L'Agriculteur Normand 25 février 2016 à 08h00 | Par Jean-Claude Dorenlor Réseau viande bovine CA Normandie

Cours de la viande bovine : tendance à la baisse en 2015

Après une baisse significative du prix des animaux de boucherie en 2014, les cours ont continué de baisser en 2015. L’augmentation de la production française, vache de réforme laitière notamment, la stagnation de la consommation et l’augmentation des achats de viande hachée au détriment des viandes piécées n’ont pas permis d’inverser la tendance.

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En moyenne, par rapport à 2014, malgré une belle reprise saisonnière des prix sur le premier semestre, les vaches de réformes laitières ont baissé de 2 à 3 %. La capitalisation du troupeau allaitant se poursuivant, le nombre de vaches de viande abattues est resté faible. Leur prix a encore légèrement baissé du fait de la forte concurrence des femelles laitières préférées par les opérateurs pour la transformation (graphique 1). Si les prix des taurillons laitiers, très demandés sur le marché allemand, ont résisté sur l’année 2015, ceux de race à viande ont à nouveau connu une baisse de quelques centimes. Les exportations sur l’Italie et la Grèce diminuent du fait de la baisse de la consommation dans ces deux pays et de la concurrence des viandes polonaises et de d’autres fournisseurs européens (graphiques 2 et 3).

Le marché des broutards impacté par la FCO et la demande croissante Turque

Comme les années précédentes, les veaux laitiers ont été bradés sur l’automne. En moyenne, les veaux d’engraissement laitiers 45 à 50 kg se sont vendus 88 €. C’est un peu mieux que 2014 mais bien en deçà des cours des années précédentes. Une fois de plus la variation saisonnière du prix des veaux laitiers est très marquée, du simple au double entre le printemps et l’automne (graphique 4).L’épisode FCO de septembre a fortement perturbé la commercialisation des broutards dans le centre de la France. Sur les zones hors FCO, les broutards ont connu dès la fin de l’été une augmentation inhabituelle des cours du fait de la demande à l’export, Turquie entre autre, et malgré la baisse des mises en place chez les engraisseurs Italiens, premier client des broutards Français. En moyenne, les broutards ont retrouvé les cours de 2012 (graphique 5).

Des produits bilan de lot en baisse

L’effritement des cours des jeunes bovins de race à viande et le maintien du prix des broutards ne sont pas simples à gérer pour les engraisseurs. Pour les lots sortis en 2015, le produit par taurillon (prix vendu–prix du broutard) est à un niveau comparable à celui de l’an passé à savoir de l’ordre de 2,45 €/jour, loin des sommets enregistrés en 2012 : 2,75 €/jour (graphiques 6 et 7). Les taurillons laitiers ont enregistré une légère hausse sur 2015 et compte tenu du faible prix des veaux mis en place, le produit journalier a gagné quelques centimes. En 2015, celui-ci s’établit en moyenne à 1,90 €/jour, niveau intermédiaire entre la bonne année 2013 (1,95 €/jour) et 2014 (1,80 €/jour).Cela interroge une nouvelle fois sur la compétitivité des taurillons laitiers face aux taurillons de race à viande et la nécessité de produire ces taurillons laitiers avec des veaux nés en fin d’été pour les revendre jeunes et légers avant que les indices de consommation se dégradent de trop.

Léger repli des charges en 2015

Pour la seconde année consécutive les indices IPAMPA font état d’une légère baisse des charges des exploitations en viande bovine, - 1,7 %. Cette baisse des charges ne compensera pas toujours la diminution des produits des exploitations en viande bovine, d’autant plus que la majorité des éleveurs verront les aides à nouveau baisser en 2015 : baisse de l’effectif VA primé pour beaucoup, perte de la PHAE et absence de décisions sur les MAEC, effet de la convergence des DPB chez les engraisseurs...(graphique 8).A noter, pour finir sur une note positive, que les conditions fourragères 2015 ont été très correctes sur la partie ouest de notre région.

Et en 2016 ?

Les premières prévisions pour 2016 (IDELE) font état d’une augmentation de la production en France (+ 1 % / 2015) comme dans l’Union Européenne (+ 2 % / 2015), de femelles notamment. Quant aux prix, personne s’engage, ils seront le résultat du niveau de consommation et des épisodes sanitaires, politiques, commerciaux qui sont par nature difficiles à prévoir.

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