L'Agriculteur Normand 17 octobre 2013 à 08h00 | Par Amandine GUIMAS CA 61

Culture - Des résultats pour la meunerie et pour les éleveurs

Essais cultures bio bas-normands.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © CA 61

En 2013, les Chambres d’agriculture de Normandie ont suivi deux sites d’essais pour identifier les espèces et variétés les plus adaptées en Agriculture biologique (AB).


Les blés meuniers : une année difficile et atypique

Afin de tester de nouvelles variétés de blé meunier, en mode de production biologique, l’ITAB (Institut technique de l’agriculture biologique) travaille chaque année avec un réseau national, dont la Chambre d’agriculture de l’Orne fait partie, pour mettre en place des essais culturaux.

Conditions de l’essai de l’Orne

Les 16 variétés testées ont été implantées en microparcelles après une prairie temporaire de 2 ans, à base de trèfle violet. Cet essai, qui comptait trois répétitions, a été semé le 29 octobre 2012, à Parfondeval (61), avec une densité de semis de 380 grains/m², dans des terres de type limon battant.


Des résultats atypiques

Le graphique 1 présente les rendements et les taux de protéines obtenus pour les variétés testées.Cette année, les rendements en blé sont inférieurs à la moyenne pluriannuelle. Ceci peut s’expliquer par : - des pertes importantes à la levée (57 % de levée en moyenne) qui ont  surtout touché Rubisko (26 % de levée) et Athlon (35 % de levée) ;- le lessivage hivernal (RSH : 50 unités sur l’horizon 0-60 cm) et les températures fraiches du printemps ont pu pénaliser la minéralisation ;- le salissement en fin de cycle (vesce).En revanche, on ne note aucune présence sensible de maladies dans l’essai.

- © CA 61

Comment choisir ses variétés ?

En agriculture biologique, un blé panifiable (riche en protéines) est vendu environ 380 €/T, alors qu’un blé fourrager se vend autour de 290 €/T. Pour assurer les protéines, il faut prendre en compte la place du blé dans la rotation et bien choisir les variétés semées. Pour pouvoir comparer ces résultats départementaux avec les données d’autres essais, les rendements et les taux de protéines sont indicés pour chaque variété selon les moyennes (rendements et protéines) obtenues dans l’essai (19,8 qtx/ha et 12,7 % de protéines) (graphique 2).

Les variétés productives

- Attlass réalise le meilleur rendement, mais attention, sa faible teneur en protéine le déclasse souvent en blé fourrager. - Lennox et Energo, testées pour la première année dans l’Orne, réalisent plus de 115 % du rendement moyen, et plus de 95 % de la teneur moyenne en protéines. Lennox est un blé de printemps : attention à son utilisation en cas d’hiver rigoureux. Ces deux variétés seront reconduites en 2013-14 afin de confirmer leurs résultats.- Diadem ne semble pas plus riche en protéines qu’Attlass, et son rendement est bien inférieur. - Rubisko, habituellement présent parmi les variétés productives, ne réalise que 90 % du rendement moyen de l’essai. Notons qu’il n’a levé qu’à hauteur de 26 % (problème de qualité de semences), ce qui souligne sa grande capacité de rattrapage (tallage).

Les variétés à compromis ‘‘rendement - protéines’’

- Renan, variété de référence en AB est très décevante au niveau de son rendement, dans l’Orne comme dans le quart Nord-Ouest de la France. Elle semble avoir été pénalisée par l’hiver doux. - Pireneo, Lukullus et Skerzzo, confirment leurs places dans cette catégorie.- Athlon, déjà testée en 2012, présente des résultats contradictoires mais ses résultats sont à relativiser (35 % de levée cette année).- Angelus, Camedo et Amicus nécessitent une nouvelle année d’essai.

Les variétés à protéines

- Saturnus, généralement sensible à la rouille jaune, a pu exprimer son potentiel en cette année de faible pression fongique.- Molinera obtient le meilleur résultat en protéines, et réalise près de 95 % du rendement moyen. Cette variété sera reconduite pour confirmer ses résultats.

- © CA 61

Concentrés pour les éleveurs : une année à protéagineux !

