L'Agriculteur Normand 05 décembre 2018 à 10h00 | Par J. Pertriaux

Denis Génissel : le syndicalisme par la voie de l'installation

Denis Génissel, 32 ans, est installé depuis octobre 2011 en Gaec avec ses parents, au Château-d'Almenêches. (61) Il est trésorier du canton de Mortrée et membre de la commission transmission installation chez les Jeunes agriculteurs.

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- © JP

>> Pouvez-vous présenter votre exploitation ?
Je suis installé en Gaec avec mes parents au Château-d'Almenêches depuis sept ans. Nous avons trois ateliers: 700 000 l de lait produits par trois quarts de Prim'Holstein et un quart de Normandes ; 200 ha de cultures ; 200 taurillons Charolais. Les vaches ont accès à une vingtaine d'hectares. Nous sommes trois associés et un salarié employé depuis trente ans.

>> Devenir agriculteur, c'était une évidence pour vous ?
Absolument pas ! J'ai passé un bac économique et social au lycée d'Argentan. Puis je suis allé en BTS technico-commercial à La Ferté-Macé en agrofourniture. Cela reste en lien avec le domaine agricole mais je ne visais pas, à l'époque, l'installation. J'ai découvert d'autres systèmes dans le Bocage, pendant mes deux années d'étude. J'ai eu mon BTS l'année de mes 20 ans, puis j'ai passé un an à travailler en tant que vacher. Je me suis rendu compte que c'est ce qui me plaisait. Alors j'ai fait un BTS Acse en un an pour obtenir des connaissances en gestion et finalement m'installer.

>> À quoi ressemblait l'exploitation à votre installation ?
Quand je suis arrivé, il y a sept ans, mes parents produisaient moitié moins de lait et moitié moins de taurillons. La ferme comptait un tiers de surface en moins. Nous avons choisi de développer chaque atelier, de continuer ce qui existait. Il fallait faire évoluer la salle de traite, nous avons opté pour le robot qui correspondait bien à la référence de lait.

>> Quel outil souhaiteriez-vous transmettre ?
Un outil viable. Je ne suis pas encore dans ce genre de réflexion mais, dans l'idée, j'aimerais que mon successeur puisse choisir l'orientation qui lui plaira. C'est-à-dire qu'il ait la marge nécessaire pour soit se séparer d'un atelier soit en développer un.

>> Qu'est-ce qui vous motive à vous engager professionnellement ?
Je participais aux assemblées générales locales des JA quand j'étais en BTS. Je voyais l'engagement de loin. Quand j'ai pris des parts dans le Gaec, je suis entré à la commission installation JA. Des gens avant moi se sont engagés et c'est ce qui m'a aidé, j'en ai profité. À mon tour de mettre ma pierre à l'édifice pour ceux qui suivent. Notre profession s'occupe du renouvellement des générations, nous avons besoin d'agriculteurs. Le syndicalisme, par la voie de l'installation, me parle.

>> Que diriez-vous à votre voisin peu motivé pour voter lors d'élections professionnelles ?
Que l'absence de vote est pire que tout. La politique de la chaise vide ne fonctionne pas. Nous avons beaucoup de choses à défendre, on nous attaque, on nous tire dessus. Plus nous avons de légitimité et de poids grâce au nombre de votants, plus nous sommes crédibles aux yeux de nos concitoyens et de l'administration.

>> Quels sont les thèmes agricoles qui vous tiennent à coeur ?
L'installation et la transmission, bien sûr. Et le fait d'être agriculteur en général. Nous sommes dépendants de beaucoup de choses mais nous avons encore les mains libres. Quand je vois les militants Greenpeace qui dénoncent des fermes-usines, je me dis qu'ils devraient regarder ce qu'il y a ailleurs. Le modèle agricole familial français me touche. 

>> Y a-t-il un dernier sujet que vous aimeriez évoquer ?
Nous avons la chance de pouvoir compter sur des organisations agricoles qui ont un vrai pouvoir, avec des interlocuteurs à tous les échelons. N'oublions pas que si elles n'étaient pas là, ça serait pire. Nous devons positiver.

Sacré Nico !

T'as eu le nez creux. Du haut de ton hélicoptère d'Ushuaïa, tu avais bien compris, toi, que les hausses de taxes ne passeraient pas. Et tu as bien fait de quitter le navire du gouvernement. A d'autres le soin d'assumer ces taxes que tous les gouvernements successifs ont cautionnées quand ils ne les ont pas décidées. Finalement, ce n'est pas sur un coup de tête que tu es parti, rien à voir avec un café pris trop froid, pas plus qu'avec un moment d'égarement ou un abattement dû au glyphosate, non, ta démission fin août était mûrement réfléchie et parfaitement calculée. Personne n'avait vu venir cette masse de gilets jaunes sur nos routes, personne sauf toi, Nicolas. Tu es vraiment le meilleur d'entre nous tous ! Le plus fort, c'est Nico, le plus costaud, c'est Hulot ! D'ailleurs, on a bien vu tous ces commentateurs ou élus, voire élus commentateurs, on ne sait plus très bien qui fait quoi, dénoncer ces maudits lobbies, ces réfractaires au changement, ces inconscients de l'urgence climatique coupables de t'avoir poussé à la démission. Les mêmes aujourd'hui vilipendent à qui mieux-mieux l'incurie du gouvernement qui impose des hausses de taxes alors que le pétrole augmente lui-même tout seul. La lutte contre le réchauffement, d'accord, mais elle peut bien attendre un peu que le pouvoir d'achat progresse... Et ces cris d'orfraie entendus lors de ta spectaculaire démission, et ces critiques plus virulentes les unes que les autres entendues à l'occasion de la mobilisation des gilets jaunes te donnent tous raison : A supposer que la lutte contre le changement climatique se limite à des taxes supplémentaires imposées aux ruraux classés « accrocs au diesel », nous ne sommes pas à la hauteur de l'enjeu, la prise de conscience n'est pas faite, ni par les élus, ni par les citoyens. A moins qu'on trouve, ce serait heureux et urgent, la solution qui fasse qu'on puisse payer, à condition que ce soient les autres...
Persil-Fleur

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