L'Agriculteur Normand 03 mai 2012 à 13h46 | Par Perrine Géhin - CA 14

Elevage - La finition des bovins à l’herbe

Engraissement de bœufs ou de génisses ou finition de vaches, tout est possible avec de l’herbe de qualité.

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Les besoins des animaux en quantité et en qualité peuvent très bien être couverts par le pâturage. (© CA 14)  © CA 14  © CA 14

La Normandie est réputée pour ces herbages de bonne qualité qui lui ont permis de connaître une longue tradition de production de viande à l’herbe en particulier de bœufs et génisses. Dans un contexte d’aliments chers, l’utilisation de l’herbe pour nourrir les animaux est une solution économique pour nourrir voire même finir les animaux à condition qu’elle soit exploitée correctement.


L’herbe, une culture économe mais dépendante des conditions

climatiquesLa production de viande à l’herbe est peu gourmande en intrants et en mécanisation. Les kilos de viande produits à l’herbe sont les moins coûteux sur une exploitation. De plus, les animaux à l’herbe nécessitent moins de travail que des animaux en bâtiment ce qui encourage à pouvoir vendre les animaux au sortir du pâturage sans avoir à passer par une période de finition à l’auge.Cependant, la quantité et la qualité de l’herbe disponible est très dépendante des conditions climatiques (sécheresse ou trop grande humidité) ce qui rend son exploitation peu sécurisante. Il faut caler un système de pâturage et être capable d’adapter ses décisions en fonction de la pousse de l’herbe de l’année afin de faire pâturer et de récolter les bonnes surfaces au bon stade.

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Génisses et bœufs pour valoriser les surfaces en herbe plus difficiles à exploiter

Les génisses et les bœufs à croissance lente valorisent les prairies les plus éloignées. A ce titre, leur élevage continue à avoir leur place dans les exploitations. De plus, ces catégories d’animaux modifient peu l’organisation et la charge de travail au niveau de l’exploitation.Les génisses de viande sont celles qui ne sont pas destinés à assurer le renouvellement du troupeau. En production laitière, les jeunes femelles valorisent les pâturages éloignés et sont essentiellement issues de croisements.L'autre production bovine complémentaire, est celle de bœufs. Elle reste une solution convenable dans beaucoup de situation. En Normandie, ils valorisent aussi, comme les génisses, les prairies les plus éloignées et de moindre qualité. La souplesse de leur conduite permet également de les utiliser à la pâture d’arrière saison sur les prairies réservées aux laitières et d'améliorer ainsi la qualité des prairies. Hormis la race Rouge des prés qui bénéficie de la création de l’AOC Maine Anjou et en agriculture biologique, la production de bœufs n’est plus l’apanage des producteurs de bovins de races à viande. Sa production décline en raison de débouchés parfois difficile à trouver et de prix non rémunérateur. La rentabilité de ces deux productions est conditionnée par la bonne maîtrise du coût alimentaire. Pour cela, il faut accepter des croissances hivernales modestes et bien conduire le pâturage pour permettre des croissances à l’herbe soutenues. Par ailleurs, il est souhaitable de vendre les animaux au cours du deuxième ou troisième trimestre, lorsque les cours sont meilleurs.

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Finir des animaux à l’herbe, c’est possible !

Les besoins des animaux en quantité et en qualité peuvent très bien être couverts par le pâturage. La densité énergétique de l’alimentation nécessaire à la finition des animaux dépend de l’objectif de croissance et de l’état des animaux en début de finition ainsi que de leur capacité d’ingestion. Avec une concentration énergétique comprise entre 0,8 et 0,9 UFV/UEB, valeurs d’une herbe de printemps bien conduite, il est possible de finir on peut finir des animaux sans aucun autre apport d’aliment (tableaux 1 et 2).Finir les animaux à l’herbe permet de réduire les coûts d’alimentation et de mécanisation et de diminuer la charge de travail. Selon une expérimentation réalisée sur des génisses charolaises à la station de Mauron, la finition à l’herbe au printemps est 4 à 5 fois plus économique qu’à l’auge (tableaux 3 et 4).Dans le cas d’un pâturage d’été-automne ou d’un pâturage peu optimisé, une complémentation des animaux s’avère nécessaire, ce qui diminue l’intérêt économique de cette pratique même si le coût de la ration reste inférieur à celui d’une ration à l’auge.Certaines races, telle que la limousine et la Blonde d’Aquitaine, qui disposent d’une capacité d’ingestion inférieure, pourront nécessiter une complémentation pour produire des carcasses bien finies si toutes les conditions de qualité de l’herbe ne sont pas remplies (tableau 5).La production de viande et la finition des animaux au pâturage est possible à condition de raisonner sa conduite de pâturage :- mettre à l’herbe très précocement pour vendre dès le début de l’été ;- mettre en place un pâturage tournant dès la sortie d’hiver afin d’offrir une herbe feuillue à volonté et le plus longtemps en saison aux animaux. L’objectif de l’exploitation de l’herbe en pâturage tournant est d’offrir aux animaux, de l’herbe jeune, d’au plus 4 semaines au printemps et 6 semaines durant l’été pour une prairie naturelle avec légumineuses. Le délai doit être raccourci dans le cas des prairies temporaires à base de graminée (5 jours de moins).Il est impératif de découper la surface destinée au pâturage en parcelles homogènes. Celles -ci seront pâturées chacune pendant environ 5 à 7 jours consécutifs. La taille des parcelles dépend du chargement et des contraintes diverses : nature et potentiel des prairies, accessibilité, points d’abreuvement.Lorsque toutes ces conditions sont remplies, les animaux au pâturage bénéficient des meilleures conditions pour leur finition pour un coût défiant toute concurrence.

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