Cela fait 3 ans que la ferme vitrine Reine Mathilde, située près de Villers-Bocage (14), accueille des essais en AB (céréales, associations céréales-protéagineux et protéagineux) (schéma 1). Les essais céréales et associations céréales-protéagineux ont été implantés sur des limons argileux, en précédent maïs tandis que les féveroles de printemps étaient précédées d’un méteil. Toutes les cultures d’hiver ont été semées le 31 octobre 2012. Les féveroles de printemps ont quant à elles été implantées le 6 mars 2013. Les densités de semis étaient de 300 grains /m² pour les céréales (350 gr/m² pour le blé), 40 grains/m² pour les féveroles d’hiver et 45 grains/m² pour les féveroles de printemps. La récolte a eu lieu le 20 août 2013. Cette année, la pression fongique a été très faible et le salissement a été bien contenu. En revanche, les taux de levée ont été très hétérogènes selon les espèces : 38 % pour les triticales (13 % de levée seulement pour Amarillo, 25 % pour Tulus, 38 % pour Tribeca, 50 % pour Vuka et 63 % pour Tremplin), 43 % pour les blés (avec de très mauvaises levées sur Rubisko 29 % et Oxebo 39 %), 54 % pour les seigles, 77 % pour les avoines et 88 % pour les épeautres et les féveroles.Les résultats présentent des rendements en céréales inférieurs aux années passées : maximum 42 qtx/ha en microparcelles. Les rendements en triticales sont particulièrement faibles (33 qtx/ha en moyenne contre 49 qtx/ha en 2012), mais c’est l’espèce qui a été le plus touchée par les pertes à la levée. En revanche, l’année a été favorable aux avoines, qui réalisent leurs meilleurs rendements depuis 3 ans, et aux protéagineux (beaucoup moins de perte à la levée). Pour l’élevage, en céréales pures, le meilleur compromis entre rendement grain et paille est décerné, pour la 3e année aux seigles, et particulièrement à Dukato. Les variétés de triticales et blés réalisent des rendements quasi identiques alors qu’en 2012, les triticales Amarillo, Tribecca et Tremplin, et le blé Oxebo arrivaient bien en tête de leurs séries. A noter : malgré les faibles taux de levée de certaines variétés (en particulier d’Amarillo), il n’y a que 6 qtx/ha d’écart entre les triticales, ce qui montre leur grande capacité de rattrapage.Côté associations céréales-protéagineux, le triticale-vesce réalise le meilleur rendement (44 qtx/ha) et le meilleur taux de protéines (26,2 %). Le mélange épeautre -pois fourrager- vesce, testé pour la 1re fois, semble prometteur. Dans ces deux mélanges, les protéagineux représentent plus de 75 % du volume récolté. Les triticales-féveroles, comme les féveroles d’hiver pures ont été pénalisés par une perte conséquente de féveroles à la récolte. Les meilleurs rendements en féveroles ont été obtenus par Fabella (printemps), suivi de Fuego, Pyramid (printemps) et Irena (hiver, dont les résultats sont pénalisés par les pertes de grains à la récolte). Les essais protéagineux (féveroles et lupins) feront l’objet d’un prochain article, à paraître en décembre.

Le Certiphyto en AB

Le Certiphyto est un certificat individuel pour sécuriser l’utilisation des pesticides et en réduire l’usage. A partir du 1er octobre 2014, il sera obligatoire pour les chefs d’exploitations et les salariés agricoles pour acheter ou utiliser des produits phytosanitaires. Ce certificat est valable 10 ans.Le Certiphyto concerne tous les produits phytosanitaires disposant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM), il concerne donc aussi les produits autorisés par le cahier des charges AB.Pour obtenir votre Certiphyto, les Chambres d’agriculture de Normandie organisent 3 formations plus adaptées aux producteurs bio. En effet, ce Certiphyto ‘‘bio’’ respecte le cadre réglementaire national spécifique au Certiphyto classique, tout en étant plus adapté aux pratiques utilisées en AB. 
- Certiphyto bio en maraîchage : 2 jours de formation les 5 novembre 2013 à St-Lô et 12 novembre 2013 à Lingreville (50). Vous obtiendrez le Certiphyto à l’issue de la formation.Pour plus d'information ou pré-inscription : Ghislaine Catherine au 02 33 06 49 56.
- Certiphyto bio en arboriculture : formation d'un jour, fin février 2014 à Caen. Vous obtiendrez le Certiphyto à l’issu d'un test, que vous devrez réussir.Pour plus d'information ou pré-inscription : Ghislaine Catherine au 02 33 06 49 56.
- Certiphyto bio en grandes cultures : 2 jours de formation les 18 et 19 décembre 2013 à Sées. Vous obtiendrez le Certiphyto à l’issue de la formation.Pour plus d'information ou pré-inscription : Amandine Guimas au 02 33 31 49 92.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. l'Agriculteur Normand se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui