L'Agriculteur Normand 01 décembre 2015 à 08h00 | Par Patrice Guillet Orne Conseil Elevage

Construire un projet adapté à ses objectifs et à son élevage

Rénover ou construire une installation de traite ne s’improvise pas. Beaucoup de paramètres sont à prendre en compte pour aboutir à une salle de traite où hommes et animaux s’y sentent bien. C’est l’objet du conseil avant-projet assuré par Orne Conseil Elevage.

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Clarté et volume rendent agréables la traite. Les panneaux plastiques sur les côtés facilitent le nettoyage et l’escalier en fond de fosse rend les déplacements des trayeurs plus aisés.
Clarté et volume rendent agréables la traite. Les panneaux plastiques sur les côtés facilitent le nettoyage et l’escalier en fond de fosse rend les déplacements des trayeurs plus aisés. - © Patrice Guillet - Orne Conseil Elevage

Pierrick Legeay est associé avec sa mère dans le GAEC la Brutelée à Athis de l’Orne. En 2008, il a fait intervenir Patrice Guillet, expert machine à traire à Orne Conseil Elevage pour choisir sa nouvelle installation.Avant sa rénovation, la salle de traite était très vétuste. “Nous mettions plus de 2 heures à traire une cinquantaine de vaches”, se souvient Pierrick Legeay. Le matériel n’était pas adapté, ni aux vaches, ni aux hommes. Le bâtiment commençait à montrer des signes de faiblesse, de plus il était sombre. Le Gaec souhaitait retrouver souplesse et agréabilité dans le travail de la traite.“A cette époque, je ne savais pas si j’allais investir dans un double ou simple équipement : quelle était l’efficacité de l’un ou l’autre ? Nous voulions qu’un seul trayeur puisse réaliser la traite sans avoir un sentiment de ras-le-bol en arrêtant la machine à traire. Je voulais un avis neutre et qui me conforte. On ne voulait pas rater notre achat !”.Le rendez-vous a pris 3 h. “La discussion était ouverte. Chacun a dit ce qu’il pensait du projet. Du moment où le conseiller traite est intervenu dans notre projet, il a toujours été à notre écoute jusqu’à la fin des travaux”. La technicité était au cœur de la conversation. Une ébauche de plan a été réalisée. “Elle m’a permis de ne pas perdre de temps avec le concessionnaire, je savais ce que je voulais”, ajoute Pierrick Legeay. Le conseiller a préconisé de déplacer la salle de traite pour améliorer son dégagement. “On pense qu’avec un maximum de matériel, on va plus vite. On oublie souvent l’entrée et la sortie des animaux : il y a un avant et un après traite”, note Patrice Guillet. Autres avantages : la traite a pu continuer facilement pendant les travaux et l’emplacement de l’ancienne salle de traite a permis de réaliser des box d’isolement.Un couloir de sortie de 2 mètres a été aménagé pour éviter les bousculades. La sortie des vaches est plus rapide. Les barrières pneumatiques à l’avant et à l’arrière limitent les traumatismes musculaires et squelettiques. En fond de fosse, l’escalier béton a été installé sur toute la largeur : les déplacements des trayeurs entre l’aire d’attente et la fosse sont plus fluides. L’éleveur a choisi un branchement par l’arrière. La mise sous vide automatique des griffes réduit les manipulations lors de la traite. La réalisation de pentes, sur les quais, à 7 % assure une bonne posture des animaux. “Mes Jersiaises comme mes Normandes se positionnent bien. C’était une de mes craintes ! Et les animaux sortent mieux”, constate Pierrick Legeay.La pose de tapis caoutchouc, sur le sol, permet d’avoir des animaux calmes qui passent aussi bien sur le quai de droite que sur celui de gauche. Aucune glissade ou piétinement n’ont été remarqués depuis la mise en route. Le tapis présente aussi l’avantage d’isoler l’animal du sol d’un point de vue électrique. “Pour effectuer un nettoyage optimum et rapide, nous avons investi dans un surpresseur et des panneaux plastiques sur l’ensemble des murs”, ajoute Pierrick Legeay.Cette nouvelle configuration a permis d’améliorer la qualité du lait. “Auparavant, nous comptions 5 000 €/an de pénalité pour la production laitière. Aujourd’hui, avec les mêmes vaches, si nous atteignons les 300 €, c’est un grand maximum, constate Pierrick Legeay, Comme quoi notre projet est adapté aux animaux”.Côté concessionnaire, le conseil avant-projet a apporté aussi des avantages : cette prestation a permis d’obtenir des propositions plus précises et cohérentes par rapport aux souhaits de l’éleveur. Le conseiller a validé les arguments techniques mis en avant par le concessionnaire et s’est assuré que le projet était en adéquation avec les normes en vigueur. “Le choix que nous avons fait répond bien à nos attentes, conclue Pierrick Legeay. On a retrouvé le gout de traire. Une installation bien réfléchie entraine du bien-être pour l’éleveur et les animaux. Chez nous la corrélation est très bonne”. Dans chaque département, existe un service Machines à traire avec des experts indépendants.

- © CA 62

Comparer plusieurs solutions techniques et économiques

Le conseil avant-projet apporte une aide à la décision sur l’installation de traite. L’expert analyse la demande des éleveurs, leurs besoins futurs et la configuration des lieux. Il répond aux questions suivantes : “Je veux changer de machine à traire : où la positionner dans mon bâtiment ? Mon fils s’installe, nous avons un nouvel associé : quel investissement prévoir ? Quelle installation répond le mieux à mes attentes ? J’ai plusieurs devis : techniquement, quel est celui qui correspond le mieux à mon projet ? Je veux améliorer mon système de traite sans l’agrandir : quelles sont les possibilités ?”.Le conseil avant-projet démarre toujours par une visite des installations existantes et par le recueil des attentes de l’éleveur. L’objectif est de bien cerner la demande et les possibilités actuelles du bâtiment pour proposer des solutions techniques adaptées. De nombreux documents permettent de mettre en relation les attentes et les normes en vigueur. Un press-book présente des réalisations existantes avec leurs points forts et faibles, après quelques années de fonctionnement. Des repères économiques fournissent une première évaluation des investissements, frais de fonctionnement et besoins en main d’œuvre (voir graphique).Le conseiller compare plusieurs solutions, sans parti pris commercial. Il apporte aussi une sécurité : l’installation, qu’elle soit neuve, d’occasion ou rénovée, sera adaptée aux normes connues à ce moment-là.A l’issue de la visite, un compte-rendu est rédigé. Selon les souhaits des éleveurs, une ébauche de plan y est jointe. Elle permettra de montrer les attentes à toute personne susceptible d’intervenir sur le projet.


Vos interlocuteurs en Basse-Normandie

- Chambre d’Agriculture du Calvados : 02.31.70.25.26.
- Chambre d’Agriculture de la Manche : 02.33.79.41.73.
- Orne Conseil Elevage : 02 14.22 01 00.

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