L'Agriculteur Normand 25 septembre 2019 à 09h00 | Par Julie Pertriaux

Didier Guillaume : « des actes comme celui-ci dépassent les bornes »

Mercredi 18 septembre, Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, s’est rendu dans l’exploitation d’Emmanuel Prévost, à Normandel (61). Dans la nuit du lundi 16 au mardi 17 septembre, un incendie criminel a ravagé trois bâtiments de l’éleveur de volailles.

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« Cet acte est inqualifiable. Il est intolérable. Il est condamnable. Et j’espère que les auteurs seront vite poursuivis et condamnés par la justice », a assuré Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture. Mercredi 18 septembre, il était à Normandel, chez Emmanuel Prévost, éleveur dont trois poulaillers ont été incendiés la veille. Sur les bâtiments d’élevage, les tags « assassins » et « camp de la mort », souvent utilisés par les associations antispécistes, ont été retrouvés. Les trois incendies, simultanés, laissent penser qu’un commando de plusieurs personnes s’est organisé en amont. « Les poulaillers étaient vides. Mais il n’y a pas besoin de se déplacer pour le savoir. On peut suspecter l’existence d’un réseau », a renchéri Anne-Marie Denis, présidente de la FDSEA. Le préjudice est pour l’instant estimé entre 500 000 et 1 million d’euros. « Des actes comme celui-ci dépassent les bornes des intrusions dans les élevages. Il y a des militants extrémistes qui veulent changer notre civilisation, changer notre société », a regretté Didier Guillaume.

Un éleveur dans le dialogue
La FRSEA Normandie a apporté son soutien à l’éleveur et à sa famille. Et « espère que le déplacement du ministre de l’Agriculture sur les lieux de l’incendie ce 18 septembre marque le début d’une prise de conscience qui doit dépasser le stade de la communication et de la compassion pour passer, enfin, aux actes. Il est temps que soient réprimés les agissements de ces militants antispécistes qui n’ont que faire de la bientraitance animale et qui visent seulement à supprimer l’élevage et les éleveurs ». Jeunes agriculteurs, la FNSEA, la Confédération française de l’aviculture (CFA) et Aviculteurs de France ont dénoncé un « acte d’une extrême violence », « rendu encore plus insupportable par des signes évidents d’une préméditation méticuleuse, ce qui accentue la détresse de l’éleveur et le sentiment d’angoisse de l’ensemble de la profession ». « Le sentiment d’impunité n’a que trop duré. Nous demandons que la justice condamne ces actes et prononce des sanctions suffisamment dissuasives », ajoutent les organisations, qui apportent tout leur soutien à l’éleveur. Ce dernier, qui se dit « anéanti », a toujours été dans une démarche de dialogue avec les citoyens. « Emmanuel Prévost participe à l’opération Fermes ouvertes, organisée par la FDSEA », a précisé Anne-Marie Denis.

Avoir confiance dans l’alimentation française
« La visite du ministre a permis, localement, d’enclencher les actions de recherche et les processus d’assurance. Sa présence apporte du poids dans l’enquête. Son déplacement fait prendre conscience, à l’échelle nationale, de l’importance de prendre fermement en main la situation », a constaté Anne-Marie Denis. La présidente de la FDSEA de l’Orne a salué l’appui de Didier Guillaume à Emmanuel Prévost et à l’ensemble de la profession. « Il y a des gens qui sont là pour faire vivre un territoire, a soutenu Didier Guillaume. Ce monsieur fait vivre un territoire et s’il n’y avait plus d’agriculture, que feraient les bobos des villes le week-end pour se promener ? Il y aurait des friches partout. » Le ministre a aussi rappelé que « l’agriculture française est la plus durable du monde, que l’alimentation française est une alimentation saine, tracée et dans laquelle on peut avoir confiance ».

L’enquête a été confiée à la brigade de recherche de Mortagne-au-Perche, appuyée par la section de recherche de Caen. Du côté des renseignements généraux, on note un certain nombre de coïncidences troublantes, dont la proximité géographique de la ferme d’Emmanuel Prévost avec celle des Jouandet, à Beaulieu (5 km), visitée par Boucherie abolition en avril et dont le procès a démarré deux jours après l’incendie.

La FNSEA montre son soutien à l’éleveur

Le 18 septembre, les 200 participants au conseil fédéral de la FNSEA se sont levés durant quelques minutes, afin, d’afficher leur soutien à Emmanuel Presvost, et à sa famille, éleveur de volaille dans l’Orne, victime dans la nuit du 16 au 17 septembre d’un incendie criminel, qui a ravagé trois de ses bâtiments. « Cela devient hallucinant et insupportable pour les agriculteurs qui sont la cible d’attaques répétées », s’insurge Étienne Gangneron, vice-président de la FNSEA. Il rappelle que cette attaque fait écho au procès d’Évreux, qui se déroulait vendredi 20 septembre, où des membres de Boucherie abolition sont accusés à la suite d’une intrusion dans un élevage de volaille. « Cette spirale infernale des intrusions doit cesser, cela devient une espèce de mode, notamment depuis la vidéo où l’on voit un député s’introduire dans un élevage », insiste le vice-président.

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