L'Agriculteur Normand 30 mars 2011 à 14h24 | Par J. Raimbault / V. Quartier - CETIOM

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Fongicides colza.

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- © Cetiom

L’estimation du risque maladie et la décision d’intervenir à la floraison du colza doivent tenir compte de l’analyse du risque faite en consultant les bulletins de santé du végétal (BSV consultable à partir du site internet cetiom www.cetiom.fr ou directement sur les sites des DRAAFs) et en s’informant auprès de vos conseillers.)En cas d’intervention fongicide, protéger efficacement le colza à la floraison c’est intervenir au “bon” stade lorsque la parcelle commence à jaunir franchement (stade G1).


Stade G1 : la clé pour une protection efficace

La contamination du sclérotinia passe par les pétales de colza. C’est donc lors de la chute des pétales sur la feuille que la maladie progresse, en présence d’humidité. Le début de la chute significative des pétales correspond au stade G1. C’est aussi le stade où les 10 premières siliques de moins de deux centimètres sont visibles sur la hampe principale, les hampes secondaires commencent à fleurir et le champ est bien jaune. Ce stade est atteint à des dates variables selon la précocité des variétés : il apparaît de 6 à 12 jours après le stade début floraison (Stade F1 : au moins 50 % des plantes présentent une fleur ouverte). Ce délai est lié aux conditions climatiques. Bien positionner le fongicide c’est protéger les feuilles qui vont “réceptionner” les pétales contaminés.


Trop tôt ou trop tard et c’est l’échec

Il est parfois tentant de traiter tôt par “sécurité”. Cette technique est hélas vouée à l’échec avec des efficacités très faibles (<20 %) si l’on traite lorsque les premières fleurs sont apparues dans les cultures (F1 : 50 % des plantes avec une fleur). Les fongicides ne présentent aucune action curative vis-à-vis du sclérotinia, ce qui explique qu’après le stade G1, en situation contaminante, le risque d’échec s’accroît tant que le fongicide n’est pas positionné.

- © Cetiom

Une gamme fongicide renouvelée et efficace sur sclérotinia

La gamme actuelle a été renouvelée depuis peu et permet un choix diversifié. En 2010, deux nouvelles spécialités ont reçu une autorisation de mise sur le marché : - Prosaro : prothioconazole 125 g/l + tébuconazole 125 g/l (les 2 matières actives contenues respectivement dans Joao et Horizon) ;- Filan SC : boscalid 200 g/l (contenu dans Pictor Pro)  + dimoxystrobine 200 g/l.Sur sclérotinia, Prosaro et Filan SC sont équivalents à la référence Pictor Pro, à Joao et à Pictor Pro + Sunorg Pro. D’autres solutions comme Priori Xtra, Amistar ou les triazoles à base de tébuconazole ou metconazole sont aussi autorisées sur sclérotinia mais leur efficacité est moins bonne ou moins régulière.


Gérer les solutions fongicides pour limiter l’émergence de résistance

Pour d’autres cultures, des résistances au boscalid, aux triazoles et aux strobilurines sont connues et largement répandues. Aujourd’hui, la situation sclérotinia du colza fait l’objet d’une surveillance.Il convient de rappeler que l’emploi massif et généralisé d’une même famille peut favoriser la sélection de la résistance comme ce fut le cas avec les BMC au début des années 2000. Avec un mode d’action “uni-site”, les strobilurines et carboxamides (boscalid), sont potentiellement exposées à ce risque.  Aussi, il convient d’être vigilant dans la gestion des traitements fongicides à appliquer en fonction du risque sclérotinia de l’année et en alternant les modes d’action des produits.

Tenir compte des pollinisateurs

Les agriculteurs producteurs de colza ne doivent pas ignorer que de nombreux pollinisateurs, dont l’abeille, fréquentent leurs cultures une fois la floraison engagée. Lors d’applications phytosanitaires, il est important d’en tenir compte :- ne traiter que si l’intervention est absolument nécessaire ;- veiller à respecter scrupuleusement les conditions d’emploi associées à l’usage du produit, qui sont mentionnées sur la brochure technique (ou l’étiquette) livrée avec l’emballage du produit ;- intervenir en dehors de la présence d’abeilles (ou pollinisateurs) ; il convient donc d'intervenir tôt le matin ou de préférence à la tombée de la nuit, lorsque les ouvrières sont dans la ruche ou lorsque les conditions climatiques ne sont pas favorables à l'activité des abeilles;  en début d’intervention, il convient de vérifier dans les cultures en fleur le niveau d’activité des pollinisateurs.
Plaquette “Les abeilles butinent” à télécharger gratuitement sur les sites du CETIOM : www.cetiom.fr/fileadmin/cetiom/kiosque/PDF_fiches_TK/abeilles_afpp_2010.pdf

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