L'Agriculteur Normand 21 mars 2018 à 10h00 | Par T.Guillemot

CRAN : la multiperformance agricole va-t-elle multiplier le bonheur ?

Il n’y a pas de modèle agricole unique mais une diversité croissante de systèmes agricoles... Une richesse pour la ferme normande.

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S’appuyant sur le sens de leur métier et fort de leurs envies, les agriculteurs innovent, testent et adaptent leurs pratiques. Ils sont conscients que pour réussir la transition de leur exploitation vers un système durable et résilient, il faut chercher des solutions, en premier lieu qu’ils peuvent maitriser, à savoir leurs pratiques. DR
S’appuyant sur le sens de leur métier et fort de leurs envies, les agriculteurs innovent, testent et adaptent leurs pratiques. Ils sont conscients que pour réussir la transition de leur exploitation vers un système durable et résilient, il faut chercher des solutions, en premier lieu qu’ils peuvent maitriser, à savoir leurs pratiques. DR - © TG

llll « L’entreprise agricole doit être rentable économiquement tout en étant pleinement intégrée dans le tissu social du territoire et en ayant des externalités neutres ou positives sur son écosystème ». Telle est la définition de la multiperformance. Une notion que les élus de la CRAN (Chambre Régionale d’Agriculture de Normandie) ont abordée en session le 12 mars dernier entre les comptes de la ferme Normandie et la réforme de la PAC notamment.

Les préconisations de Christelle et Eric
Pour éclairer les débats, Christelle Patte et Eric Odienne sont venus apporter leurs témoignages. Avec 3 associés et 1 salarié, Christelle produit 1 100 000 litres de lait sur 200 ha dont 163 en prairies dans la Manche. Elle est présidente d’un GIEE « protéines » (42 exploitations et 90 agriculteurs) dont l’objectif est l’amélioration de l’autonomie alimentaire.
Eric Odienne est également producteur de lait (530 000 litres, 2 associés et 1 salarié) sur 154 ha de SAU dont 56 ha de SFP (23 % de maïs). Son credo, c’est un maximum d’autonomie par rapport aux intrants comme la réduction de l’usage des phytosanitaires.  Si l’un et l’autre reconnaissent la complexité du métier d’agriculteur face aux enjeux économiques mais aussi sociétaux, ils ont délivré quelques préconisations destinées à leurs confrères, aux conseillers mais également aux responsables professionnels et politiques.
Aux agriculteurs, Christelle leur dit de « rester à l’écoute de soit même, des animaux, de ce qui nous environne... », tout en veillant « au respect des autres dans leurs choix divers et variés. On a tous besoin les uns des autres ». Pendant ce temps, Eric insiste sur le « apprendre à oser. On ne se trompe pas en augmentant la diversité. Il faut se demander en quoi j’influence le milieu avec mes pratiques ».
Aux conseillers, Eric les invite à « investir sur la reconception de systèmes, sur les rotations. Il faut oser s’affirmer même si c’est compliqué face à des agriculteurs qui ne sont pas demandeurs. Il faut enfin faire cohabiter les messages techniques classiques et agri-intégrée ». Christelle, pour sa part, évoque le « savoir dire ce qui va et ce qui ne va pas tout en montrant toutes les conséquences associées à une orientation ». Restent les messages aux responsables professionnels et politiques. « Rester à l’écoute, éviter de conduire les agriculteurs à être des chasseurs de primes, limiter la complexité administrative, revaloriser l’agriculture auprès des consommateurs, engager les agriculteurs dans un programme de formation sur le fond, s’approprier les sujets environnementaux (...), listent entre autres nos deux « multiperformers ».

Un tournant
« Bousculées par les mutations économiques, sociétales et environnementales, fragilisées par les crises, l’agriculture et les entreprises agricoles sont aujourd’hui à un tournant, rebondit Sébastien Windsor (président de la Chambre d’Agriculture de Seine-Maritime. Dans cette dynamique, beaucoup d’agriculteurs cheminent vers une recherche d’optimisation de leur revenu et vers une recherche de résilience de leur système ». A cette croisée des chemins, l’APCA (Association Permanente des Chambres d’Agriculture) apporte sa contribution  avec son Livre Blanc sur la multiperformance des exploitations agricoles. Une réflexion qui vise à prendre du recul sur le concept d’agroécologie et de multiperformance et promouvoir un nouveau développement agricole pour plus de vie dans les territoires.  « Par son approche globale des enjeux et leviers possible pour une exploitation, la multiperformance ouvre les champs des possibles en matière de choix de système, choix de sources de valeur, choix de pratiques de production, choix de projets d’entreprises », peut-on lire dans le Livre Blanc. Gageons aussi que la multiperformance soit génératrice de mieux-être et donc de bonheur pour ceux qui la mettront en chantier. 
Divers outils de politique publique existent déjà pour accompagner ces évolutions mais des collaborations sont à renforcer entre les acteurs de la recherche et développement pour un transfert optimal de l’innovation (lire ci-dessous).
Retrouvez la version intégrale du Livre Blanc sur la multiperformance des exploitations agricoles sur www.chambres-agriculture.fr

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