Aller au contenu principal

Des producteurs libres de contractualiser ou non

Producteur dans la Manche et président de l’organisation de producteurs “légumes” d’Agrial, Bernard Guillard décode le contrat passé avec Agrial.

© VM

>> Le prix négocié dans le cadre de ce contrat pluriannuel est-il totalement fixe ou peut-il être renégocié ?
C'est un prix fixe qui vaut pour les trois ans. Il tient compte du contexte actuel des cours et des prix des matières premières. Il existe cependant une clause de revoyure. Des événements majeurs pourraient amener à rediscuter. Par exemple : des changements de réglementations ou des aléas climatiques. Mais à contexte identique, le prix reste fixe.

>> A terme, ne craignez-vous de devenir dépendant d'un gros client comme Mcdonald's ?
Oui. Mais nous travaillons à la diversification de notre clientèle. McDo est un client parmi d'autres. Pour Florette Food Service, c'est un gros client. Cependant à l'échelle de Florette, la part de McDo est plus faible. Florette, dans sa globalité, travaille à l'international et avec les grandes et moyennes surfaces. Globalement, la part de McDo est donc raisonnable.

>> Trois ans de contrat, est-ce suffisant pour rassurer les partenaires financiers d'une exploitation et se projeter ?
Trois ans, c'est déjà mieux que rien. Il s'agit de partenariats qui existent. Ces contrats pourront être répétés, car la contractualisation existe depuis 30 ans dans l'OP. Cette durée donne une perspective à moyen terme au producteur. Elle permet de se projeter. C’est une négociation : on peut considérer que ce n’est jamais assez, mais l’autre partie peut penser que c’est trop.

>> La notion de contrats tripartite semble rejetée dans d'autres filières agricoles. Pourquoi est-ce possible avec les légumes ?
Sur la filière légumes, nous sommes capables de le faire avec certains clients. Après, je n'imagine pas étendre ce type de contractualisation à l'ensemble de nos adhérents sur la totalité de la production. Il y a un grand pas qu'il semble difficile de franchir. Si les distributeurs ou les clients étaient capables de s'engager avec l'industriel vers l'agriculteur, nous avancerions plus facilement. Néanmoins, il faut garder à l'esprit que le contrat n'est pas un mode de gestion souhaité par certains producteurs. Chaque agriculteur arbitre sur son exploitation. L'avantage de l'OP est d'avoir des productions et des modes de mise en marché différents : de gré à gré ou des contrats. Les producteurs pourront toujours tenter de faire des coups sur le marché quotidien pour une partie de leur production.

>> Qui seront les producteurs qui travailleront pour McDonald’s ? Comment arbitrerez-vous ?
L’engagement de McDonald’s porte jusqu’au producteur. Mais, cette rémunération s’intègre dans l’ensemble des ventes de l’OP. Que vous travailliez directement pour McDo ou pas, vous aurez un prix moyen de contrat. On va répartir la plus value entre tous les adhérents qui optent pour la contractualisation. Dans le même temps, on va essayer d’emmener tout le monde vers le cahier des charges de McDonald’s.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Le méteil implanté cet automne pourra être récolté en ensilage en mai.
Sécheresse : miser sur les prairies sous couvert
Alors que les fourrages manquent, le semis de prairie sous couvert de méteil est encore possible. Mais il la remise des bêtes au…
Dans l'Orne, en 2024, la Ferme des chèvres brasseuses a inauguré son investissement de 600 000 euros pour changer d'échelle.
Les bières locales dans le creux de la vague en Normandie
Au Fêno, parmi les nouveautés, un bar à bières rassemblera 17 brasseries artisanales de Normandie. La filière ne connait plus la…
"Il faut s'adapter aux aléas climatiques", clame Samuel Courvallet, exploitant et maire de la commune de Pierrefitte-en-Cinglais. Il a engagé un projet de retenue collinaire, mais le stockage des eaux hivernales divise en local.
"Je trouvais utile de récupérer cette eau, plutôt qu'elle aille à la mer" : dans le Calvados, il crée une retenue collinaire
En Suisse Normande, à Pierrefitte-en-Cinglais, Samuel Courvallet aménage une retenue d'eau collinaire. L'arboriculteur voit dans…
La série 7 du robot Agbot (marque AgXeed) peut être équipée d'un outil allant jusqu'à 18 m avec ses 230 ch. L'autonomie court jusqu'à 24 heures.
La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome…
Le cochon de Bayeux et ses copains des autres races patrimoniales normandes sera au Fêno tout le week-end à Caen
Fêno à Caen : le meilleur de la Normandie à dévorer ce week-end
Du 16 au 18 octobre 2026, le Festival de la Normandie revient au Parc des expositions de Caen avec 420 exposants. Entre…
"Le seul dossier que je veux bien continuer de regarder, c'est la RN 12, car le sud de l'Eure et l'Orne ", dit Hervé Morin
"L'investissement sur les routes, c'est terminé"
La Région Normandie prépare son budget 2027. Les ressources diminuent et l'investissement plafonnera à 550 millions d'euros. Il y…
Publicité