organisé sur la place du syndicalisme dans la société actuelle avec, là encore, une table-ronde qui a permis de croiser des points de vue différents. Enfin, l’accueil du ministre de l’agriculture a été à la hauteur de la déception des agriculteurs. Le président de la FNSEA a présenté les acquis mais surtout les attentes de la FNSEA en matière de politique agricole et de méthode de travail entre les pouvoirs publics et les représentants professionnels. La réponse de Stéphane Le Foll a été prononcée sous les sifflets. Comme le symbole du divorce consommé entre une profession en crise et une classe politique qui n’apporte pas les réponses adaptées.

Sylviane Lefez (Seine-Maritime)
« Le moment le plus marquant a été le discours de Stéphane Le Foll. Les agriculteurs lui ont montré qu’il ne les écoutait pas mais il a poursuivi son discours, il ne se rend pas compte qu’il y a un problème. Ce congrès est un bon moment d’échange entre les régions. Il permet de reprendre un peu d’énergie. Nous sommes un peu usés par toutes les mobilisations de ces derniers mois ».

Fabrice Moulard (Eure)
« L’important est que Xavier Beulin ait été plébiscité par ses troupes. On en sort reboosté, on sent l’adhésion aux revendications de la FNSEA. Le geste de mécontentement par rapport au ministre démontre qu’il a trop tardé à réagir aux crises successives. Nous étions dans un département où la FDSEA est en reconstruction. Elle s’est pleinement impliquée dans l’organisation du congrès et cela porte son projet ».

Marc Gégu (Orne)
« Les interventions des régions illustrent la reconnaissance du travail effectué par la FNSEA sur le terrain et au niveau national. Le redécoupage statutaire est nécessaire pour se poser en interlocuteur des intercommunalités mais certaines sont très grandes. Il faudra concilier cela avec la proximité. Cela va arriver vite puisque nous sommes en renouvellement l'hiver prochain. L’attitude de la salle vis-à-vis de Stéphane Le Foll montre ce qui arrive quand les pouvoirs publics tournent le dos aux syndicats ».

Claude Jeusset (Manche)
« C’était mon premier congrès. Je suis très satisfait. J’ai apprécié les interventions du jeudi matin (Olivier Richefou, président du Conseil Départemental, et Bruno Retailleau, président du Conseil Régional). Mais la table-ronde sur les filières était trop monotone. Je trouve dommage que le mélange des régions ne soit pas plus organisé. On noue un contact avec des gens en sortant fumer une cigarette ! La dernière matinée était l’apothéose avec le débat sur le syndicalisme. Quant au ministre, il n’est pas bon, il se moque de nous ».

Xavier Hay (Calvados)
« Le meilleur moment était le dernier jour. La table-ronde sur le syndicalisme était dynamique. La venue de Stéphane Le Foll a permis de montrer notre mécontentement, notre lassitude face à des pouvoirs publics qui n’avancent pas. J’ai trouvé les congressistes fatigués, sans enthousiasme, en manque de perspectives. Sur la forme, peut-être faudra-t-il revoir l’organisation des interventions régionales ».

L’intervention normande
Pour la région Normandie, Sébastien Amand s’est exprimé. Il a notamment salué le travail de la FNSEA et des JA et de leurs réseaux pour prendre en compte la crise qui secoue les filières agricoles depuis un an avec à la clé des résultats tangibles. Il a aussi souligné les inquiétudes de la profession en Normandie, dénonçant la surcharge normative et administrative à l’aide quelques exemples : publication du SAGE, adoption d’Ecophyto 2, interdiction des néonicotinoïdes, obligation de mises aux normes dans le contexte économique que l’on connaît. Sébastien Amand a aussi exprimé les attentes des agriculteurs normands pour un renouveau dans les filières. La mise en place du fonds d’urgence porcin constitue un vrai motif d’espoir. De même, la prise de conscience des insuffisances du dispositif régissant la contractualisation pourrait renforcer la place des agriculteurs dans une nouvelle version de la contractualisation qui tienne compte des coûts de production. Quant aux règles encadrant les négociations commerciales, la région attend que le pouvoir législatif donne suite à ses engagements de tirer toutes les conclusions qui s’imposent et rééquilibrent le rapport de force entre fournisseurs et distributeurs.

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