L'Agriculteur Normand 02 octobre 2014 à 08h00 | Par Amandine GUIMAS Chambre d’agriculture de l’Orne

Des résultats d’essais pour la meunerie et pour les éleveurs

En 2014, les Chambres d’agriculture de Normandie ont suivi deux sites d’essais pour identifier les espèces et variétés les plus adaptées à l’Agriculture Biologique (AB).

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- © CA 61

Pour les blés meuniers, le meilleur compromis rendement-protéines est décerné à Skerzzo. Pour les éleveurs, ce sont les triticales Tulus et Vuka qui présentent les meilleurs rendements en paille et en grain. L’association céréale-protéagineux triticale-vesce réalise le meilleur compromis rendement-protéines de l’essai.

Les blés meuniers : une année idéale pour repérer les variétés rustiques !

Afin de tester de nouvelles variétés de blé meunier, en mode de production biologique, l’ITAB (Institut Technique de l’Agriculture Biologique) travaille chaque année avec un réseau national, dont la Chambre d’agriculture de l’Orne fait partie, pour mettre en place des essais culturaux.

Conditions de l’essai dans l’Orne

Cette année, 14 variétés et 2 mélanges de blés meuniers ont été testés en microparcelles, après une prairie temporaire de plus de 5 ans. Cet essai, qui comptait trois répétitions, a été semé le 18 novembre 2013, à Montmerrei (61), avec une densité de semis de 350 grains/m², dans des terres sablo-limoneuses. Même si le semis a été réalisé en conditions humides, la levée moyenne de l’essai était satisfaisante (72,8 % de levée).Le printemps doux et pluvieux a favorisé fortement la présence de maladies fongiques, dès mi-avril. La récolte a eu lieu le 20 août 2014.

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29 q/ha et 11,8 % de protéines dans l’essai

Le graphique 1 présente les rendements et les taux de protéines obtenus pour les variétés testées.

Comment choisir ses variétés ?

En Agriculture Biologique, un blé panifiable (riche en protéines) est vendu environ 380 €/t, alors qu’un blé fourrager se vend autour de 290 €/t. Pour assurer les protéines, il faut prendre en compte la place du blé dans la rotation et bien choisir les variétés semées. Pour pouvoir comparer ces résultats départementaux avec les données d’autres essais, les rendements et les taux de protéines sont indicés pour chaque variété selon les moyennes (rendements et protéines) obtenues dans l’essai (29,2 q/ha et 11,8 % de protéines) (graphique 2).

Les variétés productives

Parmi les variétés les plus productives, on retrouve trois blés très peu sensibles aux maladies : Energo, Lennox (blé de printemps), et Chevalier.


Quelques résultats surprenants

Attlass et Rubisko (blés fourragers) sont habituellement les variétés les plus productives des essais. Cette année, contrairement aux régions voisines, dans l’essai ornais, elles n’ont pas exprimé pleinement leur potentiel. Skerzzo, l’une des 1res variétés à être sélectionnée en AB, se démarque et réalise cette année le meilleur compromis rendement/protéines dans l’essai ornais (dans les régions voisines, Skerzzo ne réalise pas un si bon rendement).

Les variétés à compromis ‘‘rendement - protéines’’

On retrouve dans cette catégorie : Renan (variété de référence de cette catégorie) CH Camedo, Ubicus, Lukullus (2e variété la plus touchée par la rouille jaune de l’essai, après Saturnus), Wiwa, et les mélanges de variétés.
Mélanger plusieurs variétés de blé permet de jouer sur la complémentarité des variétés (leur résistance à la maladie, leur potentiel…). Ce que l’on peut constater : - les résultats obtenus pour les mélanges sont inférieurs à la moyenne de chacune des variétés mis en mélange ;- le mélange à base de Molinera est plus riche en protéines, et présente un meilleur rendement que celui à base de Saturnus (variété très touchée par la rouille jaune) ;- les 2 mélanges présentaient de bonnes couvertures à montaison.


Les variétés à protéines

Saturnus (la plus malade de l’essai) et Molinera (l’une des plus couvrantes de l’essai).

- © CA 61

Concentrés pour les éleveurs : une année favorable aux protéagineux !

