L'Agriculteur Normand 23 janvier 2015 à 08h00 | Par e.charon

Dans la Manche, on plante pour protéger la faune sauvage

La département pourrait se contenter des 56 000 kilomètres de haies existantes. Et bien non, les plantations continuent, notamment pour protéger la faune sauvage. Jeudi dernier, Même si la température flirtait avec les 0°, les élèves de Seconde (MFR de Coutances), les membres de l’association du boisement du Coutançais, les chasseurs et agriculteurs n’ont pas chômé sur le terrain.

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Explications sur l'opération Agrifaune. © E.C

Dans le cadre de l’opération Agrifaune, les pelles et bêches étaient de sortie récemment à Orval, petite commune du Coutançais. Objectif, planter quelques 1000 arbres au total sur les terres exploitées à Orval par Christophe Heurtaux. Dans la foulée, une convention entre la fédération des chasseurs, la FDSEA, le groupement des CUMA 50, l’Office Nationale de la Chasse et la Chambre d’Agriculture a été signée.

 

8 fermes « témoins »

« Il s’agit » explique Jean-Michel Hamel, secrétaire général de la FDSEA, « d’une charte  pour renforcer la participation des protagonistes d’Agrifaune dans le développement d’aménagements et de pratiques agricoles favorables à la biodiversité, particulièrement pour le petit gibier ». Une première pour la FDSEA ; si elle participait régulièrement au comité de pilotage du programme, elle en est aujourd’hui un acteur plein et entier. Déjà, l’année dernière, c’est aussi la FDSEA, au Plessis-Lastelle chez Marc Lecoustey, qui avait testé une barre d’effarouchement, construire par les Ets Lenormand, pour la faune.

Du Vretot à Isigny-le-Buat, en passant par Baudreville ou encore Domjean, les agriculteurs s’investissent aussi dans le réseau de fermes « témoins ». « Des exploitations tenues par des agriculteurs désireux de recevoir des conseils, d’expérimenter de nouveaux systèmes ou encore d’accueillir des visiteurs » indique Stéphanie Lebranchu, animatrice en charge du dossier à la FDSEA.

Les huit fermes en question ont toutes participé à l’élaboration d’un diagnostic adapté au contexte bocager du département, puis aux tests réalisés par les chambres d’agriculture de Normandie. « Cet outil permet aussi aux agriculteurs de prendre connaissance des actions favorables à la biodiversité qu’ils mettent déjà en œuvre et de proposer d’éventuelles pistes d’amélioration ». Auguste Foulon, président de la Fédération des chasseurs, se déclare pleinement satisfait d’Agrifaune. « Le plan de gestion des haies développé par la chambre d’agriculture bénéficie d’un volet « faune sauvage-petit gibier », c’est parfait pour le lièvre notamment ».

Reste qu’il ne s’agit pas de planter n’importe quoi n’importe où. « Chez Christophe Heurtaux, après analyse, il ressort que 75% des haies sont pluristratifiées ; c’est à dire composées de plus d’une strate arborée. Nous avons donc opté pour une haie à trois strates qui offre un fort potentiel pour la faune sauvage, notamment en ressources alimentaires et en lieux de reproduction ». Autre atout, loin d’être négligeable, des haies nouvelles ou anciennes, la valorisation du bois par le biais de plaquettes destinées au chauffage ou au paillage. « Un potentiel de prélèvement annuel durable de bois a d’ailleurs été calculé ». Enfin, des haies entretenues, notamment à proximité de la mer, mais elle n’est jamais bien loin dans la Manche, limitent l’érosion des terres arables.

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