L'Agriculteur Normand 05 octobre 2011 à 10h22 | Par Alice DENIS Chambre d’Agriculture de la Manche

Culture - Implanter vos céréales sans labour

A l’heure d’implanter vos céréales, avez-vous pensé à ne pas sortir la charrue ? Pour y voir plus clair, ne manquez pas le rendez-vous “Bout de champs” organisé le 25 octobre prochain à Angoville-sur-Ay (50).

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Avec les TCSL qui concentrent la matière organique en surface et favorisent l’activité biologique du sol, il est possible de limiter partiellement la déstructuration du sol.
Avec les TCSL qui concentrent la matière organique en surface et favorisent l’activité biologique du sol, il est possible de limiter partiellement la déstructuration du sol. - © CA 50

Pourquoi implanter les céréales sans labour ? L’hiver, les céréales se développent lentement et couvrent peu le sol qui risque de se dégrader : formation d’une croûte de battance, apparition de ruissellements et d’érosion. Avec les TCSL qui concentrent la matière organique en surface et favorisent l’activité biologique du sol, il est possible de limiter partiellement la déstructuration du sol. Pour protéger au maximum votre sol, il faut aussi veiller à limiter l’affinement du sol lors du semis (car une motte résistera mieux aux agressions climatiques) et à conserver un maximum de résidus en surface. De plus, les céréales n’ont pas besoin de beaucoup d’azote durant l’hiver. Mieux vaut donc éviter de travailler le sol car cela déclenche la minéralisation, soit la libération d’éléments nutritifs qui seront perdus par lessivage. En limitant le travail du sol, on évite de casser les agrégats de matière organique qui attendront le réchauffement des terres au printemps pour fournir les éléments nutritifs aux céréales.


Avec les céréales, c’est plus facile de se lancer

Les céréales s’enracinent assez facilement pendant l’hiver grâce à leurs racines fasciculées qui se faufilent partout. Alors que le maïs est une culture exigeante en terme de structure, les céréales permettent de débuter les TCSL avec plus de sécurité.L’essentiel à savoir :

- prendre de l’avance : le sol se réchauffe moins vite sans labour, il ne faut pas hésiter à prendre de l’avance au semis et à augmenter légèrement les doses de semis ;

- observer son sol : les règles : attention à l’état de surface (répartition des débris végétaux, nivellement, ressuyage…) pour les semis directs ou simplifiés à faible profondeur. La bêche doit vous accompagner dans les parcelles. Réaliser des petits profils dans vos parcelles peut notamment vous permettre de limiter la profondeur de travail et le nombre de passage au strict nécessaire ;

- faire évoluer son système : la couverture des sols est primordiale ; allonger sa rotation pour faciliter la gestion des adventices et maladies.

Pour implanter vos céréales en TCSL, veillez à récolter votre maïs dans de bonnes conditions. Ne pas labourer implique de ne pas abîmer la structure de votre sol puisque les vers de terre auront besoin de plusieurs années avant de rattraper les dégâts !

On trouve des appareils combinant herse rotative+semoir céréales
On trouve des appareils combinant herse rotative+semoir céréales - © CA 50

De nombreuses alternatives sont possibles pour implanter les céréales

Il existe toute une déclinaison de techniques qui vont du travail simplifié profond au semis direct pur. Il est possible de simplifier son travail en utilisant le matériel déjà présent (exploitation, CUMA…) comme des déchaumeurs, chisels, ameublisseurs, etc.On trouve également des appareils combinant des équipements de déchaumeur avec un semoir intégré. Ces matériels sont généralement conçus pour les semis rapides soit en ligne, soit sous mulch ou encore “à la volée”. Surtout utilisés pour le semis des couverts, les plus performants peuvent convenir pour les implantations de céréales.Attention à ne pas vouloir en faire trop : décompacter n’est pas toujours indispensable ! D’autant que le gain économique recherché n’est dans ce cas plus significatif.

- © CA BRETAGNE

L’objectif en arrêtant le labour est souvent de gagner du temps et du fuel : est-ce une bonne porte d’entrée ?

“Comme beaucoup, j’ai supprimé le labour pour des raisons d’organisation et de gain de temps. Cependant j’ai vite compris que c’était la plus mauvaise porte d'entrée. On ne décide pas d’arrêter le labour 2 jours avant de semer parce que l’on n'a pas le temps ! Pour réussir cette démarche avec succès, il faut tenir un raisonnement agronomique à l’échelle du système. Ainsi, démarrer en TCSL ne nécessite pas d'investir dans de nouveaux outils sauf une bonne bêche et demande plutôt une remise en cause intellectuelle” explique Eric Trefeu, exploitant à St-André de l’Epine(*). Une difficulté est souvent la gestion des adventices, il faut être particulièrement vigilant les premières années. Une fois le système bien rodé, les économies de temps et de carburant sont alors réelles comme en témoigne Bernard Couillard, exploitant à Angoville/Ay(*) : “J’implante mes céréales en un seul passage ce qui offre une souplesse dans l’emploi du temps. Le maïs est en général fini d’ensiler au 10 octobre, les céréales peuvent ainsi être implantées à une période optimale”. Les deux agriculteurs s’accordent à dire que pour réussir en TCSL, il faut intervenir dans de bonnes conditions. “Les TCSL, c'est d'abord de l'anticipation ! Il est donc judicieux de mettre à profit une partie de ce temps gagné à la réflexion et à l'observation”, souligne Eric Trefeu.Pour apporter plus de réponses à vos questions, nous vous donnons rendez-vous le 25 octobre (voir encadré).En TCSL, l’objectif est de réduire le nombre de passages et de limiter la puissance nécessaire en travaillant moins profond. Les Chambres d’agriculture de Bretagne ont fait des essais qui permettent de chiffrer les gains de temps et de carburant réalisés selon le degré de simplification effectué (voir schémas).


(*) : Eric Trefeu et Bernard Couillard participent à un groupe d’échanges sur les TCSL avec la Chambre d’agriculture de la Manche.

Travailler en groupe pour sécuriser votre démarche de changement

Des agriculteurs qui travaillent sur les Techniques Culturales Sans Labour au travers d’un groupe d’échange suivi par la Chambre d’agriculture vous proposent deux rendez-vous Bout de Champs cet automne :- le 19 septembre 2011 dernier, Eric Trefeu a présenté du maïs implanté au printemps avec un travail du sol plus ou moins simplifié (ameublisseur, déchaumeur, strip-till, semis direct…). Ce fut l’occasion d’échanger sur le système qu’il a mis en place depuis qu’il a abandonné la charrue il y a 10 ans et d’assister à une démonstration de Strip till ;- le 25 octobre 2011 prochain, une implantation de céréales en TCSL aura lieu à Angoville-sur-Ay : Bernard Couillard vous accueillera pour cette démonstration d’implantation sans labour : différents matériels seront présents. Ce sera l’occasion pour lui de vous expliquer sa démarche vers les TCSL.Pour plus de renseignements, appelez le 02 33 06 49 57 ou rendez-vous sur le site internet de la Chambre d’agriculture de la Manche : www.manche.chambagri.fr

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