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Coup de chaleur sur la moisson

La moisson a débuté la semaine dernière dans la région. Plusieurs incendies ont déjà ravagé une dizaine d'hectares de récolte, jeudi 4, vendredi 5 et dimanche 7 juillet, notamment dans le Pays d'Ouche, dans l'Orne, et à Versainville, dans le Calvados.

Plusieurs incendies ont touché des parcelles de l’Orne et du Calvados la semaine dernière.
Plusieurs incendies ont touché des parcelles de l’Orne et du Calvados la semaine dernière.
© Pascal Laignel

La saison des moissons commence à peine, mais elle est déjà marquée par quatre incendies en trois jours et plus d'une dizaine d'hectares ravagés. Selon nos confrères du Réveil Normand, un premier feu s'est déclaré jeudi 4 juillet au Chailloué (61), en fin d'après-midi. Il a partiellement détruit une parcelle d'orge. Le même jour, un autre incendie a touché le Calvados, dans la commune de Versainville (14), près de Falaise. Cette fois, c'est dans un round baller que le feu a pris, avant de se propager dans le champ, rapporte Ouest France. Le lendemain, vendredi 5 juillet, vers 14h15, la plaine du Mesnil à Vitrai-sous-L'Aigle (61) a également été victime d'un phénomène similaire. Près de 5 ha de récoltes sont partis en fumée, révèle le Réveil Normand. Enfin, le dernier épisode date de dimanche 7 juillet, où un feu s'est propagé peu avant 15h30 à Chandai (61). Il a pris dans une moissonneuse-batteuse dans un champ d'orge. L'engin agricole
ainsi que huit hectares de cultures ont été détruits. Des chiffres que Jean-Pierre Prévost, responsable céréales à la FDSEA de l'Orne, confirme : « on dénombre quatre départs de feu dans notre département depuis jeudi et deux dans l'Eure, bordure Orne. La dernière fois qu'il y a eu des feux comme cela, c'était il y a trois ans ».

L'effet pierre à feu

Pascal Laignel est expert agricole et foncier. Il travaille dans l'Orne, le Calvados, l'Eure et la Seine-Maritime. « Les départs de feu sont souvent liés à des frottements métalliques, à des étincelles qui partent sous la coupe, relate-t-il. Le risque est accru dans des sols pierreux par rapport à des terres en limons profonds. Si la lame de la moissonneuse batteuse ou les patins, qui règlent la hauteur de coupe optimum, frottent des silex, il y a un effet pierre à feu. C'est ce que l'on voit le plus souvent. » Et là, les exploitants ont beau faire preuve de vigilance, lorsque la végétation est sèche comme c'est le cas cette année, l'incendie prend très vite. Seul moyen, selon Pascal Laignel, pour éviter sa propagation : « avoir un déchaumeur à disques à proximité, pour mélanger la terre et les débris de végétaux. Cela fait coupe-feu ». L'expert rappelle tout de même les précautions de base : vigilance, extincteur en état de marche, matériel soufflé au compresseur régulièrement. « Les situations ubuesques sont à la marge. La majorité des agriculteurs sont responsables. »

Tonne à lisier et pulvé à proximité

Jean-Pierre Prévost préconise lui aussi le déchaumeur à disques « ou à dents » pour stopper la propagation des flammes. « Je conseille aux éleveurs d'avoir à disposition leur tonne à lisier pleine d'eau. Idem pour le pulvé : le mien est plein de 4 000 l. Il sert pour arroser, mais aussi de
réserve d'eau aux pompiers ». En plus des recommandations d'usage - dépoussiérer tous les matins la presse, la moissonneuse, les radiateurs - il insiste sur le fait de ne pas laisser de matériels dans les parcelles : «  l'une des personnes chez qui ça a brûlé avait laissé le tracteur dans le champ. Avec la fumée, on ne le voyait plus, il a été détruit aussi ».

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