L'Agriculteur Normand 21 octobre 2014 à 08h00 | Par Yves BAILLY Accompagnateur de sociétés Médiateur - Réseau OT-GRH

Des absences du GAEC mal vécues

Chaque semaine les difficultés vécues par Bruno, un des associés. Episode 5.

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Une agricultrice témoigne © vm

Bruno, agriculteur dans le département de la Manche, nous fait part de son expérience de vie en société. Le personnage de Bruno est fictif mais son témoignage s'inspire de faits réels rencontrés quotidiennement dans les sociétés agricoles. Dans ce cinquième article, Bruno témoigne sur les risques que peuvent faire courir au GAEC un engagement extérieur non partagé. 

"Mon frère, Michel était responsable professionnel. Lorsqu'il était sollicité j'assumais sa part de travail. Un jour je n'ai plus supporté ses absences". Le témoignage de Bruno, associé imaginaire, est représentatif  d'une situation que l'on peut voir dans les sociétés, de nombreux agriculteurs prenant des engagements hors exploitation. Cette situation peut-être source de conflit si ces absences ne sont pas validées par l'ensemble des associés. De leur côté Bruno et son frère ont trouvé une solution.

Au départ un engagement limité
Peu après son installation, Michel est devenu administrateur dans un organisme agricole. Dans les premiers temps de la société, son engagement hors exploitation ne posait pas problème car il était limité. On pouvait l'estimer à environ une demi-journée par mois. Son absence n'avait pas d'impact sur le fonctionnement du GAEC. De mon côté, j'étais conseiller municipal  et je m'étais engagé au sein du comité des fêtes. Il m'arrivait ponctuellement d'avoir besoin d'une demi-journée pour les besoins de la commune.
Puis l'engrenage
Les responsabilités de Michel ont vite évolué au sein de son organisme. Il est devenu membre du bureau, ses compétences et son engagement étant reconnus par tous. Mais le temps qu'il y consacrait a augmenté à chaque
nouvelle responsabilité. J'estimais à environ une journée par semaine le temps dédié à son activité extra-professionnelle. Cette valeur était minimum car au temps passé hors de l'exploitation, il fallait ajouter les appels téléphoniques. A certaines périodes, lorsqu'il devait régler des problèmes internes à l'organisme, il était dérangé sans arrêt. Pour ma part j'avais décliné à plusieurs reprises la sollicitation du maire qui m'avait proposé de devenir adjoint. Mon engagement pour la commune restait donc limité.

Des conséquences
sur l'exploitation
C'était problématique car, mon frère absent, j'étais obligé d'assumer sa part de travail. De temps en temps, je lui montrais mon agacement en lui faisant une remarque. Mais nous n'avons jamais vraiment abordé le sujet ensemble, peut-être à cause de
la routine qui s'était installée entre nous. De plus je me sentais redevable vis-à-vis de lui. Je vous expliquerai pourquoi dans
un prochain épisode. Puis un jour il y a eu la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Mon frère a été appelé d'urgence pour
un imprévu. Je me suis retrouvé seul sur l'exploitation et je
n'ai pu assumer la journée peuplée de complications. J'ai alors tout déballé.
Un investissement
en faveur du collectif
à maintenir
Dans mon esprit il ne s'agissait pas d'empêcher Michel d'être administrateur. De nombreux organismes agricoles sont professionnels. Il est donc indispensable d'avoir des agriculteurs en activité prêts à s'investir pour les autres. Par ailleurs, je me suis rendu compte que l'engagement extérieur de Michel apportait une ouverture à l'exploitation. Mais il ne fallait pas que cet engagement se fasse à mon détriment et à celui de notre société.

Poser la règle...
Nous avions oublié quelques fondamentaux. Tout engagement doit s'opérer dans la transparence. Ce n'était plus le cas puisqu'à chaque fois, j'avais été mis devant le fait accompli. Michel a reconnu qu'il aurait dû anticiper et m'avertir avant d'accepter de modifier son engagement. Nous aurions pu ainsi réfléchir à la situation et procéder à une remise à plat de nos règles de fonctionnement. Finalement nous l'avons fait mais à postériori. L'indemnité mensuelle de mon frère a été réduite de 20 %. Avec l'économie ainsi réalisée, nous avons décidé de faire appel ponctuellement au service de remplacement.

... et la faire évoluer
Nous avons profité de l'occasion pour revoir l'ensemble des articles du règlement intérieur du GAEC. Et il y avait du travail à faire ! Par manque de temps, notre premier règlement intérieur avait été établi rapidement sur la base d'un modèle type. Nous ne l'avions jamais remis à jour depuis la constitution de la société, 20 ans auparavant. Je ne suis pas sur que nous l'ayons consulté une seule fois.




Article réalisé avec la participation financière du Conseil général de la Manche et du CasDAR

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