La ferme vitrine Reine Mathilde, située près de Villers-bocage (14), accueille depuis 4 ans de multiples essais en AB (graphique 3).Les essais céréales et associations céréales-protéagineux ont été implantés sur des limons argileux, en précédent maïs. Toutes les cultures d’hiver ont été semées le 18 novembre 2013. Les den-sités de semis étaient de 300 grains/m² pour les céréales pures (350 gr/m² pour le blé) et de 40 grains/m² pour les féveroles d’hiver pures. La récolte a eu lieu le 20 août 2014. Cette année, la pression fongique a été forte, et le salissement a été bien contenu. Les taux de levée ont été relativement hétérogènes entre les espèces : 61 % pour les triticales, 56 % pour le blé, 46 % pour le seigle, 68 % pour les avoines et 68 % pour les féveroles. A noter : la forte hétérogénéité entre les taux de levée des féveroles d’hiver : 94 % pour Arthur, 74 % pour Irena et seulement 38 % pour Organdi !Le rendement moyen en triticale est supérieur aux années passées : 50 q/ha contre 33 q/ha en 2013 et 49 q/ha en 2012. Les variétés de triticales les plus sensibles de l’essai à la rouille jaune (Tremplin et KWS Fido) sont celles dont les rendements sont légèrement inférieurs à la moyenne. A noter : le bon comportement de Vuka, Tulus et Tribeca à la maladie. Les rendements des avoines sont également très bons : 41 q/ha contre 37 q/ha en 2013 et 22 q/ha en 2012. A noter : la très bonne performance de Fervente, qui réalise pour la 2e année consécutive plus de 40 q/ha, et le bon score de Gérald, qui, malgré la présence de rouille couronnée, réalise un bon rendement. Les épeautres tirent également leur épingle du jeu en réalisant un très bon rendement moyen (57 q/ha contre 31 q/ha en 2013 et 38 en 2012), et ce malgré la présence de rouille jaune sur Alkor. A noter : la bonne résistance de Zollernspelz à la rouille jaune. En revanche, l’année a été défavorable au seigle Dukato, qui perd sa position de leader en ne réalisant que 33 q/ha cette année au lieu des 39 q/ha en 2013 et 52 q/ha en 2012. Cette année, les féveroles d’hiver ont été fortement touchées par la maladie (botrytis + anthracnose+ rouille), ce qui a pénalisé leur rendement.L’année a favorisé la présence de protéagineux dans les associations céréales-protéagineux. Le triticale-vesce réalise pour la 2e année consécutive le meilleur rendement (49 q/ha) et le meilleur taux de protéines (22,7 %). Le mélange épeautre–pois fourrager–vesce, testé pour la 2e fois, a été pénalisé cette année par la présence de rouille jaune sur Alkor, et l’épeautre s’est révélé être un tuteur moins solide que le triticale. Le mélange épeautre-féverole, testé pour la 1re fois, a réalisé un bon rendement. L’épeautre Alkor, probablement moins étouffé dans ce mélange qu’avec le pois vesce, a pu d’avantage s’exprimer. Dans ces trois mélanges, les protéagineux représentent en moyenne 60 % du volume récolté. Les triticales-féveroles réalisent environ 45 q/ha, dont 45 à 50 % de féverole. L’hiver doux n’a pas permis de vérifier l’intérêt de semer ce mélange en 2 passages. Enfin, le mélange seigle-féverole, testé pour la 1re fois, a probablement été pénalisé par la mauvaise performance de Dukato cette année. Néanmoins, ce mélange nous a permis de vérifier la compatibilité de hauteur et de maturité entre le seigle Dukato et la féverole haute Arthur, et l’absence de verse du seigle.

Le Certiphyto en AB

Le Certiphyto est un certificat individuel pour sécuriser l’utilisation des pesticides et en réduire l’usage. 
Il est obligatoire pour les chefs d’exploitation et les salariés agricoles pour acheter ou utiliser des produits phytosanitaires. Ce certificat est valable 10 ans.
Le Certiphyto concerne tous les produits phytosanitaires disposant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM), il concerne donc aussi les produits autorisés par le cahier des charges AB.
Pour obtenir votre Certiphyto, les Chambres d’agriculture de Normandie organisent 2 formations plus adaptées aux producteurs bio. En effet, ce Certiphyto ‘‘Bio’’ respecte le cadre réglementaire national spécifique au Certiphyto classique, tout en étant plus adapté aux pratiques utilisées en AB. 
- Certiphyto Bio toute production : 2 jours de formation les 27 novembre 2014 et 4 décembre 2014 à St-Lô (50). Vous obtiendrez le Certiphyto à l’issue de la formation.Contact (+ d'info ou pré-inscription) : Ghislaine Catherine - 02 33 06 49 56.
- Certiphyto Bio grandes cultures : 2 jours de formation les 8 et 15 décembre 2014 à Sées. Vous obtiendrez le Certiphyto à l’issue de la formation.Contact (+ d'info ou pré-inscription) : Amandine Guimas - 02 33 31 49 92.

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