L'Agriculteur Normand 02 mars 2011 à 16h36 | Par V.Motin

Coopération - Les Antilles aux petits oignons

La SICA-COPAFELC regroupe 20 producteurs de pommes de terre et d’oignons autour de Fontenay-le-Marmion. À taille humaine, cette coopérative recherche de nouveaux agriculteurs. Son objectif : répondre à la demande, notamment vers les DOM-TOM.

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Nicolas Marie (à gauche) avec Michel Lorpin, le nouveau responsable du site. La petite coopérative espère séduire de nouveaux adhérents. Elle recherche une trentaine d’hectare. (VM)
Nicolas Marie (à gauche) avec Michel Lorpin, le nouveau responsable du site. La petite coopérative espère séduire de nouveaux adhérents. Elle recherche une trentaine d’hectare. (VM) - © VM

Dans une petite salle de la coopérative, ils sont une dizaine à animer un joyeux brouhaha. La réunion est informelle. Si l’ambiance est décontractée, les sujets abordés sont néanmoins sérieux. Problèmes d’assurance ou d’isolation sont évoqués, bref le quotidien d’une entreprise. Quelques éclats de rires peuvent s’intercaler dans les débats, car tous se connaissent bien. Agés d’une quarantaine d’années en moyenne, c’est la troisième génération de coopérateurs. La structure, spécialisée dans les oignons et les pommes de terre, est présidée par Nicolas Marie, agriculteur à Ducy-Sainte-Margueritte. C’est le petit-fils d’un des trois créateurs de la coopérative. “Deux Vermès se sont lancés avec lui dans les années 60”, sourit-il. Initialement conçue pour commercialiser les produits, la structure a mûri au fil des ans. La SICA-COPAFELC achète et conditionne les pommes de terres et oignons de ses adhérents. Le créneau : l’entrée de gamme avec un conditionnement allant du sac de 1 kg jusqu’au bigbag.

Capacité de 13 000 t,
mais de 11 000 t conditionnées
La coopérative compte une douzaine de salariés. La capacité de l’outil atteint 13 000 tonnes. “Depuis 5 à 6 ans, nous investissons en moyenne 100 000 € chaque année. Cet investissement nous permet d’être plus réactifs. Les dernières commandes tombent à 13 h 30 et le client doit être livré le lendemain à 7 h. Notre but est donc d’améliorer notre productivité en limitant le recours aux intérimaires”, explique Nicolas Marie. Le nouveau palettiseur et le pesage automatique contribuent à ce gain de productivité. Mais, ces chaînes de conditionnement restent sous utilisées. Actuellement, 5000 tonnes de pommes de terre et 6 000 tonnes d’oignons sont conditionnées à Fontenay-le-Marmion. Dans les deux ans, la coopérative espère capter 2 000 tonnes supplémentaires. 3 nouveaux agriculteurs ont déjà intégré la SICA-COPAFELC.

Le suivi technique des producteurs est assuré par la Chambre d’agriculture. “Nous travaillons notamment sur les essais variétaux. Après trois semaines de mer, les oignons doivent supporter un choc thermique. La transition est rude : de 4 à 30 C°”, souligne le président. Pour les territoires d’outre-mer, les variétés rouges sont en développement.
Le suivi technique des producteurs est assuré par la Chambre d’agriculture. “Nous travaillons notamment sur les essais variétaux. Après trois semaines de mer, les oignons doivent supporter un choc thermique. La transition est rude : de 4 à 30 C°”, souligne le président. Pour les territoires d’outre-mer, les variétés rouges sont en développement. - © VM

La coopérative bénéficie d’un marché porteur. Elle recherche encore l’équivalent de 30 à 40 hectares. Car les débouchés sont là. “Nous travaillons avec trois enseignes de la grande distribution. En parallèle, un autre créneau se développe. 25 % de notre production part dans les Départements et territoires d’outre-mer”. Chaque semaine, un ou plusieurs conteneur y sont expédiés.

Une expansion outre-mer
Reste la question de la conjoncture. Après une dernière campagne catastrophique, les producteurs bénéficient de l’envol des matières premières. “L’année dernière, nous avons eu des marges négatives de l’ordre de 2000 €/hectares”, rappelle Nicolas Marie. La pomme de terre non lavée est ainsi passée de 38 €/t sur à la campagne 2009/2010 à 180 €/t (départ ferme en palox valeur septembre) pour 2010/2011. Les cours de l’oignon n’échappent pas à une forte variabilité. Les tarifs devraient grimper de 177 à 230 €/t entre les deux campagnes. Les coopérateurs préfèrent donc raisonner sur les 8 dernières années. Le chiffre d’affaires à l’hectare atteint alors 5200 € en pommes de terre non lavées. De quoi donner des perspectives !

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