L'Agriculteur Normand 16 janvier 2013 à 09h47 | Par e.c.

Dominique Barrau (FNSEA) dans la Manche - “Les paysans ne doivent pas tout subir”

Producteur de lait lui-même en Aveyron (en EARL) sur 45 ha, Dominique Barrau, président de la FRSEA Midi-Pyrénées, Secrétaire Général de la FNSEA, est venu en terre normande, la semaine dernière, défendre l’ensemble de la filière, tout en soutenant bien évidemment la liste FDSEA/JA aux élections Chambre d’Agriculture. Débat parfois passionné, notamment sur l’environnement, chez Philippe Benset et son épouse, installés sur la petite commune de Folligny, dans le sud Manche. De même Edmond Claiser, producteur laitier de Moselle, secrétaire adjoint au JA National s’est inquiété des dérives de la directive nitrates, préjudiciable à l’installation des jeunes.

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Ambiance à la fois conviviale, la réunion se tenait sous le hangar d’une ferme avec à la clé un casse-croûte normand, mais aussi très professionnelle face à l’inquiétude suscitée par la directive nitrates. Pascal Férey (FDSEA) et Jean-François Bouillon (JA), ont mis en exergue un fait, « la Manche est le premier département, en nombre de pétitionnaires, à s’opposer à cette directive qui va, une fois de plus, pénaliser les producteurs. Producteurs à qui l’on a demandé d’énormes efforts depuis des années. Ils les ont effectués alors que la conjoncture économique n’était pas toujours favorable ».D’emblée, Dominique Barrau a placé la barre très haut face aux exigences gouvernementales. « Qui désormais s’occupe de l’agriculture ? J’ai l’impression que Stéphane Le Foll se laisse « doubler » par le Ministère de l’Environnement. Le projet FNSEA/JA, dans le cadre des élections Chambre d’Agriculture est clair : Nous voulons qu’on laisse l’acte de production aux paysans et non qu’on décide rue de Varennes, à travers une surcharge environnementale comment on exploite nos fermes ». Passant à la hausse des charges, le Secrétaire Général de la FNSEA, « chez vous, elle pèse largement sur votre revenu. On doit ramener du prix sur le lait. Cela ne peut passer que par une organisation des producteurs. Avec ces deux éléments, nous pourrons avoir des territoires vivants ». Au-delà du métier d’agriculteur, tout comme Pascal Férey ou Jean-François Bouillon, Dominique Barrau ne veut pas de « réserves d’indiens ». « L’agriculture, avec les emplois qu’elle fournit en aval et en amont des filières, est en en droit d’exiger les mêmes services qu’à proximité des grandes villes, notamment en matière de santé et plus globalement de services ».

Faire progresser l’agriculture

Edmond Claiser (JA National) dénonce de son côté les contraintes qui pénalisent la production latière. « Notre programme, établi avec la FNSEA, pour les six prochaines années prend en compte les ambitions et notre volonté de faire progresser l’agriculture en général. Je crois beaucoup à la production laitière malgré un revenu grevé par les charges. J’estime pourtant que le lait et l’élevage ont de l’avenir. Il faut continuer à soutenir les installations dans ces secteurs ». Philippe Benset, notre exploitant de Folligny a fait part de ses craintes aux représentants nationaux. « Le lait ? C’est vrai, j’ai peur que le prix chute. Le monde de l’élevage est soumis à trop de pression sur l’aliment ». Réponse de Dominique Barreau, « l’élevage laitier est soumis à nombre de contraintes depuis 10 ans, et pas seulement sur le prix de l’aliment. Restructuration des exploitations, mise aux normes avec d’énormes investissements. Aujourd’hui, on en remet une couche. Le problème des laitiers, c’est d’être sur la corde raide depuis les années 2000 ». Conclusion sur ce sujet de Dominique Barrau et d’Edmond Claiser, « Les marchés sont pluriels, l’agriculture est plurielle ; il nous faut rentrer dans des schémas de construction et d’organisation. Mais attention, il n’y a pas un modèle, mais des modèles”.De son côté Philippe Faucon, vice-président de la FDSEA, s’en est pris, une fois de plus, à la surenchère environnementale. « Les trames vertes et bleues ? Encore un dossier typiquement aberrant ! Il y a des problèmes de biodiversité et l’on vient sanctionner ceux qui l’ont préservée. Dans la Manche, il y a du maillage bocager, des prairies permanentes. Bref, il n’y a aucun problème en matière de biodiversité mais à force de tout mettre sur le papier, celui qui aura un problème, en bout de chaîne, une fois de plus, c’est l’agriculteur. Par contre les zones céréalières qui ont restructuré leurs parcellaires, ont arasé les haies, n’ont pas d’ennuis. Logique, les fonctionnaires ne peuvent rien marquer sur les cartes ».

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