L'Agriculteur Normand 29 janvier 2014 à 08h00 | Par V. Motin

Don du lait - L’appel de la Banque Alimentaire

De Caen, des bénévoles organisent la collecte nationale de lait des Banques Alimentaires. Avec la suppression de la pénalité pour dépassement de quota, les dons ont chuté. Un nouveau dispositif fiscal doit permettre d’enrayer la tendance. L’appel est lancé.

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Dans les années fastes, les dons de lait atteignaient jusqu’à 8 millions de litres dans l’hexagone. “A elles seules, les banques alimentaires représentaient 5 millions de la collecte. Ces litrages étaient additionnés par entreprise et répartis selon les besoins. Les associations caritatives ne payaient que le travail à façon”, explique Yves Voignier, bénévole de la Banque Alimentaire et ancien directeur commercial de Sodiaal. La collecte bénéficiait du système mis en place en 1983, avec le quota laitier. Lorsque les agriculteurs le dépassaient, ils pouvaient donner jusqu’à 3 000 litres de lait par an. Les producteurs évitaient ainsi une pénalité pour dépassement de quota.

Pas de pénalités, moins de dons
En octobre 2012, ce dispositif a disparu. Avec la fin des quotas, les dons de lait se sont écroulés. La Banque Alimentaire n’a ainsi collecté que 500 000 litres. “En année moyenne, nous tournions à 5 millions de litres”, estime Jean-Louis Boileau, président de la Banque Alimentaire du Calvados. Avec un marché favorable et sans pénalité de dépassement des quotas, “les laiteries n’avaient donc globalement pas d’intérêt à promouvoir le don. Mais, le lait est un aliment de base. C’est un vrai besoin pour les enfants”, estime Roland Coutard, de la Banque Alimentaire de la Manche. 90 % des dons sont ainsi transformés en lait UHT.

Avoir fiscal
Avec le nouveau système fiscal, les Banques Alimentaires espèrent relancer leur collecte. Concrètement, les producteurs bénéficieront d’un avoir fiscal à hauteur de 60 % des dons. Ce dispositif a été validé par les ministres de l’Economie, du Budget et de l’Agriculture. Il est effectif depuis janvier 2014. Les producteurs peuvent effectuer cet acte de solidarité jusqu’au 15 février. Les producteurs doivent déclarer les volumes donnés et l’association bénéficiaire. Cependant, seuls les producteurs assujettis à l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés peuvent bénéficier d’une réduction d’impôt. Les agriculteurs relevant du forfait agricole en sont exclus.

Le grossiste de l’alimentation sociale
L’entrepôt de Caen est bien garni de briques de lait. Elles proviennent des budgets européens et français pour l’alimentation des plus démunis. Dans les prochaines semaines, ce lait sera réparti parmi les associations caritatives. La banque joue les grossistes de l’alimentation sociale. “Nous comptons désormais sur les dons de lait des agriculteurs. Nous avons eu un soutien des pouvoirs publics en décembre. Mais jusqu’en juin, nous n’aurons plus de financement pour les produits laitiers”, insiste Yves Voignier.
Dans le Grand Ouest, la Banque Alimentaire salue la volonté de nombreux transformateurs. “On sent chez Sodiaal ou les Maîtres laitiers du Cotentin, une vraie volonté sociale. Ils communiquent auprès des producteurs”, notent les bénévoles. Pour d’autres, la position sur le don de lait ne sem

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