L'Agriculteur Normand 18 janvier 2013 à 08h25 | Par e.c.

Élections Chambre d'Agriculture Manche - « FDSEA/JA, le choix de l’avenir »

Lorsque l’on établit un programme basé sur des acquis largement réalisés, ayant avant tout pour but de privilégier les exploitations au lieu des hectares, autant le faire sur une structure reflétant cette philosophie. Lundi dernier, la liste FDSEA/JA de la Manche a donc présenté ses atouts et objectifs au GAEC de la Patoyère, non loin de Saint-Lô, à Gourfaleur. L’occasion de mettre aussi l’accent sur les contraintes environnementales que rencontre l’ensemble des agriculteurs de la Manche, mais aussi sur l’installation.

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LE GAEC de la Patoyère, fondé en 1993,  est donc l’archétype par excellence de l’exploitation laitière que l’on rencontre au Nord, Centre ou Sud du département. Trois UTH, dont les deux associés fondateurs, Germain Lecoeur et Roger Enguerrand, épaulé depuis 2011 par  le jeune Antoine Lecoeur. Aujourd’hui, l’exploitation s’est quelque agrandie, comme la grande majorité des ateliers laitiers. « Nous avons 135 ha de SAU (49 en maïs, 4 de betteraves, 10 ha de blé et bien sûr de la prairie, en l’occurrence 72 ha). Les 85 laitières ont un quota de référence de 680 000 l. 35 taurillons sont produits chaque année, sans compter un petit atelier de 20 vaches allaitantes. Le tout avec un chargement de 1,69 UGB/ha ». Les trois associés du GAEC déclinent sans difficultés leurs chiffres économiques 2012, « 347 euro/1000 l de lait pour 141 euro de charges opérationnelles. La marge brute se situe à 219 euro/1000 l ; le coût alimentaire se situant à 94 euro (dont 65 de concentrés) ».

Dans ce contexte, les arguments développés par la liste FDSEA/JA prennent toute leur dimension. « Notre choix, et nous le déclinons dans notre slogan : Avoir des agriculteurs reconnus, fiers de leur métier et de leur territoire ». L’engagement d’un jeune dans le GAEC souligne que le renouvellement des générations est l’un des enjeux majeurs de la Manche, non seulement pour l’agriculture mais aussi pour ses filières. N’oublions pas qu’un emploi en amont en induit sept en aval. Jean-François Bouillon, président des JA, en profite pour marteler, « on note depuis quelques années une augmentation au niveau des reprises et une faiblesse de la DJA, sans oublier des prêts bonifiés complexes. Notre politique en la matière est simple : Faire pression, une fois de plus, sur les Pouvoirs Publics pour maintenir et développer les mesures favorisant la transmission, tout en accompagnant et en adaptant le dispositif à l’installation notamment part la mise en place de mesures fiscales, favorisant la transmission, donc l’installation, tout en encourageant la location des terres par les propriétaires ». S’installer, d’accord, mais encore faut-il que les retraités bénéficient d’une retraite décente. Les actifs FDSEA/JA défendent d’arrache-pied le pouvoir d’achat des retraités qui s’érode et stigmatise l’absence de revalorisation des pensions.

Avant la retraite, il y a le travail. Et en agriculture, chacun le sait, rien n’est simple. « Si l’on nous voit souvent à Saint-Lô, Caen ou même Paris, ce n’est pas pour parader » lance Pascal Férey.  « Nous menons un travail permanent pour défendre les intérêts agricoles avec rigueur et pragmatisme. C'est notre marque de fabrique, nous laissons les grands discours démagogiques aux autres  ». Et d’indiquer, L'objectif de 1,5 SMIC par actif non salarié a été atteint mais seulement hors période de crises ». Nous avons aussi mis en place la notion d’actif investisseur (AMEXA), permettant au passage aux producteurs laitiers de bénéficier d’un litrage supplémentaire. Nous avons aussi fait modifier le Schéma Directeur Des Structures pour rendre les reprises foncières structurantes aussi prioritaires que l’installation sur les petites parcelles ».

Tout au long de cette conférence de presse, les acquis arrachés parfois au bout de longs mois de travail en coulisses ont été développés. « Nous avons cependant des inquiétudes sur l’avenir : Volatilité des prix, hausse des charges, harcèlement réglementaire, instabilité économique et politique. Notre vision de l’agriculture durable telle que nous la défendons ? Un revenu sécurisé, une liberté d’entreprendre sans sombrer dans l’ultra-libéralisme européen, tout en retrouvant une bonne compétitivité si l’Europe accepte une harmonisation fiscale et sociale ». L’Europe justement est dans la ligne de mire de la FDSEA et des JA. « Nous voulons conserver une PAC régulatrice des marchés, tout en sécurisant le revenu des producteurs avec un panel d’outils permettant de concilier performance économique, gestion des risques et maintien d’une marge minimale en situation de crise ; le tout englobé  notamment dans des outils fiscaux adéquats et attractifs (DPI, DPA, crédit d’impôts) ».

Les producteurs de légumes par exemple le savent bien. Sans Organisation Professionnelle (OP) viable, rien ne serait possible. « Nous voulons mettre des OP économiques fortes et une politique contractuelle équilibrée dans toutes les filières, tout en rénovant et en modernisant les interprofessions ».

Dernier point, es électeurs vont bientôt recevoir leur « matériel » pour les élections qui se déroulent jusqu’au 31 janvier. « Il est important de souligner qu’il n’y a qu’un seul tour , qu’il est important de ne pas raturer ou panacher le bulletin et surtout éviter d’en mettre deux par enveloppe sous peine de vote nul ».

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