L'Agriculteur Normand 13 mai 2010 à 08h50 | Par Isabelle Diomard Chambre d’Agriculture du Calvados

Cultures intermédiaires - Les acquis de la saison 2009-2010

Le 4e programme de la Directive Nitrates impose une couverture maximale des sols avec des pièges à nitrates d’ici 2012. La première applicationà l’automne 2009-2010 fut difficile, avec des conditions climatiques très défavorables.

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Un mélange moutarde, avoine brésilienne, trèfle et vesce en culture intermédiaire.
Un mélange moutarde, avoine brésilienne, trèfle et vesce en culture intermédiaire. - © Chambre d’Agriculture de l’Orne

Le programme d’essais normands mis en place par les Chambres d’agriculture a cependant donné des résultats, avec des données sur les couverts, leur développement et leur efficacité. Les modes de destruction mécanique ont pu être comparés dans un seul des sites d’essai, dans l’Orne.

En 2009, il fallait semer très tôt
En 2009, seules les cultures intermédiaires semées très précocement, en fin juillet-début août, se sont développées correctement, car elles ont pu bénéficier de pluies pour lever. Les semis de fin août-début septembre, classiques, ont subi des conditions particulièrement sèches. Novembre très humide et l’hiver très rigoureux ont complété la panoplie d’une saison très défavorable à la pousse. Les mesures de production de nos essais reflètent ces conditions : seul le site de l’Orne, semé le 10 août, présente une bonne production, avec plus de 2 tonnes de matière sèche par hectare. Les autres sites semés en septembre plafonnent à 1 tonne de matière sèche. Le test de semis tardif, fin octobre après maïs ensilage, montre largement ses limites, avec un maximum de 300 kg MS/ha mesuré début mars. En revanche ces couverts n’ont pas gelé contrairement aux autres, car leur faible développement les rend beaucoup moins gélifs.
Cette année très particulière confirme que les semis réalisés tôt ont plus de chance de se développer correctement, et donc de jouer leur rôle. Cependant, le climat Normand nous gratifie souvent d’automnes très poussants où le risque est alors d’être débordé par la croissance du couvert ! (tableau 1)
L’azote n’était pas un élément limitant de la pousse dans les essais puisque le reliquat mesuré au moment du semis atteignait entre 60 et 90 unités/ha selon le site, dans l’Orne et le Calvados.

La même avoine, deux profondeurs de semis.
La même avoine, deux profondeurs de semis. - © Chambre d’Agriculture de l’Eure

La profondeur de semis, un critère à surveiller
Les conditions de semis sont évidemment importantes. La profondeur de semis intervient. Dans l’Eure, les espèces mises en place avec un semis profond (5 cm) se sont nettement mieux implantées que les semis superficiels. Dans la photo ci-dessous, la même avoine brésilienne semée à 5 cm avec féverole (à gauche) est bien plus développée que semée à 2 cm avec vesce (à droite).

L’absorption d’azote plus forte avec des légumineuses
Les quantités d’azote absorbées par les couverts dépendent en premier lieu de leur développement (voir graphique). Les meilleurs niveaux de production permettent de capter près de 85 unités d’azote par hectare. Les plus bas plafonnent à moins de 10 unités/ha.
L’introduction de légumineuse dans le couvert permet d’augmenter la quantité d’azote absorbée : les niveaux les plus élevés dans nos essais, au dessus de 70 unités d’azote/ha concernent les mélanges avec graminée et légumineuse (trèfle, vesce, gesse…).
Cette richesse supplémentaire permet sans doute une restitution d’azote plus importante à la culture qui suit lorsque la culture intermédiaire contient des légumineuses. Cependant un semis précoce, avant septembre, est nécessaire pour que les trèfles, vesces ou autres gesses se développent. Ces espèces sont bien plus exigeantes en température et en lumière que les graminées

Avoine - Féverole, un exemple de couvert avec légumineuse.
Avoine - Féverole, un exemple de couvert avec légumineuse. - © Chambre d’Agriculture de l’Eure

Broyage nécessaire pour la moutarde
La destruction des couverts hivernaux a posé peu de difficulté cette année : les plantes étaient soit gelées, soit très peu développées. Seul le site d’essai de l’Orne, avec des cultures intermédiaires plus présentes, a montré des différences intéressantes entre espèces et matériels.
La comparaison porte sur la destruction par le gel, rouleau cultipacker ou broyeur à axe horizontal et fléaux. Les différentes espèces observées sont moutarde, radis, phacélie, avoine brésilienne, trèfles et vesces.
Le gel de l’hiver a été très efficace, supprimant les légumineuses, desséchant les phacélies et l’avoine brésilienne. Les moutardes et radis sont les espèces qui ont le plus résisté.
Le roulage effectué fin janvier a deux effets intéressants : améliorer la dégradation des couverts et réduire dans une certaine mesure repousses et adventices. Le roulage permet de casser la phacélie desséchée et cassante, de la mettre au contact du sol. Grâce au gel, les tubercules de radis sont facilement “éclatés”. En mars, l’observation montre que la zone roulée présente nettement moins d’adventices et de repousses des années précédentes (orge et colza en l’occurrence) qu’avec le gel seul.
Par contre, le roulage est inefficace pour casser les moutardes, trop ligneuses ; le broyeur est nécessaire pour détruire les tiges. Il semble par ailleurs que le broyage effectué en travers du sens de semis réduise le nombre de repousses.

Essais réalisés avec la contribution du CasDAR

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