L'Agriculteur Normand 22 septembre 2011 à 14h07 | Par Patrick CARTOUX - conseiller spécialisé viande bovine - CA 61

Elevage - Des solutions existent pour faire face à l’envolée du coût alimentaire des JB

La production du jeune bovin nécessite des rations de haute valeur énergétique compte tenu des niveaux de performances exigées.

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Des solutions s’offrent aux éleveurs permettant de faire des économies substantielles sur le coût alimentaire de chaque taurillon.
Des solutions s’offrent aux éleveurs permettant de faire des économies substantielles sur le coût alimentaire de chaque taurillon. - © CA 61

Suite à la flambée des prix des matières premières constatée depuis 2010, beaucoup de producteurs de taurillons cherchent des moyens alternatifs pour retrouver de la rentabilité. Des solutions s’offrent aux éleveurs. Elles peuvent permettre de faire des économies substantielles sur le coût alimentaire de chaque taurillon.En effet, des travaux réalisés par l’Institut de l’élevage démontrent que, en fonction des hypothèses retenues (évolution des prix des céréales, du maïs ensilage et des aliments du commerce), les coûts alimentaires selon le système de production peuvent varier de 30 à 45 %, soit 0,25 à 0,55 €/kgc/tau-rillon.Même si le prix des taurillons significativement élevé depuis quelques mois compense en partie l’augmentation des coûts, la maîtrise des coûts alimentaires est plus que jamais d’actualité. Face à ces résultats, des solutions d’adaptation existent !


Réduire l’apport de concentré énergétique avec de bons ensilages de maïs

Avec une ration ensilage maïs complémentée de 2 à 5 kg de concentré, il est possible de réduire l’apport de blé d’un kg/jour/taurillon. Cette pratique permet d’économiser 250 à 300 kg de blé sur la totalité de la période d’engraissement en l’allongeant d’une quinzaine de jours afin d’obtenir le même poids de carcasse. En revanche, le taurillon consommera 300 à 350 kg de MS d’ensilage maïs et 30 à 40 kg de soja en plus. Les performances de croissance baisseront de 40 g/jour mais le coût alimentaire total/taurillon diminuera de 3 à 5 %.Cette préconisation est valable lorsque le maïs ensilage est de très bonne qualité : récolté au stade pâteux dur, au minimum à 35 % de MS, avec une teneur en amidon supérieure à 30 % et 0,80 UFV/kg de MS. La finesse de hachage, le tassement et la confection du silo ainsi que l’avancement du front d’attaque doivent être parfaitement maîtrisés.A noter que dans le cadre  d’ensilages de maïs d’excellente qualité (voir valeurs alimentaires citées ci-dessus), il est possible d’envisager d’engraisser des taurillons laitiers sans apport de céréale, uniquement en maintenant l’apport du tourteau de soja à l’ensilage de maïs, distribué à volonté.


Ajuster au plus juste la complémentation azotée

Il n’est pas nécessaire de dépasser les 100 g de PDI/UFV chez des taurillons de race à viande et 90 g de PDI/UFV chez les jeunes bovins laitiers. Plusieurs essais réalisés par l’Institut de l’élevage et ARVALIS n’ont jamais démontré un intérêt à augmenter le ratio au delà de ces valeurs préconisées.

- © Institut de l’élevage

Préserver l’apport de CMV

Faire l’impasse d’une complémentation minérale adaptée n’est pas recommandé, compte tenu du faible impact économique en jeu. Un apport de 150 g/jour/JB de CMV type 5 – 25 est recommandé, dans le cadre d’une ration à base de maïs ensilage.


Substituer le blé par un autre produit énergétique et le tourteau de soja par une autre source de protéine

En fonction des disponibilités, il est tout à fait possible de remplacer le blé par un autre aliment, riche en énergie de même que de substituer le tourteau de soja par un autre produit riche en protéine. Ces substitutions doivent être raisonnées en fonction de la disponibilité des produits, de leur coût et de leurs valeurs alimentaires.


Conserver une maîtrise technique parfaite de son atelier de taurillon

Hormis le fait qu’il existe des solutions pour réduire le coût alimentaire de ses taurillons, il ne faut pas perdre de vue que la rentabilité de son atelier passe par une parfaite conduite technique de son atelier :

- réaliser un allotement rigoureux et une transition alimentaire de 3 à 5 semaines, lors de la mise à l’engraissement ;

- prendre les mesures préventives nécessaires afin de limiter les problèmes sanitaires : désinfection des bâtiments, vaccinations, surveillance, … ;

- choix des dates de mise en production et des périodes de sorties ;

- choix des animaux à la mise en place : potentiel de croissance, conformation, rapport poids vif/prix, … Dans un contexte où les céréales sont chères, il n’est pas intéressant d’alourdir ses taurillons. Une expérimentation réalisée à la station de Mauron (56) démontre qu’alourdir ses taurillons limousins de 50 kg de carcasse en plus n’est pas du tout rentable dès lors que le prix du blé est élevé. Pour un prix de vente des taurillons de 3,50 € kgc et un prix du blé à 170 €/tonne, le gain, est nul. En revanche, avec un prix du jeune bovin de 3,60 €/kgc, l’alourdissement coûte de l’argent dès que le blé se vend plus de 200 € la tonne. De façon générale, l’alourdissement ne doit pas conduire à vendre les taurillons dans une période de prix baissier.Les différents conseillers spécialisés viande bovine des Chambres d’agriculture de Normandie restent à la disposition des éleveurs pour étudier toutes les possibilités de maîtrise du coût alimentaire de leur atelier de jeunes bovins.

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